Logements neufs à vendre : l’opinion des promoteurs tombe au plus bas, à -37 (INSEE)

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En juillet 2026, les promoteurs immobiliers n’ont jamais été aussi pessimistes sur les logements neufs qu’ils comptent mettre en vente. Dans son enquête trimestrielle publiée le 24 juillet, l’INSEE mesure un solde d’opinion de -37 sur les perspectives de mises en chantier de logements destinés à la vente, contre -20 en avril. C’est très en dessous de sa moyenne de long terme, située à -18.

Ce décrochage tire vers le bas l’ensemble des perspectives de construction, alors même que les promoteurs se montrent un peu moins inquiets sur la capacité de leurs clients à financer un achat. Un signal à double lecture pour qui suit le marché du neuf.

En bref

  • Perspectives de mises en chantier : solde d’opinion à -21 en juillet 2026, contre -14 en avril (moyenne de long terme : -9).
  • Logements destinés à la vente : le solde chute à -37, contre -20 en avril, au plus bas.
  • Habitat locatif, principalement social : le solde rebondit à 0, après -5 en avril.
  • Demande de logements neufs : -35, toujours très dégradée.
  • Financement des acheteurs : le solde remonte à -33, après -39 en avril.

Le neuf à vendre décroche, le social rebondit

Chaque trimestre, l’INSEE interroge les promoteurs sur leur activité et leurs perspectives. En juillet 2026, le solde d’opinion sur les perspectives de mises en chantier de logements s’établit à -21, en net repli après -14 en avril. La dégradation vient presque entièrement des logements destinés à la vente : leur solde tombe à -37, très loin de sa moyenne de long terme.

Le solde d’opinion correspond à l’écart entre la part des promoteurs signalant une hausse et celle signalant une baisse : un chiffre nettement négatif traduit donc une large majorité de professionnels pessimistes. Les réponses à cette enquête ont été collectées entre le 25 juin et le 21 juillet 2026.

À l’inverse, le solde des logements destinés à l’habitat locatif, principalement social, remonte à 0 après plusieurs trimestres négatifs, juste sous sa moyenne de long terme. Autrement dit, le repli du neuf est aujourd’hui concentré sur le segment privé destiné à la vente, celui qui intéresse le plus les investisseurs particuliers.

Solde d’opinion (en %)Moyenne long termeAvril 2026Juillet 2026
Perspectives de mises en chantier-9-14-21
dont logements à vendre-18-20-37
dont habitat locatif (social)1-50
Demande de logements neufs-13-34-35
Prix moyen des logements mis en vente6-12-16
Financement des clients (perspectives)-21-39-33

La demande faiblit, les prix jugés orientés à la baisse

Les promoteurs restent pessimistes sur la demande qui leur est adressée : le solde correspondant recule encore à -35, très en deçà de sa moyenne de long terme. Le solde sur le prix moyen des logements mis en vente diminue de nouveau, à -16, signe que les professionnels anticipent des prix plutôt orientés à la baisse.

Le solde sur les stocks de logements invendus se replie à -8, mais reste nettement au-dessus de sa moyenne de long terme, à -25 : les invendus demeurent un point de vigilance. La proportion de promoteurs envisageant de lancer de nouveaux programmes recule légèrement, à 52 % des réponses, un mouvement à rapprocher le rebond des permis de construire au printemps.

Seule éclaircie : le financement des acheteurs se détend

Un indicateur va à contre-courant. L’opinion des promoteurs sur les perspectives d’évolution des moyens de financement de leurs clients rebondit à -33, après un point bas à -39 en avril. Le solde sur l’apport personnel des candidats à l’achat remonte lui aussi, à -19 contre -21 au trimestre précédent.

Ce mouvement suggère que le principal frein n’est plus tant l’accès au crédit, qui s’est assoupli, que le niveau des prix et la solvabilité des ménages. Pour un acheteur, l’environnement de financement s’améliore lentement, même s’il reste dégradé au regard des standards historiques.

Ce que cette enquête dit aux investisseurs

Le message est celui d’une offre neuve à venir plus rare sur le segment de la vente, là où se positionnent la plupart des investisseurs particuliers. Moins de mises en chantier aujourd’hui, c’est mécaniquement moins de programmes livrés demain, alors que les besoins en logements restent importants sur le long terme.

Ce décalage entre une offre qui se contracte et des besoins durables constitue, à moyen terme, un facteur de soutien pour les biens existants et pour le locatif. Ce diagnostic prolonge d’autres signaux récents, comme la place croissante des investisseurs dans le neuf. Prochaine enquête de conjoncture de l'INSEE : le 23 octobre 2026, qui livrera les soldes d'opinion du troisième trimestre.

Cet article s’appuie sur l’enquête de conjoncture de l’INSEE dans la promotion immobilière de juillet 2026. Les soldes d’opinion reflètent le sentiment des promoteurs et ne constituent pas une prévision de prix. Il ne s’agit pas d’un conseil en investissement.

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