François Bayrou, lors de la REF 2025, a posé une pierre angulaire dans la relance de l’investissement locatif : un statut fiscal du bailleur privé pourrait être défini le 8 septembre. Pour les investisseurs privés et les propriétaires bailleurs, le timing est critique, les enjeux considérables, et l’opportunité stratégique.
Le signal politique que les investisseurs attendaient
Le Premier ministre ne s’était jamais montré aussi clair. Lors de sa prise de parole à la Rencontre des Entrepreneurs de France, François Bayrou a affirmé que la création d’un statut fiscal du bailleur privé serait incluse dans sa déclaration de politique générale. Un signal direct à destination des investisseurs locatifs, largement délaissés depuis la fin du dispositif Pinel.
Il faut dire que la crise du logement s’est installée durablement depuis trois ans. Désormais, sans incitation fiscale, les investisseurs privés ne prennent plus le risque de financer des biens destinés à la location nue. Et sans eux, les programmes des promoteurs ne sortent pas de terre : pas de pré-commercialisation, pas de financement bancaire.
Marc, investisseur dans le neuf à Rennes, confirme : « Tant que je ne vois pas de mesures concrètes, je garde ma trésorerie. Le rapport rendement/risque n’a plus de sens aujourd’hui. »
La création de ce statut est donc bien plus qu’un geste politique. C’est une bouée fiscale pour relancer un secteur asphyxié.
Un dispositif d’amortissement au cœur du projet
La définition proposée par les parlementaires Marc-Philippe Daubresse et Mickaël Cosson est limpide : permettre l’amortissement fiscal de tout investissement immobilier locatif à compter du 1er décembre 2025.
Autrement dit, pendant 20 ans, un propriétaire pourrait déduire annuellement de ses revenus locatifs un pourcentage de la valeur de son bien. Le taux recommandé ? 5% pour un logement neuf, 4% dans l’ancien si des travaux à hauteur de 15% du prix sont engagés.
Le changement de paradigme est total. Là où les dispositifs passés imposaient des contraintes (zonage, plafonds de loyers, durée d’engagement), celui-ci pourrait offrir une flexibilité nouvelle aux bailleurs.
L’avantage ? Un impact immédiat sur le cash-flow : moins d’impôt sur les revenus locatifs, donc un investissement qui s’autofinance mieux. Et potentiellement, un retour des investisseurs sur des zones délaissées, comme le centre de villes moyennes.
Une mesure encore incertaine, mais stratégiquement incontournable
Attention néanmoins à ne pas vendre la mèche trop tôt. Le 8 septembre, le gouvernement doit encore obtenir la confiance de l’Assemblée nationale. Or certains proches du dossier le reconnaissent : le risque de chute du gouvernement est réel.
À ce stade, donc, il s’agit d’une annonce politique, pas encore d’un cadre fiscal voté. Mais pour les investisseurs aguerris, l’information est déjà actionnable. Se positionner dès maintenant, identifier des biens, anticiper des scénarios de fiscalité : autant d’étapes à enclencher.
Car si le projet passe, il pourrait redéfinir les règles du jeu. Et laisser sur la touche ceux qui ont attendu la promulgation pour bouger.
L’enjeu ? Être prêt à déclencher le bon achat, au bon moment, avec un plan de rentabilité rééquilibré.
Une réponse à la crise, mais pas une solution miracle
Le futur statut du bailleur privé a tout pour plaire sur le papier. Mais il n’est pas une baguette magique.
Les freins structurels restent entiers : coûts de construction en hausse, taux d’intérêt élevés, incertitudes sur la fiscalité locale, notamment la taxe foncière, qui flambe dans certaines communes. Sans oublier la méfiance envers des promesses fiscales souvent rétroactivement corrigées.
Mais si le statut est bien calibré, il pourrait enclencher un cercle vertueux : à la fois relancer la construction, soulager les propriétaires, fluidifier le marché et répondre à la tension sur le logement étudiant.
Le retour du bailleur comme partenaire actif de la politique du logement serait alors une révolution autant qu’une réparation.
