L’Agence nationale pour l’information sur le logement (ANIL) a publié en août 2026 son indicateur des taux du troisième trimestre, qui couvre la période du 15 mai au 24 août. Sur quinze ans, les offres de prêt libre à taux fixe relevées auprès des banques partenaires s’échelonnent de 3,15 % à 4,00 %, soit 85 points de base d’écart entre le bas et le haut des offres relevées.
La remontée du trimestre est réelle, mais elle ne s’est pas répartie également. L’offre la plus basse n’a quasiment pas bougé, quand l’entrée de la fourchette haute a pris jusqu’à 48 points de base sur la même maturité.
En bref
- Sur quinze ans, l’ANIL relève des offres de prêt libre à taux fixe allant de 3,15 % à 4,00 %, soit 85 points de base d’écart.
- Le bas de la fourchette basse ne prend que 5 points de base sur quinze ans (3,10 à 3,15 %), quand le bas de la fourchette haute en prend 48 (3,17 à 3,65 %).
- L’écart total atteint 90 points de base sur vingt ans et 95 points de base sur vingt-cinq ans.
- L’OAT à 10 ans est passée de 3,81 % à 4,09 % entre les deux trimestres, soit 28 points de base.
- Les données proviennent de cinq établissements : Caisse d’Épargne, Crédit Agricole, Crédit Mutuel, La Banque Postale et LCL.
Une remontée que l’ANIL qualifie de contenue
Le constat de l’agence est mesuré : « Au troisième trimestre 2026, les taux immobiliers enregistrent une légère remontée sur l’ensemble des maturités. Les évolutions restent toutefois contenues et traduisent davantage des ajustements progressifs qu’un véritable retournement de tendance. » L’ANIL ne publie pas une moyenne mais des fourchettes, ce qui change tout à la lecture : son mode d’emploi précise que « les offres de prêt libre taux fixe les plus basses pour un crédit immobilier sur 15 ans sont comprises entre 3,15 % et 3,55 %, selon les organismes de crédit ».
Autrement dit, même les meilleures offres varient de 40 points de base d’une banque à l’autre. C’est une information que ne donne aucune moyenne de marché, et elle vaut d’être rapprochée du taux moyen de 3,31 % relevé par l’Observatoire Crédit Logement, qui mesure un objet différent : une moyenne constatée sur des dossiers réalisés, et non l’amplitude des barèmes proposés.
L’entrée de la fourchette haute a pris jusqu’à 48 points de base
En rapprochant le deuxième et le troisième trimestre, la dispersion saute aux yeux. Sur quinze ans, l’offre la plus basse passe de 3,10 à 3,15 %, soit 5 points de base. Sur la même durée, l’entrée de la fourchette haute passe de 3,17 à 3,65 %, soit 48 points de base. L’écart se reproduit sur les autres maturités : 10 points de base contre 42 sur vingt ans, 20 contre 38 sur vingt-cinq ans.
| Durée | Offres les plus basses (T3 2026) | Offres les plus hautes (T3 2026) | Écart total |
|---|---|---|---|
| 15 ans | 3,15 % à 3,55 % | 3,65 % à 4,00 % | 85 points de base |
| 20 ans | 3,25 % à 3,75 % | 3,75 % à 4,15 % | 90 points de base |
| 25 ans | 3,35 % à 3,80 % | 3,85 % à 4,30 % | 95 points de base |
Le plafond, lui, n’a pas bougé sur les durées courtes : la borne haute reste à 4,00 % sur quinze ans et à 4,15 % sur vingt ans, d’un trimestre à l’autre. Comparer plusieurs établissements a donc un effet mesurable : sur quinze ans, les offres les plus basses varient déjà de 40 points de base « selon les organismes de crédit », ce que permet précisément la mise en concurrence de plusieurs banques.
La tension obligataire explique le mouvement, pas la dispersion
L’ANIL relie la remontée au marché de la dette souveraine : « Cette évolution intervient dans un contexte de tensions sur les marchés obligataires, avec une remontée de l’OAT à 10 ans, passée de 3,81 % à 4,09 %. » Soit 28 points de base, à comparer aux 48 points pris par le bas de la fourchette haute sur quinze ans.
L’agence ajoute que « Les banques continuent néanmoins de privilégier des conditions de financement attractives pour soutenir la production de crédits, notamment pour capter les emprunteurs à l’approche de la rentrée de septembre », et que « La hausse des taux d’usure au 1er juillet contribue par ailleurs à préserver la fluidité du marché ».
Prêt libre ou prêt d’accession sociale, des barèmes distincts
L’indicateur suit deux familles de prêts : « Les prêts "libres" à taux fixe et les prêts d’Accession Sociale/PAS (conventionnés, garantie du FGAS) ». Les deux ne se comportent pas de la même manière. Sur vingt-cinq ans, le haut des offres les plus basses atteint 4,03 % en PAS contre 3,80 % en prêt libre au même trimestre. Les deux familles ne se jugent donc pas sur le seul taux nominal.
Reste que l’allongement de la durée, présenté par l’ANIL comme « un levier important pour préserver la capacité d’emprunt des ménages », se paie : entre quinze et vingt-cinq ans, l’offre la plus basse passe de 3,15 à 3,35 %. Ce calcul de capacité d’emprunt est le même que celui qui détermine la surface accessible pour une mensualité donnée, et il mérite d’être posé avant de signer plutôt qu’après. Les mécanismes de calcul sont détaillés dans notre guide du crédit immobilier.
Cet article présente des informations générales sur les conditions de crédit constatées et ne constitue pas un conseil en financement. Les taux effectivement proposés dépendent de votre profil, de votre apport et de l’établissement consulté : rapprochez-vous de votre banque ou d’un courtier avant tout engagement.






