La Ville de Paris a décidé de frapper au maximum les logements laissés vides. À la mi-juillet 2026, le Conseil de Paris a adopté l’application des taux les plus élevés permis par la loi sur la nouvelle taxe visant la vacance des locaux d’habitation, soit 60 % de la valeur locative à partir de la deuxième année de vacance. La mesure entrera en vigueur le 1er janvier 2027 et vise à remettre environ 20 000 logements sur le marché.
Pour un propriétaire parisien qui conserve un bien inoccupé, la facture peut plus que tripler en deux ans. Voici ce que la Ville a voté, qui est concerné, quels cas restent exonérés, et ce qu’il vaut mieux anticiper avant la fin de l’année.
En bref
- Taux portés au maximum : 30 % la première année de vacance, 60 % à partir de la deuxième, contre 17 % et 34 % par défaut.
- Assiette : la valeur locative cadastrale du logement, sans aucun abattement.
- Exemple donné par la Ville : un studio vide de 30 m² dans le 17e passe de 790 euros à 1 400 euros en 2027, puis 2 800 euros en 2028.
- Entrée en vigueur le 1er janvier 2027, au titre de la loi de finances pour 2026.
- 139 075 logements vacants recensés à Paris par l’INSEE, soit environ 10 % du parc ; objectif : 20 000 remis en location ou en vente.
Ce que Paris a voté, et pour quel montant
La loi prévoit par défaut une taxation de 17 % de la valeur locative la première année de vacance, puis 34 % à partir de la deuxième année. Elle laisse toutefois aux communes la possibilité de porter ces taux à 30 % et 60 %. C’est cette option maximale que la Ville de Paris a choisi d’activer. L’assiette reste la valeur locative cadastrale du bien, retenue sans aucun abattement, comme le précise la Ville.
Concrètement, un appartement vide de 30 m² situé dans le 17e arrondissement était taxé à environ 790 euros avant la réforme. Avec les nouveaux taux, son propriétaire acquittera 1 400 euros en janvier 2027, puis 2 800 euros à partir de 2028. Pour un bien vide, cette taxe s’ajoute à la taxe foncière que vous réglez déjà chaque année.
| Année de vacance | Taux par défaut | Taux voté à Paris |
|---|---|---|
| 1re année | 17 % | 30 % |
| 2e année et au-delà | 34 % | 60 % |
Une nouvelle taxe qui remplace celle de 1999
Cette imposition n’est pas une simple hausse de l’ancien dispositif. Elle remplace la taxe sur les logements vacants qui existait depuis 1999, et son produit sera désormais versé directement aux communes et intercommunalités qui l’appliquent. Le principe reste le même : un logement inoccupé depuis au moins un an, dans une commune où l’offre de logements ne suffit pas à la demande, devient imposable.
La taxe vise les logements vacants, que l’INSEE comptabilise à part des résidences secondaires. Autrement dit, une résidence secondaire régulièrement occupée et meublée n’entre pas dans ce décompte : elle relève d’un autre régime. La bascule concerne bien les biens laissés vides, pas ceux dont vous vous servez épisodiquement.
Les cas où vous n’aurez rien à payer
La Ville rappelle que la vacance est parfois indépendante de la volonté du propriétaire. Dans ces situations, les exonérations existantes sont maintenues. Sont notamment concernés :
- un bien bloqué par une procédure judiciaire ou une succession en cours ;
- un logement nécessitant des travaux lourds pour être rendu habitable ;
- un logement mis en vente ou en location au prix du marché mais qui ne trouve pas preneur.
Pour faire valoir votre situation, la Ville conseille de la déclarer via le service « Gérer mes biens immobiliers » sur le portail des impôts. Une déclaration à jour évite de recevoir un avis de taxation pour un bien qui remplit en réalité les conditions d’exonération.
Ce qu’un propriétaire parisien a intérêt à anticiper
Le calcul de la Ville est assumé : rendre la vacance plus coûteuse que la mise sur le marché. Pour un bien durablement vide, deux pistes deviennent financièrement plus attractives que l’attentisme. La première consiste à le remettre en location, éventuellement dans le cadre d’un projet d’investissement locatif structuré, avec les garanties et dispositifs d’accompagnement que propose la Ville. La seconde est la vente, si le logement ne correspond plus à votre stratégie patrimoniale.
Il reste un peu plus de cinq mois avant l’entrée en vigueur. C’est le moment de vérifier le statut de chaque bien inoccupé, de régulariser sa déclaration si une exonération s’applique, et d’arbitrer entre location, vente et travaux. Attendre 2028 pour réagir, c’est s’exposer au taux plein de 60 % sur la valeur locative.
Cet article d’actualité est fourni à titre d’information générale et ne constitue pas un conseil fiscal ou patrimonial personnalisé. Les montants dépendent de la valeur locative cadastrale propre à chaque bien ; pour votre situation, rapprochez-vous de votre centre des finances publiques.






