Avec une mensualité de 1 000 euros sur 20 ans, un ménage français n’achète plus en moyenne que 58 m² au premier semestre 2026, contre 59 m² fin 2025, selon le baromètre du courtier Meilleurtaux publié le 9 juillet. Un mètre carré s’est envolé en six mois, sous l’effet de la remontée des taux de crédit.
Derrière cette moyenne nationale se cachent des écarts spectaculaires entre les villes, de 18 m² à Paris à 142 m² à Saint-Étienne pour le même budget.
En bref
- Avec 1 000 euros par mois sur 20 ans, la surface achetable moyenne passe à 58 m² en juin 2026, contre 59 m² fin 2025.
- Le taux moyen sur 20 ans remonte de 3,27 % en décembre 2025 à 3,40 % en juin 2026.
- Pour un même budget, l’écart va de 18 m² à Paris à 142 m² à Saint-Étienne.
- Seules quatre villes sur vingt gagnent du pouvoir d’achat depuis janvier : Saint-Étienne, Toulon, Grenoble et Bordeaux.
- Depuis fin 2021, la perte atteint en moyenne 13 m² de surface achetable.
Un mètre carré de moins depuis la fin 2025
Le regain observé en 2025 s’essouffle. Pour un budget constant de 1 000 euros par mois sur 20 ans, un ménage peut désormais acheter en moyenne 58 m² en France, soit un mètre carré de moins qu’à la fin de 2025, quand la surface moyenne atteignait 59 m². La détente des taux de l’an dernier avait pourtant permis de regagner en moyenne 2 m², dont une partie est déjà effacée. Pour comprendre ce mouvement, il faut suivre l’évolution récente des taux de crédit immobilier.
Meilleurtaux relève en effet une progression du taux moyen sur 20 ans, passé de 3,27 % en décembre 2025 à 3,40 % en juin 2026. « La hausse, même contenue, des taux représente en moyenne les trois quarts du mètre carré de surface perdu », explique Guillaume Fourt, directeur des partenariats bancaires de Meilleurtaux. La capacité d’emprunt des ménages se réduit d’autant, à revenu et à durée identiques.
De 18 à 142 m² : des écarts extrêmes entre les villes
La moyenne nationale masque des situations très contrastées. Avec la même mensualité de 1 000 euros sur 20 ans, un acheteur peut acquérir environ 142 m² à Saint-Étienne, contre seulement 18 m² à Paris. D’autres villes offrent de grandes surfaces à budget identique, comme Le Havre ou Le Mans. Avant de se lancer dans un projet d’achat, ces écarts méritent d’être regardés de près, car ils déterminent la taille du bien accessible.
| Ville | Surface pour 1 000 euros par mois sur 20 ans |
|---|---|
| Saint-Étienne | 142 m² |
| Le Havre | 90 m² |
| Le Mans | 87 m² |
| Paris | 18 m² |
Ces surfaces s’entendent hors apport et hors frais annexes, pour une mensualité de crédit seule. Elles donnent surtout un ordre de grandeur comparable d’une ville à l’autre : à budget identique, le choix du marché local pèse autant, sinon plus, que le niveau des taux. Un même effort d’épargne mensuel n’ouvre pas du tout les mêmes portes selon que l’on vise une métropole tendue ou une ville moyenne.
Quatre villes seulement gagnent du terrain
Parmi les vingt villes analysées, seules quatre enregistrent un gain de pouvoir d’achat depuis le début de l’année : Saint-Étienne (+3 m²), Toulon (+2 m²), Grenoble (+1 m²) et Bordeaux (+1 m²). À l’inverse, le recul atteint 4 m² au Mans et à Nîmes, et 3 m² à Dijon et à Reims.
Les taux ne suffisent pas à tout expliquer, car les prix locaux comptent aussi. « À Paris, où les prix ont légèrement reculé, la hausse des taux explique à elle seule la baisse du pouvoir d’achat. À l’inverse, à Reims, où les prix ont progressé, cette hausse accentue encore la perte de surface achetable », souligne Guillaume Fourt. Sur un même budget, jouer sur le coût du crédit reste un levier, par exemple en comparant le poids de l’assurance emprunteur dans le coût total.
Un recul à relativiser sur longue période
Malgré ce repli, la situation reste plus favorable qu’à la fin de 2024 : grâce à la baisse des taux de 2025 et à des prix globalement stables, les ménages disposent encore, en moyenne, d’un mètre carré de plus qu’il y a deux ans. La photographie de la capacité d’emprunt liée au crédit immobilier reste donc meilleure qu’au creux précédent.
Sur une période plus longue, la tendance demeure toutefois nettement négative. Depuis la fin de l’année 2021, les ménages ont perdu en moyenne 13 m² de pouvoir d’achat immobilier, sous l’effet combiné de la hausse des taux et de l’évolution des prix. Le baromètre du premier semestre 2026 confirme que la fenêtre ouverte en 2025 se referme en partie, sans revenir aux niveaux les plus dégradés de la crise.
Cet article est fourni à titre d’information générale et ne constitue pas un conseil en investissement ou en crédit. Les surfaces achetables sont des estimations moyennes issues du baromètre Meilleurtaux et varient selon votre profil, votre apport et l’offre de prêt retenue.






