Louer son appartement à la semaine pendant l’été n’a plus rien d’un revenu de poche tranquille. La loi Le Meur, qui durcit la fiscalité des meublés de tourisme, fait basculer de nombreux propriétaires vers une déclaration bien plus lourde.
Abattements réduits, plafonds abaissés, amortissements rattrapés à la revente : voici ce qui change concrètement pour les loueurs de meublés de vacances.
En bref
- Pour un meublé de tourisme non classé, le plafond du micro-BIC tombe à 15 000 € de recettes et l’abattement à 30 % (contre 77 700 € et 50 % auparavant).
- Pour un meublé classé, le plafond est de 77 700 € et l’abattement de 50 % (contre 188 700 € et 71 %).
- Au-delà de ces plafonds, le passage au régime réel devient obligatoire.
- Depuis le 1er janvier 2025, les amortissements déduits sont réintégrés dans le calcul de la plus-value à la revente.
Ce que change la loi Le Meur
La loi dite Le Meur vise à freiner la multiplication des meublés de tourisme, accusés d’assécher le marché de la location longue durée. Son levier principal est fiscal : elle rabote les avantages du régime micro-BIC, jusque-là très généreux. Beaucoup de loueurs vont y perdre, un mouvement à relier à la baisse de l’abattement détaillée dans notre article sur l’abattement des meublés de tourisme.
Micro-BIC : les nouveaux plafonds et abattements
Le régime micro-BIC, simple et forfaitaire, devient nettement moins avantageux. Le tableau ci-dessous résume la bascule.
| Type de meublé | Avant | Depuis la réforme |
|---|---|---|
| Non classé (plafond) | 77 700 € | 15 000 € |
| Non classé (abattement) | 50 % | 30 % |
| Classé (plafond) | 188 700 € | 77 700 € |
| Classé (abattement) | 71 % | 50 % |
Le régime réel, désormais incontournable
Au-delà des plafonds, ou dès que les charges sont élevées, le régime réel s’impose. Il permet de déduire les charges effectives (intérêts d’emprunt, taxe foncière, frais de gestion, assurance) et d’amortir le bien et les meubles. Bonne nouvelle pour les loueurs : l’amortissement par composants a été préservé, le plafonnement proposé ayant été rejeté.
Le piège de la plus-value
Attention à la sortie. Depuis le 1er janvier 2025, les amortissements que vous avez déduits sont réintégrés au calcul de la plus-value lors de la vente. Concrètement, le fisc les ajoute pour gonfler la plus-value imposable, ce qui peut alourdir sérieusement la facture à la revente. Pensez-y avant d’arbitrer entre location saisonnière et location à l’année. Pour rester dans les clous, vérifiez aussi votre numéro d’enregistrement de meublé.
« Avec l’abattement tombé à 30 %, mon studio loué l’été me rapporte bien moins net », constate Pascal, à Biarritz. Pour Sandrine, en Dordogne : « Je suis passée au régime réel, c’est plus de comptabilité mais je déduis enfin mes vraies charges. »
Ressources et textes de référence
Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé. La fiscalité des meublés est complexe : consultez un expert-comptable ou votre centre des impôts.






