Dans ce village corse, les constructions de résidences secondaires seront bientôt interdites

Auteur : La rédaction Koliving

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À Santa Maria di Lota, ce qui semblait impensable pour des centaines d’investisseurs immobiliers est en train de devenir réalité : dès le 1er janvier 2026, toute nouvelle construction devra obligatoirement être une résidence principale. Et la loi ne prévoit pas d’exceptions. Pour la première fois en Corse, une commune impose une telle servitude dans son plan local d’urbanisme. Exit les achats de résidences secondaires, même haut de gamme. Un choix politique fort, qui risque de faire grincer des dents — et de vider quelques portefeuilles bien remplis.

Quand la loi Le Meur devient une arme anti-spéculation

Santa Maria di Lota n’a pas attendu l’État pour taper fort. En adoptant les dispositions de la loi Le Meur, la commune s’est offert un bouclier juridique inédit. Deux leviers sont enclenchés : l’interdiction de construire autre chose que des résidences principales, et l’encadrement strict des meublés de tourisme.

Cette double stratégie vise un objectif clair : bloquer l’explosion des résidences secondaires et stopper l’effet domino de la spéculation foncière. Car entre 1999 et 2022, leur nombre a été multiplié par plus de deux. Et selon le maire, aucune vente en 2024 n’était destinée à devenir une résidence principale.

Derrière ce basculement, une conviction : le modèle Airbnb a défiguré l’économie locale. Les investisseurs immobiliers transforment les moindres mètres carrés disponibles en locations saisonnières ultra-rentables, au détriment des jeunes actifs qui ne trouvent plus à se loger.

Servitude de résidence principale : une révolution dans le PLU

C’est la mesure qui va faire mal aux investisseurs. À partir de janvier, toute construction dans la commune devra être occupée à l’année. Plus question d’acheter un terrain pour y bâtir une villa de vacances ou un petit programme de cinq logements à destination touristique. Même dans les zones jusque-là dévolues à l’accueil des visiteurs, la règle sera la même.

Cette servitude, intégrée directement dans le plan local d’urbanisme, redéfinit l’essence même du foncier dans la commune. En clair : ce n’est plus la destination touristique qui fait la valeur, c’est la capacité à loger durablement.

Un promoteur immobilier, sous couvert d’anonymat, confie : « Cette décision change complètement le calcul. Le foncier n’est plus rentable pour des résidences secondaires. On va devoir sortir de Santa Maria di Lota. »

Encadrement des meublés : la fin de l’or numérique local

Autre bombe pour les investisseurs : la durée de location des résidences principales est ramenée de 120 à 90 jours par an. Un signal fort envoyé à tous ceux qui pensaient pouvoir jouer sur les deux tableaux — résidence principale déclarée, mais louée la moitié de l’année sur Airbnb ou Booking.

Le maire l’assume : il s’agit de freiner l’optimisation touristique, devenue une mécanique bien rodée. Certains acquéreurs achètent avec un prêt classique en résidence principale, mais basculent ensuite en location saisonnière pour gonfler leur cash-flow.

Dans ce système, c’est le contribuable qui trinque : exonérations injustifiées, niches fiscales détournées, et explosion des prix du m² à l’achat.

Résistances politiques et fissures locales

La décision n’a pas fait l’unanimité. Georgia Figarella, du groupe Unione Ecologica, soulève une objection de fond : « Beaucoup de ces résidences secondaires sont détenues par des gens du village, partis vivre sur le continent, qui veulent juste revenir de temps en temps. »

Ce point divise. Entre droit au retour et droit au logement pour les résidents permanents, la commune a tranché : la priorité va aux ménages qui vivent à l’année. Un pari assumé, même si la disponibilité foncière reste très limitée.

« Ce ne sera pas une révolution rapide, mais c’est un virage idéologique puissant », souligne Joël Giorico, élu de la majorité. Le temps dira si ce virage se transforme en jurisprudence locale — ou en modèle pour d’autres villes touristiques à bout de souffle.

Un précédent explosif pour le marché immobilier corse

Santa Maria di Lota n’est que le début. Bonifacio s’apprête à suivre, dès que son PLU sera validé. Et derrière, d’autres communes observent, prêtes à dégainer. L’immobilier de villégiature en Corse est sous tension, mais jusqu’ici rien ne freinait vraiment la machine.

Avec cette décision, les investisseurs se retrouvent face à un risque juridique inédit. Acheter du foncier sans pouvoir le rentabiliser par la location saisonnière, c’est un modèle qui s’effondre.

Les professionnels du secteur s’inquiètent déjà. Le marché secondaire va-t-il se figer ? Les prix vont-ils chuter ? Un notaire de Bastia glisse : « Cette loi est un vrai tournant. Elle pourrait rebattre les cartes du rendement locatif insulaire. »

Et vous, que pensez-vous de cette mesure radicale ? Faut-il interdire les résidences secondaires dans les zones tendues ? Avez-vous déjà été impacté par ce type de restriction dans vos investissements ? Dites-le-nous en commentaire ou partagez cet article autour de vous.

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