« Pendant que les autres sont en vacances, je négocie des biens que personne ne veut » : Ce marchand de biens achète ses passoires thermiques en plein mois d’août

Auteur : Laurent Carbonnet

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« Pendant que tout le monde déserte les plages, certains experts de l’immobilier mènent leurs meilleures batailles ». Derrière cette stratégie, une conviction : ce que beaucoup fuient comme un fardeau peut devenir une formidable opportunité. Pour ce marchand de biens, les passoires thermiques sont une mine d’or cachée sous une montagne de contraintes légales. Là où d’autres voient un fléau, il voit un terrain de jeu.

Passoires thermiques : la bombe à retardement qui pousse les propriétaires à vendre

La passoire thermique n’est pas qu’un concept : c’est un couperet réglementaire. Un logement classé F ou G au diagnostic de performance énergétique (DPE) entraîne un gel des loyers et une interdiction progressive de location. La loi Climat et Résilience a fixé un calendrier clair : dès 2025, les logements classés G ne pourront plus être loués, suivis en 2028 par les F.

Ces échéances deviennent des murs qui se rapprochent chaque année. Vinci Immobilier les décrit comme un compte à rebours inexorable qui pousse des milliers de propriétaires, souvent incapables de financer les travaux, à mettre leur bien en vente.

Ce contexte crée un marché où les acheteurs les plus préparés ont la main. Les vendeurs, sous pression, acceptent des négociations qu’ils auraient refusées il y a deux ans. Dans les grandes villes, on voit déjà des appartements affichés 20 % sous le prix du marché simplement parce que leur DPE est catastrophique.

Pour beaucoup, ces biens sont devenus toxiques. Pour quelques-uns, ils sont devenus des cibles.

La stratégie de l’investisseur : cibler les « pestiférés » en plein cœur de l’été

C’est au cœur du mois d’août que le marchand de biens agit. Quand les autres sont sur les routes des vacances, lui arpente les annonces et les rendez-vous de négociation. Son objectif est simple : profiter de la torpeur estivale pour avoir moins de concurrence.

La période est idéale. Les vendeurs, souvent absents ou fatigués par des mois d’inquiétude, sont enclins à accepter une offre si elle arrive avant la rentrée. La psychologie joue un rôle clé dans ces négociations estivales.

Les cibles sont identifiées avec précision. Selon une étude d’Effy, 70 % des passoires thermiques sont des appartements de moins de 60 m² construits avant 1975, avec un chauffage individuel. Ces biens, massivement présents dans les villes moyennes, sont les plus exposés à la décote et constituent une réserve de potentiel énorme.

En août, chaque appel devient une chance unique d’ouvrir la porte d’un futur chantier rentable.

Le plan d’action pour transformer un « boulet » en pépite immobilière

La méthode de ce marchand de biens est millimétrée. Elle commence dès l’offre d’achat.

Première étape : l’audit énergétique obligatoire. Depuis la loi Climat et Résilience, tout vendeur d’un bien F ou G doit fournir ce document. L’investisseur ne le voit pas comme une contrainte, mais comme un plan détaillé offert gratuitement par le vendeur. Chaque ligne devient un point de travail.

Deuxième étape : le chiffrage. Isolation, système de chauffage performant, ventilation : tout est étudié en détail. L’investisseur travaille avec un réseau d’artisans capables de donner des devis précis avant même la signature. Cette rigueur transforme un prix affiché en un projet de valorisation chiffré.

Troisième étape : l’intégration des aides publiques. Les dispositifs comme MaPrimeRenov’ viennent réduire la facture finale. Ainsi, un bien acheté avec 25 % de décote et rénové efficacement peut dégager une plus-value immédiate.

Un exemple concret : un appartement de 50 m² affiché à 150 000 €. Après négociation en août, l’achat se fait à 125 000 €. Les devis de rénovation montent à 30 000 €, dont 8 000 € pris en charge par les aides. Coût final : 147 000 €. Valeur estimée après travaux : 180 000 €. Le gain est immédiat.

« L’amateurisme est votre pire ennemi » : le conseil d’un professionnel

Marc P., chasseur de biens spécialisé dans ces opérations, ne mâche pas ses mots :

« L’opportunité est réelle, mais le piège l’est tout autant. L’erreur que je vois le plus souvent est une sous-estimation du budget travaux de 20 à 30 %. On ne se lance pas dans l’achat d’une passoire avec une simple estimation au doigt mouillé. Sans un audit détaillé et des devis d’artisans fiables avant la signature, la bonne affaire se transforme en cauchemar financier. C’est là que se joue toute la rentabilité. »

Son constat est clair : la méthode protège l’investisseur de l’euphorie et des illusions.

Les points clés à retenir pour acheter une passoire thermique sans se tromper

  • La pression réglementaire (interdictions en 2025 et 2028) est votre meilleur allié pour la négociation.
  • Ciblez les appartements d’avant 1975, souvent délaissés par le marché.
  • Profitez du mois d’août pour négocier agressivement : moins d’acheteurs, plus d’opportunités.
  • Basez votre offre sur des devis précis établis à partir de l’audit énergétique obligatoire.

Les plus grandes fortunes immobilières de demain naissent là où les autres voient des problèmes. Les passoires thermiques sont une épreuve de rigueur : ceux qui s’en détournent laissent la voie libre à ceux qui savent transformer une faiblesse en opportunité.

Et vous, avez-vous déjà visité une passoire thermique ? Partagez vos expériences ou vos questions en commentaire et faites circuler cet article à un investisseur qui cherche sa prochaine pépite.

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