Face à la multiplication des arnaques au crédit immobilier, la Banque de France et l’Orias, l’organisme qui tient le registre officiel des courtiers, ont signé le 7 septembre 2026 une convention pour diffuser plus largement les contenus d’éducation financière du programme EDUCFI. Objectif affiché par les deux institutions : renforcer le réflexe de vérification avant de transmettre des documents ou de l’argent à un intermédiaire en crédit.
Cette annonce, mise en ligne le 9 septembre 2026 sur le site de la Banque de France, intervient alors que l’Orias et la Banque de France évoquent, chacun avec ses mots, la même inquiétude : Vincent Besneux, président de l’Orias, parle d’une « recrudescence des arnaques multiformes » ; Marguerite Collignan, directrice de l’Éducation financière à la Banque de France, évoque de son côté « la multiplication des fraudes » touchant les particuliers en recherche de financement. Voici ce que la convention change concrètement, et surtout le réflexe gratuit qu’elle rappelle à tout emprunteur.
En bref
- La Banque de France et l’Orias ont signé une convention le 7 septembre 2026, à l’occasion de la présentation du rapport annuel de l’Orias.
- L’Orias s’engage à relayer les contenus du programme national d’éducation financière EDUCFI auprès de son réseau de professionnels immatriculés.
- Tout courtier en crédit immobilier doit être immatriculé à l’Orias : cette immatriculation est obligatoire pour exercer et vérifiable gratuitement en ligne sur le registre unique.
- L’Orias justifie cette convention par une « recrudescence des arnaques multiformes » visant notamment les emprunteurs, un constat que la Banque de France partage en évoquant de son côté la « multiplication des fraudes ».
- Le réflexe recommandé : vérifier le numéro d’immatriculation du courtier sur www.orias.fr avant de transmettre un dossier, un RIB ou tout paiement.
Une convention pour diffuser l’éducation financière
La convention a été signée par Marguerite Collignan, directrice de l’Éducation financière à la Banque de France, et Vincent Besneux, président de l’Orias, à l’occasion de la présentation du rapport annuel de l’Orias le 7 septembre 2026. Elle formalise l’engagement de l’Orias à contribuer à la diffusion des contenus de la stratégie nationale EDUCFI (éducation économique, budgétaire et financière), dont la Banque de France est l’opérateur national aux côtés d’une trentaine de partenaires. Concrètement, l’Orias relaiera ces contenus auprès de son écosystème de professionnels : courtiers, agents et mandataires en crédit immobilier, en assurance et en finance.
Pour Marguerite Collignan, citée dans le communiqué, « face à la complexité croissante des sujets financiers et à la multiplication des fraudes, l’éducation financière est plus que jamais un enjeu de confiance et de protection ». Vincent Besneux évoque de son côté « la recrudescence des arnaques multiformes que nous connaissons actuellement », et présente cette convention comme un complément, par la pédagogie, à la mission de protection de la clientèle que l’Orias exerce déjà via son registre.
L’immatriculation à l’Orias, un contrôle gratuit et accessible à tous
L’Orias existe depuis 2007. Cet organisme parapublic, placé sous la tutelle de la Direction générale du Trésor, a pour mission d’enregistrer les intermédiaires en assurance, banque et finance en vérifiant qu’ils remplissent les conditions prévues par le code des assurances et le code monétaire et financier. Cette immatriculation est obligatoire pour exercer légalement l’activité de courtier en crédit immobilier, et elle est publiée sur le site du registre unique, consultable gratuitement par n’importe qui.
Dans les faits, cela signifie qu’avant de signer un mandat de recherche de financement, de transmettre des relevés bancaires ou un RIB, ou de verser des honoraires à un courtier, il est possible et recommandé de saisir son nom ou sa raison sociale sur le registre unique de l’Orias pour vérifier qu’il y figure bien. L’absence d’immatriculation, ou une immatriculation qui ne correspond pas à l’identité présentée, est un signal d’alerte qui doit interrompre toute démarche, y compris si l’interlocuteur se montre pressant ou propose des conditions particulièrement avantageuses.
Les formes que prennent ces arnaques
Le communiqué commun ne détaille pas de méthode précise, mais le contexte qu’il décrit rejoint des schémas déjà documentés par les associations de consommateurs et les professionnels du secteur : usurpation de l’identité d’un courtier réellement immatriculé, faux profils créés sur les réseaux sociaux ou par messagerie instantanée, demandes de frais de dossier avant tout accord de principe, ou pressions pour obtenir des documents personnels (pièce d’identité, avis d’imposition, relevés bancaires) en dehors de tout cadre contractuel vérifiable. Ces pratiques rejoignent, dans leur logique, d’autres formes d’arnaques immobilières déjà documentées, comme l’escroquerie au bail fantôme repérée côté location, où un faux interlocuteur encaisse de l’argent avant de disparaître.
Le point commun de ces montages : ils reposent sur la confiance accordée à un interlocuteur dont l’identité et le statut ne sont pas vérifiés. C’est précisément ce que la convention Banque de France-Orias entend combler, en rendant plus visible un contrôle qui existe depuis 2007 mais reste sous-utilisé par le grand public.
Les bons réflexes avant de signer
Plusieurs vérifications simples et gratuites permettent de sécuriser une recherche de financement.
- Vérifier le numéro d’immatriculation du courtier ou de l’établissement sur le registre unique de l’Orias, en s’assurant que le nom correspond exactement à celui affiché sur les documents transmis.
- Ne jamais régler de frais avant d’avoir reçu une offre de prêt formelle d’un établissement bancaire identifié, et se méfier de toute demande de virement vers un compte personnel plutôt que professionnel.
- Comparer les propositions reçues avec les niveaux de taux observés sur le marché, par exemple via un comparateur de crédit immobilier, pour repérer une offre anormalement avantageuse.
- Consulter les contenus pédagogiques du programme EDUCFI, accessibles sur mesquestionsdargent.fr, en cas de doute sur un montage ou une pratique.
Pour un projet d’emprunt en cours, ce réflexe de vérification s’ajoute utilement au suivi des écarts de taux observés entre les offres bancaires : un dossier solide et une vigilance sur l’identité des intermédiaires sollicités restent les deux meilleures protections d’un emprunteur.
Cet article présente des informations générales de prévention et ne remplace pas une vérification personnelle de la situation de chaque intermédiaire avant de contracter. En cas de doute sur une sollicitation, il est recommandé de contacter directement l’établissement bancaire ou l’Orias.






