MaPrimeRénov’ par geste : six travaux menacés de perdre l’aide au 1er septembre 2026

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Le gouvernement veut resserrer nettement MaPrimeRénov’. Un projet de décret et d’arrêté prévoit de retirer six types de travaux du parcours « par geste » de l’aide à la rénovation énergétique, avec une entrée en vigueur visée au 1er septembre 2026. Concrètement, ces travaux ne seraient plus finançables s’ils sont réalisés seuls : il faudrait les intégrer à une rénovation plus globale pour conserver l’aide.

Le 2 juillet 2026, le Conseil national de l’habitat (CNH) a rendu un avis défavorable à ce projet, selon la presse spécialisée. Mais cet avis reste purement consultatif : le gouvernement peut publier les textes malgré ce vote. À l’approche de l’échéance, ils ne sont toujours pas parus au Journal officiel, ce qui place propriétaires et bailleurs dans l’incertitude, en particulier dans les départements à l’habitat ancien comme le Calvados.

En bref

  • Le gouvernement veut retirer 6 types de travaux du parcours « par geste » de MaPrimeRénov’ au 1er septembre 2026 (projet).
  • Sont visés : isolation de toiture et de combles, fenêtres, VMC, chauffe-eau thermodynamique, chauffage au bois et systèmes solaires.
  • Le Conseil national de l’habitat a voté contre le 2 juillet 2026, mais son avis n’est que consultatif.
  • À ce jour, les textes ne sont pas encore publiés au Journal officiel : la liste et le calendrier définitifs restent à confirmer.
  • Déposer sa demande avant l’entrée en vigueur permet, en principe, de rester soumis aux règles actuelles.

Ce que prévoit le projet : six gestes sortis du « par geste »

Le parcours « par geste » permet aujourd’hui de financer un ou plusieurs travaux réalisés isolément : changement de chauffage, isolation, ventilation. C’est ce parcours que le gouvernement veut recentrer, en réservant l’aide aux projets qui font réellement gagner des classes énergétiques. Selon le projet de texte, six familles de travaux ne seraient plus éligibles en geste seul :

  • l’isolation des toitures et des combles (rampants, plafonds de combles, toitures-terrasses) ;
  • le remplacement des fenêtres (parois vitrées) ;
  • la ventilation mécanique contrôlée (VMC) double flux ;
  • le chauffe-eau thermodynamique ;
  • le chauffage au bois (poêles et inserts à bûches ou à granulés) ;
  • les systèmes solaires (chauffe-eau solaire, chauffage solaire combiné), hors Outre-mer.

Resteraient finançables en geste seul, pour l’essentiel, les pompes à chaleur, le raccordement à un réseau de chaleur et la dépose d’une cuve à fioul. Pour tous les autres travaux, le message de l’État est clair : passer par une rénovation d’ampleur, c’est-à-dire un bouquet de travaux permettant un gain d’au moins deux étiquettes au diagnostic de performance énergétique. Nous avions détaillé cette logique de recentrage dans notre décryptage du coup de rabot 2026.

Un projet retoqué par le Conseil national de l’habitat, mais pas enterré

Le 2 juillet 2026, le Conseil national de l’habitat, l’instance qui réunit les acteurs du logement, a donné un avis défavorable au décret et à l’arrêté réduisant la liste des travaux éligibles au parcours par geste. Les organisations d’artisans, en premier lieu, redoutent un coup d’arrêt sur les chantiers de rénovation les plus courants.

Cet avis ne bloque toutefois pas la réforme, car il est consultatif. Le gouvernement conserve la main pour publier les textes en l’état, les amender ou décaler leur entrée en vigueur. C’est la parution au Journal officiel qui fixera la liste définitive des travaux exclus et la date exacte d’application. Tant que cette publication n’a pas eu lieu, les règles actuelles du parcours par geste continuent de s’appliquer.

Ce qui a déjà changé en 2026, et ce qui vient en 2027

Ce tour de vis s’ajoute à une série de restrictions déjà actées et publiées sur le portail du ministère de l’Économie :

ÉchéanceCe qui change pour le parcours par geste
23 février 2026Réouverture du guichet MaPrimeRénov’ à l’ensemble des ménages et des parcours.
Depuis le 1er janvier 2026L’isolation des murs et les chaudières biomasse ne sont plus financées.
1er septembre 2026 (projet)Retrait envisagé de six gestes : toiture et combles, fenêtres, VMC, chauffe-eau thermodynamique, bois, solaire.
1er janvier 2027Les maisons individuelles classées F ou G perdent l’accès au parcours par geste et basculent vers la rénovation d’ampleur.

En Normandie, un parc ancien en première ligne

La liste des gestes menacés vise précisément les travaux les plus courants dans le bâti ancien. Or, dans le Calvados et à Caen, une large part des logements a été construite avant les premières réglementations thermiques : maisons en pierre, combles à isoler, fenêtres en simple vitrage, chauffage au bois encore répandu. Ce sont exactement les postes que le projet sortirait du parcours par geste. Les propriétaires normands qui comptaient financer une isolation de combles ou un changement de fenêtres au coup par coup figurent donc parmi les premiers concernés.

Pour un bailleur dont le bien est mal noté, l’enjeu est double : financer les travaux avant que les aides ne se referment, et éviter le calendrier d’interdiction de location. Améliorer son diagnostic de performance énergétique devient une priorité patrimoniale, en particulier pour une passoire thermique difficile à louer ou à revendre. Nous avons détaillé les dispositifs mobilisables et les pièges à éviter dans notre guide sur le financement des travaux de rénovation dans le Calvados.

Propriétaires et bailleurs : que faire d’ici septembre ?

Trois réflexes s’imposent pour ne pas subir le calendrier.

  • Anticiper le dépôt. Un dossier déposé avant l’entrée en vigueur des nouveaux textes reste, en principe, soumis aux règles applicables au moment du dépôt. Pour un geste menacé (isolation des combles, fenêtres, VMC), déposer sa demande sans attendre sécurise l’aide.
  • Étudier la rénovation d’ampleur. Si plusieurs travaux sont envisagés, les regrouper peut ouvrir droit à une aide plus élevée et rester éligible après septembre, contrairement au geste isolé.
  • Mobiliser les autres dispositifs. Au-delà de MaPrimeRénov’, l’éco-prêt à taux zéro (jusqu’à 50 000 €), les certificats d’économies d’énergie et la TVA à 5,5 % restent des leviers pour financer un chantier.

Ce resserrement des aides renforce la logique d’un investissement locatif pensé sur le long terme, où la performance énergétique du bien conditionne autant sa rentabilité que sa valeur à la revente. La prudence reste de mise : les montants et conditions ne seront figés qu’une fois les textes publiés, et toute décision de travaux gagne à être validée avec un conseiller France Rénov’ ou un professionnel RGE.

Information générale à jour au 23 juillet 2026. Le projet de décret et d’arrêté n’est pas encore publié au Journal officiel : la liste des travaux exclus et la date d’application peuvent évoluer. Vérifiez les règles en vigueur sur France Rénov’ avant d’engager des travaux.

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