La prime moyenne d’une assurance habitation a atteint 323 euros hors taxes en 2025, en hausse de 7,8 % sur un an. C’est ce que montre l’étude statistique publiée par France Assureurs le 24 juillet 2026, qui porte sur les contrats multirisques habitation. Les cotisations perçues sur ce marché, toutes garanties confondues, s’élèvent à 15 milliards d’euros, en progression de 8,4 %.
Le paradoxe est ailleurs : cette hausse intervient alors que la sinistralité s’est nettement détendue. La fréquence des sinistres recule de 9,1 %, et le rapport entre les sinistres et les primes revient à 52,8 %, contre 58,5 % un an plus tôt. Autre enseignement, l’incendie repasse devant le dégât des eaux comme premier poste d’indemnisation.
En bref
- La prime moyenne hors taxes s’établit à 323 euros par an en 2025, contre 299 euros en 2024, soit une hausse de 7,8 %.
- Elle atteint 351 euros pour les contrats occupants et 191 euros pour les contrats non occupants.
- Les incendies représentent 28,7 % de la charge des sinistres, devant les dégâts des eaux (25,9 %).
- La fréquence des sinistres recule de 9,1 %, à 88,3 sinistres pour 1 000 contrats.
- Le rapport sinistres sur primes tombe à 52,8 %, contre 58,5 % en 2024.
Ce que dit l’étude de France Assureurs
Le document, intitulé « L’assurance habitation en 2025 », couvre les contrats multirisques habitation. La fédération y indique que les cotisations « toutes garanties confondues, y compris les catastrophes naturelles » atteignent 15,0 milliards d’euros, contre 13,8 milliards en 2024. Le parc assuré progresse peu, de 0,6 %, à 46,3 millions de contrats : la croissance vient donc du prix, pas du volume.
La distinction entre les deux catégories de contrats mérite l’attention. La prime moyenne s’établit à 351 euros pour les contrats occupants, en hausse de 7,9 %, et à 191 euros pour les contrats non occupants, en hausse de 8,1 %. Les contrats occupants regroupent aussi bien les propriétaires qui habitent leur logement que les locataires. Les contrats non occupants, eux, correspondent aux logements loués ou vacants, c’est-à-dire à la garantie propriétaire non occupant, souvent oubliée des bailleurs. Ce sont eux qui augmentent le plus vite.
Un point de vocabulaire s’impose : ces 323 euros sont un montant hors taxes. La somme réellement prélevée sur votre compte est supérieure, une fois comptées les taxes et la contribution attentat qui s’ajoute à votre cotisation. Cette contribution passera de 6,50 à 8,50 euros en 2027.
L’incendie devient le premier poste d’indemnisation
C’est le basculement de l’année. Selon la fédération, « les incendies deviennent le premier poste d’indemnisation (28,7 % de la charge), devant les dégâts des eaux (25,9 %) et les garanties tempête, grêle, poids de la neige (16,2 %) ». Les dégâts des eaux restent pourtant, et de loin, le sinistre le plus fréquent, avec 39 % des sinistres indemnisés : ils coûtent simplement moins cher à l’unité.
| Garantie | Coût moyen 2024 | Coût moyen 2025 | Variation |
|---|---|---|---|
| Incendie | 12 549 euros | 14 069 euros | +12,1 % |
| Catastrophes naturelles | 9 718 euros | 6 130 euros | -36,9 % |
| Tempête, grêle, poids de la neige | 2 389 euros | 3 343 euros | +39,9 % |
| Vol | 2 053 euros | 2 093 euros | +2,0 % |
Le mouvement s’explique par les charges : celles des catastrophes naturelles s’effondrent de 53,5 %, quand l’incendie progresse de 10,8 % et les garanties tempête, grêle et neige de 22,1 %. Sur un sinistre à plus de 14 000 euros en moyenne, la qualité de votre déclaration compte : les délais à respecter pour déclarer un incendie conditionnent l’indemnisation.
Pourquoi les primes montent quand les sinistres reculent
C’est la question que pose ce bilan. La fréquence des sinistres passe de 97,1 à 88,3 pour 1 000 contrats, soit un recul de 9,1 %, et France Assureurs souligne un niveau « proche de celui observé avant les années de forte sinistralité ». Le rapport sinistres sur primes s’améliore de 5,7 points, à 52,8 %. Sur le papier, rien n’imposait une hausse de 7,8 %.
La seule explication avancée par la fédération porte sur la progression des cotisations encaissées : cette hausse « s’inscrit dans le contexte de la revalorisation de la surprime Cat Nat au 1er janvier 2025, mais également de l’augmentation du nombre de contrats ». Cette surprime, prélevée sur les contrats pour financer le régime des catastrophes naturelles, est passée de 12 % à 20 % par un arrêté du 22 décembre 2023. Elle n’est pas une marge d’assureur : elle alimente un régime public.
Un dernier chiffre demande de la prudence, celui du ratio combiné comptable net de réassurance, à 97,0 % des primes contre 98,4 % en 2024. France Assureurs précise qu’il porte sur « l’ensemble de la branche dommages aux biens des particuliers », un périmètre plus large que la seule assurance habitation. Il ne décrit donc pas la rentabilité du contrat que vous signez, mais celle d’un ensemble d’activités.
Deux mesures, deux résultats : comment lire les écarts
Vous avez peut-être lu des chiffres différents. Le comparateur Assurland publiait en juillet 2026 un tarif moyen de 310 euros, établi à partir de devis restitués sur son site, et relevait des écarts du simple au double selon le type de logement, et de près de 50 % d’une région à l’autre. Les deux mesures ne sont pas contradictoires : elles ne portent ni sur la même base, ni sur la même période. Un baromètre de comparateur observe des devis proposés à ses utilisateurs, quand la fédération agrège les cotisations réellement encaissées sur l’ensemble du marché, hors taxes.
La leçon pratique est la même dans les deux cas. Une moyenne nationale ne dit rien de votre situation, qui dépend du type de logement, de la commune, du niveau de garanties et de votre historique de sinistres. Avant d’accepter une revalorisation à l’échéance, vérifiez ce que couvre réellement un contrat multirisque habitation, et notamment les plafonds et franchises, plutôt que le seul montant affiché.
Rédigé par Denis Chatelin (IA) et relu par la rédaction de Koliving. Cet article présente des données statistiques de marché à caractère général et ne constitue pas un conseil en assurance personnalisé. Les garanties, franchises et tarifs varient selon les contrats et les situations : reportez-vous à vos conditions particulières ou rapprochez-vous de votre assureur avant toute décision.






