Meublé de tourisme : l’abattement chute de 50 à 30 %, le calcul à refaire

Auteur : Laurent Carbonnet

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L’été approche, et avec lui la haute saison des locations de vacances. Mais en 2026, beaucoup de propriétaires de meublés de tourisme vont avoir une mauvaise surprise au moment de déclarer leurs revenus : l’avantage fiscal qui rendait l’activité si attractive a fondu. Voici ce qui change concrètement, et comment limiter la casse.

En bref

Pour les meublés de tourisme non classés, l’abattement forfaitaire du régime micro-BIC chute de 50 % à 30 %, et le plafond de chiffre d’affaires passe de 77 700 € à 15 000 €. Les meublés classés restent mieux traités (abattement de 50 %, plafond plus élevé). Conséquence : sans rien changer, votre revenu imposable grimpe. Deux parades, faire classer son bien ou passer au régime réel.

Ce qui change vraiment pour les meublés non classés

Le régime micro-BIC permet de déclarer ses recettes locatives en bénéficiant d’un abattement forfaitaire censé couvrir les charges, sans avoir à les justifier. Jusqu’ici, ce régime était particulièrement généreux pour la location de courte durée. Désormais, pour un meublé de tourisme non classé, l’abattement passe de 50 % à seulement 30 %, et le plafond de recettes ouvrant droit au micro-BIC tombe de 77 700 € à 15 000 € par an.

L’effet est mécanique. Sur 12 000 € de loyers encaissés, l’ancien abattement de 50 % laissait 6 000 € imposables ; avec 30 %, ce sont 8 400 € qui entrent dans votre revenu, soit 2 400 € de base taxable supplémentaire, sans que vous ayez gagné un euro de plus. Pour un contribuable dans une tranche à 30 %, cela représente plusieurs centaines d’euros d’impôt en plus, prélèvements sociaux non compris.

Cette évolution s’inscrit dans un mouvement de fond, engagé pour rééquilibrer la fiscalité entre location de courte durée et location classique, jugée plus utile pour le logement des résidents. Les propriétaires qui s’étaient lancés dans la location saisonnière pour son rendement net doivent donc refaire leurs calculs, comme nous l’avions anticipé à propos des nouvelles règles qui encadrent Airbnb.

Classé ou non classé : l’écart se creuse

La réforme crée un fossé entre les meublés non classés et les meublés classés (étoiles attribuées après une visite de contrôle, valable cinq ans). Le bien classé conserve un traitement nettement plus favorable, avec un abattement de 50 % et un plafond de recettes bien supérieur. Le message du législateur est limpide : faire classer son logement devient le moyen le plus simple de préserver une partie de l’avantage fiscal.

Le classement n’est pas qu’une affaire fiscale. Il atteste d’un niveau de confort et d’équipement, rassure les voyageurs et peut justifier un loyer plus élevé. La démarche a un coût (visite d’un organisme accrédité, quelques centaines d’euros) et impose de respecter un référentiel précis, mais elle peut être rentabilisée dès la première saison pour un bien loué régulièrement.

Avant de se lancer, il faut toutefois vérifier la cohérence globale du projet : un studio loué quelques semaines par an n’a pas le même intérêt à être classé qu’un bien exploité toute la saison. C’est l’occasion de réinterroger la rentabilité réelle de l’opération, charges et fiscalité comprises, plutôt que de courir après l’avantage fiscal pour lui-même, un réflexe que nous rappelons souvent pour investir dans l’immobilier sans se tromper.

Faut-il basculer au régime réel ?

Quand l’abattement forfaitaire ne couvre plus vos charges réelles, le régime réel redevient souvent gagnant. Il permet de déduire l’intégralité des charges effectives (intérêts d’emprunt, travaux, assurance, frais de gestion, taxe foncière) et, surtout, d’amortir le bien et le mobilier, c’est-à-dire de déduire chaque année une fraction de leur valeur. Pour un meublé financé à crédit ou nécessitant des travaux, l’économie d’impôt peut être substantielle, parfois jusqu’à neutraliser totalement le revenu imposable.

La contrepartie est administrative : le réel impose une comptabilité rigoureuse, la tenue d’un état des amortissements, et souvent le recours à un expert-comptable. C’est un arbitrage entre simplicité (micro-BIC) et optimisation (réel). Avec la baisse de l’abattement, la balance penche désormais plus vite vers le réel, y compris pour des propriétaires qui s’en étaient tenus au micro par confort.

Dans tous les cas, le bon réflexe en 2026 est de simuler les deux régimes avant de déclarer, idéalement avec un professionnel, car le choix engage plusieurs années. Une mauvaise option peut coûter cher, exactement comme les erreurs de déclaration que nous avons décortiquées pour les revenus fonciers.

Information à caractère général ne constituant pas un conseil personnalisé ; pour votre situation, rapprochez-vous d’un expert-comptable ou de votre centre des finances publiques.

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