Annecy n’est plus un terrain de jeu sans limites pour les locations saisonnières. Avec plus de 3 500 meublés touristiques recensés, la ville fait face à une transformation radicale. Dès le 1er juin, un règlement strict va bouleverser le marché et redéfinir la place des locations de courte durée. Quotas, restrictions, autorisation limitée à quatre ans… Les loueurs doivent s’adapter ou renoncer.
Un cadre strict pour mettre fin à l’explosion des meublés touristiques
La mairie d’Annecy frappe fort. Loin d’une interdiction totale, le nouveau règlement impose un encadrement rigoureux pour éviter que le centre-ville ne devienne un simple décor pour touristes. Le nombre de logements dédiés à la location courte durée (Airbnb) sera désormais plafonné à 2 660, bien en dessous des chiffres actuels.
Autre mesure choc : une seule autorisation par propriétaire, qu’il soit particulier ou entreprise. Impossible donc d’accumuler plusieurs biens pour les exploiter en meublé touristique. Cette autorisation, valable pour quatre ans, ne sera pas renouvelable automatiquement. Une régulation qui vise à freiner l’hémorragie du marché locatif classique et à permettre aux habitants de retrouver un accès au logement.
Trois zones ont été définies avec des seuils précis. La Vieille Ville et les Marquisats seront les plus touchés, avec un maximum de 460 meublés touristiques autorisés. Les abords du lac, la gare et la rocade devront se contenter de 1 000 logements, tandis que le reste de la commune sera limité à 1 200 unités. Un découpage qui reflète l’objectif des élus : rééquilibrer l’offre et éviter que certains quartiers ne deviennent des zones fantômes hors saison.
Un marché sous tension, entre colère des loueurs et attentes des habitants
Cette nouvelle réglementation divise profondément. Les professionnels du secteur dénoncent un coup de frein brutal qui risque de fragiliser l’économie locale. Certains estiment que ces restrictions vont faire chuter la rentabilité de nombreux biens et freiner l’investissement immobilier dans la ville. « On vient de réduire notre capacité d’accueil de plus de moitié, les conséquences économiques vont être désastreuses », alerte un gérant de conciergerie, habitué à gérer plusieurs centaines de logements.
De l’autre côté, de nombreux habitants saluent cette régulation : « l’eldorado c’est terminé ! ». L’explosion des locations touristiques a contribué à l’envolée des prix de l’immobilier, rendant difficile l’accès à un logement pour les résidents à l’année. L’objectif des élus est clair : permettre aux familles de revenir dans le centre, dynamiser le commerce local hors saison et garantir une meilleure mixité sociale.
Derrière ces mesures, c’est tout le modèle économique de la location courte durée qui vacille. Ceux qui souhaitaient investir dans le locatif en misant sur les rendements élevés des meublés touristiques vont devoir revoir leur stratégie. Place à une nouvelle ère, où l’accès au logement passe avant la rentabilité des locations de vacances.

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