«Ils réinvestissent tout ce qu’ils gagnent» : témoignage de deux multipropriétaires de moins de 30 ans

Auteur : Laurent Carbonnet

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À moins de 30 ans, Clément et Adrien ont déjà acquis plusieurs biens immobiliers. Sans héritage ni soutien familial, ils ont choisi l’immobilier comme levier d’ascension sociale. Leur stratégie ? Tout réinvestir, tout le temps. Et surtout : ne pas attendre grand-chose du gouvernement. Dans un climat où les propriétaires sont régulièrement ciblés par l’administration fiscale, ils avancent seuls, méthodiques, et résolus à prendre le pouvoir que la politique leur refuse (source).

La propriété comme réponse politique

Clément S. et Adrien Hubert partagent un réflexe devenu rare : ne pas se plaindre, mais agir. Face à l’inflation, à l’imposition croissante et à un sentiment d’abandon générationnel, leur solution a été radicale : devenir multipropriétaires. Et vite. Pas pour la frime ou l’Instagram, mais pour la sécurité.

Clément, ex-alternant payé 1 400 euros par mois, a acquis sept appartements à Étampes grâce à un montage 100 % crédit. Adrien, ex-entrepreneur tech, a injecté le fruit de la vente de sa start-up dans l’achat de quatre biens. L’un a appris les rouages en banque, l’autre a délégué à une société de gestion : deux parcours, même logique.

Ils refusent d’attendre que la politique améliore leur sort. Et ils ont bien compris que le statut de propriétaire n’a plus la cote auprès des institutions. « On est les nouvelles vaches à lait », lâche Clément, désabusé par la taxation croissante des bailleurs. Leur réponse est simple : contourner, optimiser, accélérer.

Acheter, rénover, encaisser : la mécanique de l’indépendance

La stratégie est brutale, mais efficace : acheter sous-coté, souvent des passoires thermiques, rénover à coût maîtrisé, louer sous statut LMNP et générer un cash-flow net, même modeste. Clément vise 100 € de revenu par logement et par mois, Adrien dégage 750 € nets mensuels sur quatre appartements.

Le point commun ? Des travaux importants. 30 000 € pour remettre à neuf un 18 m² à Paris pour Adrien. Rénovations faites maison pour Clément. Une gestion active, quasi artisanale, où chaque euro compte.

Mais ils ne rêvent pas de rente. Ils réinvestissent. Encore et encore. Le but n’est pas la liberté immédiate, mais l’accumulation de patrimoine. « Chaque gain est réinjecté dans un nouveau projet », explique Clément. Une logique de marchand de biens, mais appliquée avec prudence, sans sortir du cadre d’une stratégie locative classique pour le moment.

Les pièges évités, les risques assumés

Tout n’est pas rose. Clément est actuellement confronté à un locataire mauvais payeur. Heureusement, il a anticipé : la garantie Visale couvre les loyers impayés pendant 36 mois. Et les deux investisseurs savent que l’impôt sur les revenus fonciers, les charges, les aléas des travaux ou encore l’évolution du DPE peuvent réduire leur marge à néant.

Mais ils ont appris à penser en risque. Et à arbitrer. Adrien envisage de revendre ses premiers biens pour réinvestir à l’étranger, dans des pays où la fiscalité est plus clémente. Vietnam, Émirats, location courte durée via Booking ou Airbnb… Il n’exclut rien, tant que la rentabilité reste au rendez-vous.

Clément, de son côté, envisage de s’orienter un jour vers une activité de marchand de biens, avec revente rapide après travaux. Pour lui, le rendement passe par le chantier, pas seulement par les loyers. « Ce n’est pas le moment d’attendre que l’État nous aide. Il faut agir pendant qu’on peut encore emprunter », glisse-t-il.

Leçon d’ascension sociale en mode DIY

L’histoire de Clément et Adrien est celle d’une génération désillusionnée, mais pas désarmée. Ils n’ont pas attendu un plan jeunesse, ni un allègement fiscal. Ils n’ont pas misé sur le blabla. Juste sur la pierre, le crédit et une volonté de fer. Une mentalité de bâtisseur, pas de victime.

Ce qu’ils prouvent : il est encore possible de se constituer un patrimoine immobilier à moins de 30 ans. Mais à condition de prendre tous les risques que les autres refusent. Travailler les soirs et week-ends, vivre frugalement, se former seuls, affronter l’administration fiscale, optimiser chaque dépense.

C’est une autre forme d’ascension sociale. Ni assistée, ni médiatisée. Une version radicale, exigeante, presque clandestine de la réussite. Où l’on ne compte que sur soi. Où l’on se protège de l’arbitraire fiscal par la maîtrise technique, et de l’imprévu par l’anticipation.

Et vous, seriez-vous prêt à tout réinvestir pour changer de statut ? À vivre comme un propriétaire actif, pas passif ? Si vous avez tenté (ou rêvé) de faire comme Clément ou Adrien, partagez votre expérience ou vos questions en commentaire.

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