Crédit immobilier : la production retombe à 11 milliards d’euros en juillet

Auteur :

Publié le

Commentaires : 0 (poster le premier commentaire)

La production de crédits immobiliers hors renégociations est retombée à 11 milliards d’euros en juillet 2026, après 13,2 milliards en juin. C’est ce que mesure la Banque de France dans son point mensuel sur les crédits aux particuliers, mis en ligne le 7 septembre 2026. Le rebond de juin, que nous avions relevé il y a un mois, n’aura donc tenu qu’un seul mois.

Dans le même temps, le taux d’intérêt moyen des nouveaux crédits à l’habitat hors renégociations s’établit à 3,30 %, après 3,27 % en juin. La Banque de France résume la situation d’une formule : la production se situe « dans la zone basse de sa fourchette de fluctuation depuis le 4ème trimestre 2024 ».

En bref

  • Production de crédits à l’habitat hors renégociations : 11,0 milliards d’euros en juillet 2026, après 13,2 milliards en juin.
  • Taux moyen hors renégociations : 3,30 %, après 3,27 % en juin et 3,21 % en mai.
  • Un an plus tôt, juillet 2025 affichait 12,5 milliards d’euros à 3,09 %.
  • Le taux des crédits relais atteint 3,75 %, contre 3,56 % en juillet 2025.
  • L’encours de crédits à l’habitat des particuliers s’élève à 1 289 milliards d’euros, en hausse de 0,2 % sur un an.

Le rebond de juin n’aura tenu qu’un mois

Le chiffre à retenir est celui de la production hors renégociations, c’est-à-dire les prêts réellement nouveaux, hors réaménagement de crédits existants. Il passe de 13,2 milliards d’euros en juin à 11,0 milliards en juillet, soit 2,2 milliards de moins en un mois. En incluant les renégociations, l’ensemble recule de 15,1 à 12,5 milliards d’euros.

Le mouvement est d’autant plus net que juin avait été un point haut. Nous avions rapporté à l’époque que la production était remontée à 13,2 milliards d’euros, au sommet de la fourchette de 10,9 à 13,2 milliards d’euros que la Banque de France décrivait alors depuis fin 2025. Juillet ramène le curseur près du plancher de cet intervalle. La comparaison avec juillet 2025, où la production hors renégociations atteignait 12,5 milliards d’euros, montre par ailleurs un recul de 1,5 milliard sur un an.

Une précision de lecture s’impose : les données de juillet sont provisoires et celles de juin ont été révisées par la Banque de France. Elles sont également corrigées des variations saisonnières, ce qui neutralise en principe l’effet du calendrier estival.

Crédits à l’habitat, Banque de France : productions corrigées des variations saisonnières, taux effectifs au sens étroit en moyenne mensuelle, parts calculées sur données non corrigées ; la part des prêts à taux fixe est donnée hors crédits relais
IndicateurJuillet 2025Mai 2026Juin 2026Juillet 2026
Production hors renégociations12,5 Mds €11,4 Mds €13,2 Mds €11,0 Mds €
Production totale14,3 Mds €13,2 Mds €15,1 Mds €12,5 Mds €
Taux hors renégociations3,09 %3,21 %3,27 %3,30 %
Taux des crédits relais3,56 %3,64 %3,70 %3,75 %
Part des prêts à taux fixe99,6 %99,0 %99,4 %99,4 %

Des volumes qui baissent, un taux qui monte

Le taux moyen hors renégociations s’établit à 3,21 % en mai, 3,27 % en juin et 3,30 % en juillet. Sur un an, l’écart atteint 21 points de base, puisqu’il ressortait à 3,09 % en juillet 2025. La hausse est lente, et elle se produit alors même que les volumes reculent.

Attention à ce que ce pourcentage recouvre. La Banque de France publie un taux effectif au sens étroit, qui correspond à la seule composante d’intérêt du taux effectif global. Autrement dit, ni l’assurance emprunteur, ni les frais de dossier, ni la garantie n’y figurent. C’est le même piège de périmètre que celui que nous avions détaillé à propos du taux moyen publié chaque mois par l’Observatoire, et il figure parmi les raisons pour lesquelles les taux publiés à la rentrée ne se recoupent pas.

Pour un emprunteur, la conséquence pratique est simple : le taux nominal annoncé par une banque ne suffit pas à comparer deux offres. Le pilier que nous consacrons au crédit immobilier détaille les postes à additionner pour reconstituer le coût réel d’un financement.

Le crédit relais à 3,75 %, un signal pour ceux qui achètent avant de vendre

Un chiffre passe souvent inaperçu dans cette publication : le taux des crédits relais, à 3,75 % en juillet, contre 3,70 % en juin et 3,56 % un an plus tôt. Le relais ressort 45 points de base au-dessus des 3,30 % de l’ensemble des crédits à l’habitat hors renégociations. Comparé à la seule ligne des prêts à taux fixe hors crédits relais, à 3,15 % en juillet, l’écart monte à 60 points de base.

Ces prêts représentent 5,6 % de la production de juillet, une part identique à celle de juillet 2025, calculée sur des données non corrigées des variations saisonnières. Ils concernent les propriétaires qui achètent avant d’avoir vendu. Plus le relais dure, plus la facture d’intérêts s’alourdit.

  • Taux des crédits relais : 3,75 % en juillet 2026, après 3,70 % en juin.
  • Écart avec l’ensemble des crédits à l’habitat hors renégociations : 45 points de base.
  • Part des crédits relais dans la production : 5,6 %, comme en juillet 2025.

Avant de s’engager, il reste utile de chiffrer plusieurs scénarios de financement, et notre comparateur de crédit immobilier permet de solliciter plusieurs propositions.

Un encours qui stagne, et ce que cela dit du marché

Derrière les flux mensuels, l’encours de crédits à l’habitat des particuliers atteint 1 289 milliards d’euros en juillet, contre 1 287 milliards en juin, avec une croissance annuelle de 0,2 %. La Banque de France publie à côté un taux de 0,8 % pour l’ensemble des ménages, une catégorie plus large qui englobe aussi les entrepreneurs individuels et les institutions sans but lucratif au service des ménages.

Le stock de dette immobilière des particuliers ne progresse donc quasiment plus, même quand un mois de production est bon. La Banque de France précise d’ailleurs que la production de nouveaux crédits « diffère donc des variations mensuelles d’encours de crédits ». Un seul mois ne fait pas une tendance, et la Banque de France présente elle-même les données de juillet comme provisoires : le prochain point mensuel dira si le recul se confirme ou s’il relève du contrecoup d’un mois de juin inhabituellement élevé.

Cet article présente des données statistiques publiques à titre d’information. Il ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation de souscrire un crédit. Les taux moyens publiés par la Banque de France sont des moyennes nationales et ne préjugent pas des conditions qui vous seront proposées.

* Koliving.fr est un média d'information immobilière indépendant et non affilié à une entité proposant des services opérationnels de coliving. L'accès à Koliving.fr est entièrement gratuit. Son financement repose notamment sur l’affichage de publicités et des partenariats stratégiques.

** Afin de vous proposer des informations de qualité et des contenus pertinents, certains récits d’exemple ou études de cas peuvent être modifiés, combinés, anonymisés ou entièrement fictifs. Les informations factuelles sont appuyées par des sources et textes de référence que nous mettons à votre disposition pour aller plus loin.

Laisser un commentaire