À Lyon, la température intérieure d’un logement sera désormais prise en compte pour évaluer sa salubrité. Le maire écologiste Grégory Doucet en a fait l’annonce mercredi 15 juillet 2026, lors d’une conférence de presse. La mesure, présentée comme une première en France, vise à permettre aux locataires de signaler un logement devenu invivable pendant les épisodes de forte chaleur.
Concrètement, la Ville ajoute le critère de la chaleur excessive à la grille d’évaluation de son service communal d’hygiène et de santé. Jusqu’ici, la température n’était pas considérée, contrairement à l’humidité ou à l’absence de chauffage. L’initiative reste pour l’heure limitée au territoire lyonnais, mais son maire souhaite qu’elle inspire une évolution de la loi au niveau national.
En bref
- Lyon intègre la température intérieure aux critères d’évaluation de la salubrité des logements, une première en France.
- L’annonce a été faite le 15 juillet 2026 par le maire écologiste Grégory Doucet.
- Le critère de chaleur excessive rejoint l’humidité, l’absence de chauffage ou la vétusté électrique déjà pris en compte.
- Un locataire pourra saisir les services de la Ville s’il estime son logement invivable l’été ; l’absence de volets peut suffire.
- Le maire veut faire évoluer la législation pour étendre ce critère à l’ensemble du territoire national.
Ce que change la mesure lyonnaise
En France, l’évaluation de la salubrité des logements relève des Agences régionales de santé (ARS) ou des services communaux d’hygiène et de santé. Lorsqu’un logement est jugé insalubre, ces services saisissent la préfecture, qui peut alors prendre un arrêté d’insalubrité et imposer au propriétaire la réalisation de travaux dans un délai fixé. La nouveauté lyonnaise ne modifie pas cette chaîne de décision : elle ajoute un motif d’alerte supplémentaire.
« La question de la température n’est pas considérée » aujourd’hui, a souligné Grégory Doucet, alors que les épisodes de canicule se multiplient. En intégrant la chaleur excessive à sa grille, la Ville se donne les moyens d’instruire des signalements qui, jusqu’ici, n’entraient dans aucune case. Selon le maire, la simple absence de volets ou de stores dans un logement pourrait constituer un motif de saisine. Pour les propriétaires bailleurs, cela rejoint la logique de les passoires thermiques déjà dans le viseur du législateur, et pousse à anticiper chiffrer des travaux d’amélioration côté confort d’été.
Comment un locataire pourra saisir la Ville
Le dispositif place le locataire au centre. « On rajoute cet élément-là dans la grille d’évaluation, de manière à ce que des locataires puissent nous saisir et nous dire : moi, je considère que mon logement est insalubre parce qu’il fait 42°C », a expliqué Grégory Doucet. Le maire a par ailleurs estimé qu’« un logement qui dépasse les 35°C, voire au-delà, parce qu’il a été frappé par le soleil toute la journée, sans dispositif occultant, ça devient tout simplement un problème de santé publique ».
Pour un occupant, la marche à suivre passe donc par un signalement auprès des services de la Ville, qui apprécieront la situation avant, le cas échéant, de transmettre à la préfecture. La mesure ne crée pas de seuil réglementaire chiffré : les températures citées par l’élu illustrent son propos, elles ne fixent pas un plafond légal automatique. Reste que la démarche ouvre une voie nouvelle pour les habitants de logements surchauffés, souvent les plus mal isolés. Un point que ce que mesure vraiment le DPE ne capture encore qu’imparfaitement, l’étiquette énergétique renseignant surtout sur le froid et la consommation.
Une portée locale, une ambition nationale
Grégory Doucet ne cache pas son intention d’aller plus loin : « On voudrait faire évoluer la législation », a-t-il déclaré, afin que la température devienne un critère réglementaire d’évaluation de la salubrité sur tout le territoire. L’initiative a été saluée par le collectif Rénovons, qui milite pour l’intégration de seuils de température minimale et maximale dans la notion de décence. « Les critères de température existent déjà au Canada, mais je pense que ce sont effectivement les premiers en France », a réagi son coordinateur Damien Barbosa auprès de l’AFP.
Présente aux côtés du maire, la secrétaire nationale des Écologistes Marine Tondelier a de son côté plaidé pour l’instauration d’une « trêve estivale » des expulsions, sur le modèle de la trêve hivernale. Pour les locataires comme pour les bailleurs, cette évolution rappelle que le confort d’été s’installe peu à peu dans le droit du logement, au même titre que la performance énergétique, et pèsera à terme sur la valeur locative des biens, tout comme la dernière revalorisation des loyers rythme déjà le budget des ménages.
Cet article rend compte d’une mesure municipale annoncée par la Ville de Lyon et n’a pas de portée juridique nationale. Les règles de salubrité et d’insalubrité relèvent du préfet et varient selon les situations ; en cas de litige, rapprochez-vous de l’ADIL de votre département ou d’un professionnel du droit.






