Le taux du Livret A passe de 1,50 % à 1,70 % au 1er août 2026. Le Gouverneur de la Banque de France l’a recommandé le 15 juillet, et le ministre de l’Économie a suivi cet avis. La hausse est bien réelle, mais modeste, et elle masque l’essentiel : ce placement que détiennent des millions de Français reste avant tout le premier financeur du logement social.
En bref
- Le taux du Livret A passe de 1,50 % à 1,70 % au 1er août 2026.
- La revalorisation découle strictement de la formule légale, sans coup de pouce.
- Le LEP est maintenu à 2,50 %, alors que la formule aboutissait à 2,20 %.
- En 2025, les fonds du Livret A ont financé 22,9 milliards d’euros de nouveaux prêts au logement social.
- La hausse de rémunération reste limitée à 0,2 point.
Un taux qui remonte à 1,70 % au 1er août
La Banque de France calcule chaque semestre la rémunération des livrets réglementés à partir d’une formule légale, fondée sur l’inflation et sur les taux courts du marché. Pour ce second semestre, une inflation hors tabac de 1,52 % en moyenne sur un an et un taux de marché à court terme de 1,95 % de janvier à juin aboutissent à un taux de 1,70 %. C’est ce niveau qui s’applique au Livret A comme au Livret de développement durable et solidaire (LDDS) à compter du 1er août, contre 1,50 % depuis janvier.
La revalorisation est donc automatique : elle traduit le léger regain d’inflation du premier semestre, sans intervention discrétionnaire du gouvernement. Elle reste, selon la Banque de France, au-dessus du niveau moyen de l’inflation observé sur les six derniers mois.
Une hausse modeste, un LEP préservé
Concrètement, la rémunération ne progresse que de 0,2 point. Pour l’épargne de précaution, cela reste marginal : le Livret A protège le capital et offre une disponibilité totale, mais son rendement demeure faible. Le vrai geste du semestre concerne le Livret d’épargne populaire (LEP), réservé aux revenus modestes : la formule y donnait 2,20 %, mais la Banque de France propose de le maintenir à 2,50 %, soit 0,8 point de plus que le Livret A.
Ce soutien vise un public précis. Plus de 12 millions de personnes détiennent aujourd’hui un LEP, contre 7 millions en 2020. Si vous y êtes éligible, il reste, et de loin, le placement sans risque le mieux rémunéré.
Ce que le Livret A a à voir avec l’immobilier
On l’oublie souvent : l’argent déposé sur les Livret A et LDDS ne dort pas. Centralisé pour partie à la Caisse des dépôts, il sert à financer le logement social. En 2025, l’encours des nouveaux prêts signés pour le logement social et la politique de la ville a atteint 22,9 milliards d’euros, permettant l’acquisition de logements sociaux et la rénovation énergétique du parc existant.
Autrement dit, le taux du Livret A n’est pas qu’une affaire d’épargnant : il conditionne le coût de la ressource pour les bailleurs sociaux. Un taux plus élevé rémunère mieux l’épargne, mais renchérit aussi le financement des organismes de logement social, au moment où la production neuve peine déjà à redémarrer.
Épargne sécurisée ou pierre : l’arbitrage
Pour un ménage qui hésite entre laisser dormir ses liquidités et les investir, la remontée à 1,70 % ne change pas fondamentalement la donne. Le Livret A garde son rôle d’épargne de précaution, mobilisable à tout moment, mais il ne bâtit pas un patrimoine. Ceux qui visent un rendement supérieur regardent plutôt du côté de la pierre, en direct ou via des parts de SCPI, en acceptant en contrepartie un risque de perte et une liquidité moindre.
Avant tout arbitrage, mieux vaut poser à plat objectifs, horizon et tolérance au risque. Nos repères pour se lancer dans l’immobilier et le suivi du redémarrage de la construction aident à replacer ce choix dans le cycle actuel du marché.
Ce circuit explique pourquoi le taux du Livret A est un sujet éminemment politique. Une partie des dépôts est centralisée à la Caisse des dépôts, qui les prête aux bailleurs sociaux sur de très longues durées, parfois quarante ans. Relever la rémunération des épargnants améliore leur pouvoir d’achat, mais alourdit d’autant la facture des organismes qui construisent et rénovent le parc social, déjà sous pression. C’est tout l’équilibre que le gouvernement doit arbitrer à chaque révision : soutenir l’épargne populaire sans étrangler le financement du logement abordable.
En clair, la remontée du taux est une bonne nouvelle pour le bas de laine, mais une contrainte de plus pour la production de logements abordables.
Cet article présente une information générale sur l’épargne réglementée et l’investissement immobilier. Il ne constitue pas un conseil en placement. Tout arbitrage doit tenir compte de votre situation et de votre horizon.






