Plus-values immobilières : Le nouveau coup de massue fiscal qui touche les propriétaires

Auteur : Laurent Carbonnet

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Vendre un bien immobilier en 2025 risque de devenir bien moins avantageux qu’auparavant. La dernière loi de finances vient de durcir la fiscalité des plus-values, réduisant drastiquement certains avantages fiscaux. Entre la réintégration des amortissements dans le calcul des plus-values pour les locations meublées et la fin d’un régime dérogatoire en Corse, les propriétaires doivent s’attendre à une hausse de leur imposition. Seule l’exonération sur les surélévations bénéficie d’un sursis. Décryptage des trois changements majeurs qui vont impacter les transactions immobilières.

Locations meublées : une plus-value artificiellement gonflée

Jusqu’ici, les propriétaires de biens loués en meublé non professionnel (LMNP) profitaient d’un calcul avantageux lors de la revente. La plus-value était déterminée sur la base du prix d’acquisition sans tenir compte des amortissements pratiqués durant la période de détention. Ce dispositif permettait d’optimiser la fiscalité en réduisant artificiellement le gain imposable.

À compter du 15 février 2025, la donne change. Le montant des amortissements devra être réintégré dans le calcul de la plus-value, réduisant mécaniquement le prix d’achat retenu et augmentant l’imposition en cas de revente. L’objectif affiché est clair : limiter l’attrait des locations meublées, notamment dans les zones tendues où la pression locative est forte.

Si cette réforme pénalise de nombreux investisseurs, certaines catégories de biens en sont exemptées, notamment les résidences étudiantes, les établissements pour personnes âgées et certains logements sociaux. Mais pour le reste du marché, cette modification pourrait entraîner un changement de stratégie d’investissement immobilier. Plutôt que de vendre, les propriétaires pourraient privilégier l’investissement locatif en Corse.

Surélévations : un dernier sursis fiscal jusqu’en 2026

Dans un contexte où les niches fiscales se raréfient, une bonne nouvelle subsiste : la prolongation de l’exonération sur les plus-values de cession des droits de surélévation. Initialement prévue pour disparaître, cette mesure est finalement maintenue jusqu’au 31 décembre 2026.

Ce dispositif, instauré en 2011, encourage la densification urbaine en facilitant la construction verticale sur des immeubles existants. Toutefois, l’acquéreur du droit de surélévation devra respecter un engagement strict : achever les logements dans un délai de quatre ans. En cas de non-respect, une pénalité de 25 % du prix de cession sera appliquée, sauf en cas d’imprévu majeur comme une invalidité, un licenciement ou un décès.

Cette prolongation temporaire constitue une opportunité pour ceux qui envisagent des projets de surélévation, mais le temps presse. À partir de 2027, ce levier d’optimisation fiscale pourrait disparaître définitivement.

Corse : la fin d’un avantage fiscal historique

L’abattement de 60 % sur les plus-values immobilières en Corse appartient désormais au passé. Jusqu’à présent, les ventes de biens situés dans certaines communes de l’île bénéficiaient d’une fiscalité allégée. Cette dérogation disparaît avec la loi de finances 2025, réintégrant ces transactions dans le régime général applicable sur le reste du territoire.

Cette suppression risque d’avoir un impact direct sur le marché immobilier corse. Certains propriétaires, anticipant la fin de cet avantage, pourraient accélérer leurs ventes avant l’entrée en vigueur du nouveau régime. D’autres, au contraire, pourraient revoir leurs prix à la baisse pour compenser cette fiscalité plus lourde.

Si les biens corses redeviennent éligibles aux exonérations de droit commun, l’attrait fiscal spécifique de l’île s’estompe. À long terme, cela pourrait modifier l’équilibre entre acheteurs et vendeurs et ralentir certaines transactions.

Le durcissement de la fiscalité des plus-values immobilières en 2025 marque un tournant pour de nombreux investisseurs. Entre alourdissement des taxes sur les locations meublées et suppression d’un régime fiscal avantageux en Corse, les arbitrages patrimoniaux vont devoir évoluer. Parce que vendre un bien coûtera plus cher, anticiper ces nouvelles règles devient une nécessité absolue.

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