Partir en vacances l’esprit léger suppose de ne pas retrouver, au retour, des inconnus installés chez soi. Le squat d’un logement laissé vide est une hantise estivale, souvent nourrie par des récits de procédures interminables. La réalité est plus rassurante : avec quelques réflexes de prévention et une procédure express bien connue, le risque se maîtrise.
La meilleure protection reste la prévention : ne pas afficher son absence en ligne, faire surveiller le logement, sécuriser les accès et garder ses preuves de propriété à portée de main. Si malgré tout vous découvrez un squat, la procédure de l’article 38 de la loi DALO permet de saisir le préfet, qui peut ordonner une évacuation forcée sous quelques jours, sans trêve hivernale. La rapidité de réaction est décisive.
Pourquoi un logement vide devient une cible
Un logement manifestement inoccupé pendant plusieurs semaines, dont la boîte aux lettres déborde et dont les volets restent clos en permanence, envoie un signal aux squatteurs. Les résidences secondaires, ainsi que les biens en cours de succession ou de vente, souvent vides, sont particulièrement exposés l’été. Une intrusion n’a rien d’une fatalité pour autant : la grande majorité des squats s’évitent en supprimant les signes d’absence et en compliquant l’accès, par des mesures simples et peu coûteuses à mettre en place avant le départ.
Les bons réflexes avant de partir
Cinq précautions réduisent fortement le risque. Prises ensemble, elles transforment une cible facile en logement dissuasif :
- Ne signalez pas votre absence sur les réseaux sociaux : une photo de vacances géolocalisée renseigne sur un logement vide. Publiez au retour.
- Faites relever le courrier régulièrement par un proche ou un service dédié, pour ne pas laisser s’accumuler les signes d’absence.
- Demandez à un voisin de confiance d’ouvrir et fermer les volets, de passer de temps en temps : une apparence de vie suffit souvent à dissuader.
- Sécurisez les accès avec une serrure de qualité et, idéalement, une alarme ou un détecteur connecté qui vous alerte en temps réel.
- Rassemblez vos preuves de propriété (titre, factures, photos de l’intérieur) : en cas de problème, vous gagnerez un temps précieux pour enclencher la procédure.
Si vous découvrez un squat : réagir vite et bien
Si le pire arrive, ne tentez surtout pas d’expulser vous-même les occupants ni de changer la serrure : ce serait une voie de fait sanctionnable, qui se retournerait contre vous. La procédure de l’article 38 de la loi DALO permet d’agir vite et légalement : déposez plainte pour violation de domicile, faites constater l’occupation par un officier de police judiciaire, le maire ou un commissaire de justice, puis saisissez le préfet. Celui-ci décide sous 48 heures et peut ordonner une évacuation forcée, sans suspension par la trêve hivernale. Tout le détail figure dans notre article dédié à la procédure pour récupérer un logement squatté.
Gardez en tête le cadre : la violation de domicile est un délit puni jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende. Le squatteur n’a pas, contrairement à une légende tenace, des droits supérieurs à ceux du propriétaire, à condition de réagir sans attendre. C’est d’ailleurs ce qui distingue le squat de l’expulsion d’un locataire défaillant, soumise, elle, à la trêve hivernale.
Information à caractère général ne constituant pas un conseil personnalisé ; en cas de squat, déposez plainte sans délai et rapprochez-vous d’un commissaire de justice ou d’un avocat.

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