L’obligation d’installer un thermostat programmable sur les systèmes de chauffage de tous les logements, un temps annoncée pour le 1er janvier 2027, est finalement reportée au 1er janvier 2030 dans les logements existants. Ce report a été acté par un décret du 26 décembre 2025, précisé par une mise à jour de Service Public le 17 février 2026. Les bâtiments neufs, eux, restent soumis à l’échéance de 2027.
Pour les propriétaires, occupants comme bailleurs, la mesure change le calendrier mais pas le principe : c’est à eux qu’incombera l’installation, avec à la clé une économie de chauffage estimée à 15 % par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).
En bref
- L’obligation de thermostat programmable est repoussée au 1er janvier 2030 dans les logements existants (décret du 26 décembre 2025).
- Elle reste fixée au 1er janvier 2027 pour le neuf, dès lors que le permis ou la déclaration préalable est déposé à compter de cette date.
- Le thermostat doit proposer au moins quatre niveaux : confort, réduit, hors gel et arrêt. Un modèle connecté n’est pas exigé.
- Selon l’Ademe, un tel dispositif peut réduire jusqu’à 15 % la consommation d’énergie de chauffage.
- Une exemption est prévue si le retour sur investissement dépasse dix ans, étude à l’appui.
Ce que dit le nouveau calendrier
À l’origine, un décret du 7 juin 2023 imposait, à partir du 1er janvier 2027, d’équiper tous les logements d’un système de régulation automatique de la température par pièce, autrement dit un thermostat programmable. Le décret du 26 décembre 2025 décale cette échéance de trois ans pour les logements existants, qui ont désormais jusqu’au 1er janvier 2030. L’obligation vise aussi bien les logements individuels que les copropriétés, un enjeu qui rejoint plus largement la performance énergétique mesurée au diagnostic de performance énergétique.
Pour le neuf, en revanche, rien ne bouge : l’obligation reste fixée à la date initiale pour les bâtiments et les nouvelles parties de bâtiments dont la demande de permis de construire ou la déclaration préalable est déposée à compter du 1er janvier 2027.
| Type de logement | Date d’obligation |
|---|---|
| Logements existants | 1er janvier 2030 |
| Neuf (permis ou déclaration à compter du 1er janvier 2027) | 1er janvier 2027 |
| Pose d’une chaudière neuve | déjà obligatoire depuis 2018 |
Qui installe, qui entretient
La règle de répartition est claire : ce sont les propriétaires qui auront la charge de faire installer le thermostat, qu’ils occupent leur logement ou qu’ils l’aient mis en location. Les locataires, de leur côté, devront entretenir ces installations. Rien n’empêche d’anticiper la pose sans attendre 2030, en faisant chiffrer l’intervention à partir de plusieurs devis de travaux pour comparer les offres.
En copropriété, l’échéance de 2030 laisse aussi le temps d’inscrire le sujet à l’ordre du jour d’une assemblée générale lorsque le chauffage est collectif, et d’articuler la pose avec d’éventuels travaux de rénovation déjà votés. Pour un bailleur, installer un thermostat avant une relocation peut par ailleurs constituer un argument concret auprès des candidats soucieux de leur facture d’énergie.
Ce thermostat s’ajoute à une obligation plus ancienne : depuis 2018, l’installation d’un dispositif de régulation est déjà exigée lors de la mise en place d’une chaudière neuve. Le sujet dépasse donc la seule question de la température de consigne dans le logement, puisqu’il s’agit d’automatiser la conduite du chauffage.
Un thermostat, mais pas forcément connecté
Bonne nouvelle pour le budget : le thermostat installé n’a pas besoin d’être connecté, c’est-à-dire pilotable depuis une application ou un site internet. Il doit simplement permettre de programmer la température d’une pièce en employant au moins quatre niveaux : confort, réduit, hors gel et arrêt. C’est cette programmation qui génère les économies, jusqu’à 15 % selon l’Ademe, en adaptant le chauffage aux périodes de présence et d’absence. Un investissement à replacer dans l’ensemble des aides du moment, comme les aides CEE relevées pour les chauffe-eau.
Les cas d’exemption prévus
Le texte laisse une porte de sortie. Vous pouvez être exempté de l’obligation si l’installation n’est pas techniquement et économiquement réalisable. Deux situations sont citées à titre d’exemple :
- lorsque le temps de retour sur investissement est supérieur à dix ans, étude à l’appui ;
- pour les appareils indépendants de chauffage dont l’alimentation en combustible n’est pas automatisée, en raison d’une impossibilité technique.
Dans le doute sur votre éligibilité à une exemption, mieux vaut faire réaliser une étude par un professionnel qualifié avant d’engager des frais, d’ici l’échéance de 2030.
Cet article est publié à titre d’information générale et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les obligations et les aides évoquées peuvent évoluer : vérifiez votre situation auprès d’un professionnel qualifié ou de votre espace France Rénov’ avant d’engager des travaux.






