SCPI : 53 % des fonds ont réduit leur acompte au premier semestre, malgré un taux de distribution stable

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Le taux de distribution moyen des SCPI n’a presque pas bougé au premier semestre 2026. Derrière cette stabilité, l’ASPIM et l’IEIF révèlent pourtant un marché coupé en deux : 53 % des SCPI ont réduit leur distribution, avec une baisse moyenne de l’ordre de 14 %. Les statistiques ont été publiées le 5 août 2026.

Pour un épargnant, la moyenne du marché ne dit donc plus grand-chose de ce qui arrive sur son propre relevé. Plus d’une SCPI sur deux, en nombre, a réduit son acompte semestriel par part pendant que l’indicateur global restait plat, à 2,30 % contre 2,29 % un an plus tôt.

En bref

  • 53 % des SCPI, en nombre, ont réduit leur distribution, de 14 % en moyenne pondérée.
  • Le taux de distribution pondéré s’établit à 2,30 %, contre 2,29 % au premier semestre 2025.
  • La collecte brute atteint 2,7 milliards d’euros, en hausse de 2,6 % sur un an.
  • Les parts en attente tombent à 1,9 milliard d’euros, une baisse liée aux suspensions de variabilité du capital et aux marchés secondaires.
  • La capitalisation du marché s’élève à 86 milliards d’euros, en recul de 3 % sur un trimestre.

Une collecte qui tient, un deuxième trimestre en repli

La collecte brute des SCPI totalise 2,7 milliards d’euros sur le semestre, en hausse de 2,6 % par rapport à la même période de 2025. Le détail trimestriel est moins flatteur : 1,3 milliard d’euros au deuxième trimestre contre 1,4 milliard au premier, soit un repli de 5,1 % d’un trimestre à l’autre et de 1,6 % par rapport au deuxième trimestre 2025. La collecte nette atteint 2,2 milliards d’euros sur le semestre (+2,5 %), mais elle recule plus vite que la collecte brute au deuxième trimestre : 1,1 milliard contre 1,2 milliard au premier, soit un repli de 7,4 % d’un trimestre à l’autre et de 4,6 % par rapport au deuxième trimestre 2025.

Sur douze mois glissants, la collecte brute se stabilise autour d’un rythme annualisé de 5,6 milliards d’euros, un niveau que l’ASPIM et l’IEIF rapprochent de celui de 2018, avant le cycle d’expansion de 2019 à 2022. La concentration sur les stratégies diversifiées se renforce : elles captent 70,9 % de la collecte brute semestrielle, devant les SCPI à prépondérance bureaux (21,5 %). Ceux qui construisent aujourd’hui une poche pierre-papier trouveront le cadre général dans notre guide complet des SCPI.

Taux de distribution stable, acomptes très inégaux

C’est la donnée la plus utile du communiqué. Rapporté aux prix de référence au 1er janvier 2026, le taux de distribution pondéré par la capitalisation s’établit à 2,30 % sur le semestre, quasi identique aux 2,29 % du premier semestre 2025. Mais l’acompte moyen versé, pondéré par la capitalisation, recule de 7 % sur un an.

Évolution de l’acompte semestriel par partPart des SCPI, en nombreAmpleur moyenne, pondérée par la capitalisation
Maintenu ou augmenté47 %Un peu plus de la moitié d’entre elles ont relevé l’acompte, de 8 % en moyenne pondérée
Réduit53 %Baisse de l’ordre de 14 %

Pour certaines SCPI, notamment les plus exposées au marché des bureaux franciliens, le communiqué indique que ces baisses reflètent des difficultés locatives, départs de locataires et renégociations de loyers à la baisse, qui se traduisent par une diminution des loyers encaissés. Un simple relevé de rendement moyen ne permet donc pas de juger un fonds. Le tri se fait dossier par dossier, comme dans notre comparatif des SCPI du marché.

La liquidité s’améliore surtout en apparence

Au 30 juin 2026, la valeur des parts en attente s’élève à 1,9 milliard d’euros, soit 2,2 % de la capitalisation du marché. Le stock a fondu de 31 % depuis le 31 décembre 2025, ce qui représente environ 870 millions d’euros de moins. Le chiffre a de quoi rassurer. Il ne doit pourtant pas être lu comme un retour à la normale.

Philippe Depoux, président de l’ASPIM, le dit lui-même : « la baisse affichée de la valeur des parts en attente résulte intégralement des suspensions temporaires de variabilité du capital et de la mise en place de marchés secondaires destinés à favoriser le déblocage progressif du marché des parts ». Onze SCPI, représentant environ 12 % de la capitalisation totale du marché au 30 juin, ont suspendu temporairement la variabilité de leur capital depuis le début de l’année. Chez elles, la valeur des parts en attente a reculé d’environ 1,2 milliard d’euros. Ce recul résulte intégralement de la réinitialisation de leurs carnets d’ordres et de la mise en place de marchés secondaires, sur lesquels les parts sont réinscrites aux prix constatés.

À l’inverse, chez les SCPI restées à capital variable, la valeur des parts en attente a continué de progresser, d’environ 330 millions d’euros depuis le début de l’année. Le marché secondaire, lui, reste actif, avec 489 millions d’euros de demandes de rachat compensées et de parts échangées sur le semestre, soit 18 % de la collecte brute.

Prix de part : le grand écart entre capital variable et capital fixe

Le prix de part moyen de l’ensemble des SCPI, pondéré par la capitalisation, recule de 2,4 % sur le semestre. Là encore, la moyenne masque deux réalités. Du côté des SCPI à capital variable, le prix moyen est resté stable, avec un nombre très réduit de mouvements : une seule baisse du prix de souscription, cinq hausses.

  • SCPI à capital variable : prix moyen stable, 1 baisse et 5 hausses de prix de souscription sur le semestre.
  • SCPI à capital fixe : 14 baisses et 4 hausses, pour un prix moyen pondéré par la capitalisation en repli de 33 % depuis le début de l’année.
  • Capitalisation totale du marché : 86 milliards d’euros au 30 juin, en baisse de 3 % sur un trimestre et de 1 % sur un an.

Le segment à capital fixe, dont les prix se forment par confrontation entre acheteurs et vendeurs, encaisse donc l’ajustement le plus brutal. Une SCPI reste un placement immobilier de long terme, à mettre en regard des autres façons de s’exposer à la pierre, du locatif détenu en direct aux véhicules collectifs. Après la revalorisation de part enregistrée sur ActivImmo au 1er juillet, le semestre confirme surtout que le marché ne se lit plus comme un bloc homogène.

Cet article a une vocation d’information générale et ne constitue pas un conseil en investissement. Les SCPI comportent un risque de perte en capital, un risque de liquidité et un rendement non garanti : les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Avant toute souscription, lisez le document d’informations clés et les statuts du fonds, et rapprochez-vous d’un conseiller habilité.

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