Construction : les permis de logements rebondissent de 23,7 % en mai 2026

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Le logement neuf a repris des couleurs au printemps. En mai 2026, 34 832 logements ont été autorisés à la construction, soit une hausse de 23,7 % par rapport à avril en données corrigées des variations saisonnières, selon le service statistique du ministère de la Transition écologique (SDES), dans sa publication du 30 juin 2026.

Ce rebond succède toutefois à une chute d’ampleur comparable en avril, et le niveau des douze derniers mois reste inférieur à la moyenne des cinq années précédentes. Voici ce que ces chiffres disent vraiment de l’offre de logements à venir.

En bref

  • 34 832 logements ont été autorisés à la construction en mai 2026, en hausse de 23,7 % sur un mois.
  • Ce sursaut fait suite à une baisse de 31,3 % en avril et à une hausse de 33,8 % en mars : la série reste très volatile.
  • Sur les cinq premiers mois de 2026, le niveau mensuel moyen des autorisations dépasse de 8,1 % celui de 2025.
  • Sur douze mois glissants, de juin 2025 à mai 2026, 384 935 logements ont été autorisés, soit 5,7 % de moins que la moyenne des cinq années précédentes.
  • Les mises en chantier de mai sont estimées à 27 115 logements, en légère hausse de 1,1 % sur un mois.

Un rebond de mai qui efface la chute d’avril

La hausse de 23,7 % enregistrée en mai vient effacer le trou d’air d’avril, mois durant lequel les autorisations avaient reculé de 31,3 %, juste après un bond de 33,8 % en mars. Cette alternance de fortes variations illustre une série statistique très heurtée d’un mois sur l’autre, qu’il faut se garder de lire comme un retournement durable. Le SDES attribue le sursaut de mai, comme la baisse d’avril, avant tout aux logements collectifs.

Cette prudence s’impose d’autant plus que le marché sort d’une longue traversée du désert. C’est ce que rappelait récemment la FNAIM, qui alertait il y a peu sur une fragilité persistante du marché. Un seul bon mois ne suffit donc pas à parler de reprise franche.

Sur douze mois, l’activité reste sous sa moyenne

En prenant du recul, le tableau se nuance nettement. Sur les douze mois écoulés de juin 2025 à mai 2026, 384 935 logements ont été autorisés à la construction, un chiffre encore inférieur de 5,7 % à la moyenne des cinq années précédentes. La production de logements neufs demeure donc convalescente, loin des niveaux d’avant la remontée des taux.

Dans le détail, le collectif concentre l’essentiel des à-coups récents, tandis que la maison individuelle reste durablement freinée. Faire construire n’a d’ailleurs jamais coûté aussi cher : en 2024, le prix moyen d’un projet de maison individuelle, terrain compris, atteignait 313 700 euros ; le terrain revenait en moyenne à 95 000 euros et la seule construction à 225 500 euros, selon le SDES. De quoi comprendre pourquoi une partie des ménages renonce ou se reporte vers l’ancien.

Du côté des chantiers, l’estimation de mai s’établit à 27 115 mises en chantier, en hausse de 1,1 % sur un mois seulement. Ce sont ces mises en chantier, plus que les autorisations, qui préfigurent l’offre réellement livrée aux acheteurs dans un à deux ans. Leur atonie explique en partie pourquoi la question d’une éventuelle bulle immobilière continue de diviser les observateurs.

IndicateurMai 2026Évolution
Logements autorisés (mois)34 832+23,7 % sur un mois
Logements autorisés (12 mois)384 935-5,7 % vs moyenne 5 ans
Logements mis en chantier (mois)27 115+1,1 % sur un mois

Source : SDES, Sitadel, résultats de la construction de logements à fin mai 2026 (données provisoires, France entière).

Ce que ce sursaut change pour les acheteurs et les investisseurs

Pour qui envisage d’investir dans l’immobilier neuf, le message est double. À court terme, la faiblesse des mises en chantier entretient une offre neuve limitée, ce qui soutient les prix des programmes disponibles. À plus long terme, un redémarrage des autorisations pourrait desserrer cette contrainte, mais seulement si les chantiers suivent réellement.

La demande, elle, montre des signes de dégel. Au premier trimestre 2026, 16 502 logements neufs ont été réservés par des particuliers, en hausse de 4,0 % sur le trimestre, tandis que le stock de logements encore disponibles à la vente reculait de 3,1 %, à 118 927 unités. Un frémissement à confirmer, alors que les prix ne baissent plus après deux années de correction.

Reste un facteur déterminant : le coût du crédit. Tant que les conditions d’emprunt ne se détendront pas nettement, la solvabilité des ménages continuera de plafonner la demande, et donc l’appétit des promoteurs pour de nouveaux programmes. Le rebond de mai devra se confirmer sur plusieurs mois pour signaler autre chose qu’un simple soubresaut statistique.

Cet article présente des données statistiques publiques à titre d’information. Il ne constitue pas un conseil en investissement immobilier. Toute décision d’achat doit tenir compte de votre situation personnelle et, si besoin, de l’avis d’un professionnel.

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