Depuis le 1er janvier 2025, des centaines de milliers de bailleurs sont coincés avec un logement classé G qu’ils n’ont plus le droit de remettre en location. Beaucoup ont laissé leur bien vide, faute de pouvoir financer des travaux lourds. Une nouvelle réforme pourrait rebattre les cartes.
Le gouvernement a présenté un projet de loi qui autoriserait, sous condition, à relouer un logement F ou G. Voici ce qui se prépare, les délais envisagés et ce que vous pouvez déjà faire.
En bref
- Les logements classés G sont interdits à la location depuis le 1er janvier 2025, les F le seront en 2028 et les E en 2034.
- Le projet de loi « Relance logement » permettrait de relouer un F ou un G à condition de signer un engagement de travaux, avec un délai de 3 ans pour une maison et 5 ans pour un appartement en copropriété.
- Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de l’électricité dans le calcul du DPE est passé de 2,3 à 1,9 : environ 850 000 logements sont sortis du statut de passoire sans le moindre travaux.
- Le texte n’est pas encore voté : il doit passer au Parlement à l’été 2026.
Où en est l’interdiction de louer un logement F ou G ?
La loi Climat et Résilience a programmé un retrait progressif des passoires thermiques du marché locatif. Concrètement, un logement dont le diagnostic de performance énergétique (DPE) affiche la lettre G ne peut plus faire l’objet d’un nouveau bail depuis le 1er janvier 2025. Les logements F suivront en 2028, puis les E en 2034.
Pour un propriétaire bailleur, cela signifie qu’un bien énergivore devient juridiquement « indécent » et ne peut plus être loué tant que sa note ne remonte pas. C’est exactement la situation que nous détaillons dans notre guide pour relouer une passoire thermique classée F ou G.
Ce que prévoit la réforme « Relance logement »
Le projet de loi présenté au printemps 2026 propose un assouplissement attendu : un propriétaire pourrait de nouveau louer un logement F ou G à condition de s’engager dans un parcours de rénovation. En clair, vous signez un contrat avec une entreprise de travaux et vous disposez d’un délai pour atteindre le niveau requis.
Les délais envisagés sont de 3 ans pour une maison individuelle et de 5 ans pour un appartement en copropriété, où les décisions dépendent du syndicat. Attention toutefois : ce texte n’est pas encore adopté et devra franchir le Parlement à l’été 2026. Rien n’est définitif tant que la loi n’est pas promulguée.
DPE 2026 : 850 000 logements sortis sans travaux
Une autre nouveauté joue déjà en faveur des bailleurs. Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l’électricité utilisé dans le calcul du DPE est passé de 2,3 à 1,9. Cet ajustement technique a fait remonter mécaniquement la note d’environ 850 000 logements chauffés à l’électricité, qui ne sont plus comptés comme des passoires.
Si votre bien est concerné, il peut être utile de faire réaliser un nouveau DPE : la lettre obtenue depuis 2026 peut suffire à débloquer la location. Pour financer d’éventuels travaux complémentaires, pensez aux aides comme MaPrimeRénov en 2026.
Le calendrier des interdictions de location
| Classe DPE | Interdiction de nouvelle location | Situation |
|---|---|---|
| G | Depuis le 1er janvier 2025 | Zone rouge : interdit (sauf futur assouplissement) |
| F | 1er janvier 2028 | Zone orange : sursis, anticiper les travaux |
| E | 1er janvier 2034 | Zone à surveiller |
| A à D | Aucune | Zone verte : location libre |
Ce que vous devez faire maintenant
Trois réflexes utiles selon votre situation. Si votre logement est classé G et bloqué, demandez un DPE actualisé : le nouveau calcul 2026 peut suffire. S’il reste en F ou G, chiffrez un parcours de travaux (isolation, chauffage) et conservez les devis, qui seront la clé du futur dispositif. Enfin, surveillez l’adoption de la loi avant de prendre une décision irréversible comme une vente à perte.
« J’avais mis mon studio en vente, découragée. Le nouveau DPE l’a fait passer de G à F, et avec la réforme j’espère le relouer après une simple rénovation du chauffage », témoigne Martine, propriétaire à Limoges. De son côté, Karim, bailleur en copropriété à Lyon, reste prudent : « Cinq ans pour voter des travaux en assemblée, c’est jouable, mais j’attends que la loi soit votée avant de m’engager. »
Ressources et textes de référence
Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé. Avant toute décision, rapprochez-vous d’un diagnostiqueur certifié, de votre ADIL ou d’un professionnel de la rénovation.

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