Vous rêvez de transformer votre deux-pièces avec vue sur Notre-Dame-de-la-Garde en machine à cash estivale ? Avant de publier votre annonce sur Airbnb, un conseil : ouvrez les yeux et le Code de l’urbanisme. Car à Marseille, la chasse aux meublés de tourisme illégaux est bel et bien ouverte, et l’été 2025 s’annonce brûlant, autant sur les plages qu’en préfecture.
Marseille face au boom des locations saisonnières
Dans le centre-ville, autour du Vieux-Port, mais aussi dans les quartiers prisés comme Endoume, Le Panier ou les Catalans, la présence d’Airbnb a explosé. La municipalité évoque plus de 12 000 meublés touristiques actifs, un chiffre qui dépasse de loin les locations traditionnelles disponibles à l’année. Résultat : les loyers flambent, les habitants fuient, et la mairie tape du poing sur la table.
Jean-Marc Durbec, adjoint au maire en charge du logement, ne mâche pas ses mots : « Ce n’est pas aux plateformes de dicter la loi sur le logement à Marseille. » La ville s’est donc dotée d’un arsenal juridique musclé pour contenir le phénomène.
Un locataire témoigne : « Mon propriétaire a repris l’appart pour ‘usage personnel’. Deux semaines plus tard, il était sur Airbnb à 140 € la nuit. »
Le cadre légal marseillais : un dédale de règles à suivre
Depuis juillet 2022, Marseille a instauré l’obligation de changement d’usage pour toute résidence secondaire transformée en meublé touristique. Traduction : si vous souhaitez louer un bien qui n’est pas votre résidence principale, vous devez faire une demande à la mairie, obtenir un numéro d’enregistrement et parfois… compenser par la transformation d’un local commercial en logement.
La règle est encore plus corsée dans les arrondissements centraux (1er au 7e), où la pression immobilière est la plus forte. Là, une autorisation est délivrée au compte-goutte, sauf si vous compensez mètre carré pour mètre carré.
Et même pour votre résidence principale, la limite de 120 jours par an s’applique strictement. Les contrôles sont fréquents et les sanctions grimpent jusqu’à 50 000 € d’amende pour les infractions les plus graves.
Une rentabilité en chute libre ?
Avec des prix d’achat qui dépassent parfois 5 000 €/m² dans les secteurs les plus touristiques, et une saisonnalité de plus en plus imprévisible, la promesse de rentabilité s’effrite. Le remplissage n’est plus garanti, et les charges explosent entre frais de ménage, commissions Airbnb (jusqu’à 15 %), et éventuels travaux de remise aux normes.
Prenons un exemple concret : un T2 de 45 m² dans le 7e, loué 120 €/nuit en haute saison, pourrait rapporter 10 000 à 12 000 € brut sur quatre mois. Mais une fois déduits les impôts (régime micro-BIC ou réel), l’entretien, et les périodes creuses, la rentabilité nette dépasse rarement 3 à 4 %. Pas si miraculeux.
Une propriétaire, Amel, raconte : « Je pensais faire un carton avec mon appart à Castellane. Mais entre la régulation, les frais, et la concurrence, j’ai fini par revenir à la location classique. »
Un marché saturé… et ultra-concurrentiel
Marseille attire, certes, mais le nombre d’annonces ne cesse d’augmenter, parfois sans respect des règles. En 2024, plus de 60 % des annonces marseillaises sur Airbnb n’étaient pas en règle. Une jungle dans laquelle seuls les mieux préparés survivent.
Les professionnels de la conciergerie locale, comme Bnbsitter ou HostnFly, observent eux aussi un retournement : « Avant, on refusait des clients. Aujourd’hui, on leur dit de bien réfléchir. La différence se joue sur la déco, l’accueil, et la régularité. »
Les touristes, eux, sont devenus plus exigeants. Et une mauvaise note suffit à ruiner un été.
Vers une stratégie hybride ?
Face à la complexité, de nombreux hôtes marseillais optent désormais pour une stratégie locative hybride. Résidence principale louée ponctuellement en été, bien secondaire basculé en colocation meublée hors saison, ou même retour à la location longue durée pour éviter les complications.
Certains investissent aussi dans des zones moins régulées autour de Marseille : Aubagne, La Ciotat, Cassis, où la pression touristique reste forte mais la réglementation plus souple.
Une piste à creuser pour celles et ceux qui veulent encore miser sur le tourisme sans tomber sous le radar des inspecteurs.
Ce que je retiens de cette saison Airbnb à Marseille
Le rêve du cash-flow rapide via Airbnb à Marseille se heurte aujourd’hui à la réalité réglementaire et économique. Le contexte est clair : la ville veut reloger ses habitants, pas enrichir les multipropriétaires estivaux. La rentabilité reste possible, mais elle demande un sens stratégique affûté, une rigueur juridique irréprochable et une gestion ultra-professionnelle.
À mes yeux, Airbnb à Marseille peut encore fonctionner – mais plus comme un passe-temps improvisé. Il faut désormais penser ce modèle comme une activité d’exploitation touristique à part entière, avec tout ce que cela implique : fiscalité, gestion, réglementation, professionnalisme. Sinon ? Mieux vaut fuir la lumière crue des contrôles et viser des zones moins exposées.
Et vous, avez-vous tenté l’aventure Airbnb à Marseille ? Vos galères, vos réussites, vos astuces : venez partager en commentaire. Parlons cash, parlons vrai.

Entrepreneur et investisseur, je vous partage mon expérience dans le domaine de l’investissement immobilier. Pensez à me suivre sur mes réseaux !
