Vous rêvez de vous lancer dans l’achat-revente immobilier ? Créer une société de marchand de biens représente une opportunité en or pour développer une activité rentable dans l’immobilier. Avec plus de 6 500 entreprises actives en France dans ce secteur, le marché offre de belles perspectives pour les entrepreneurs motivés. Mais attention, monter sa structure demande une préparation minutieuse et des choix stratégiques cruciaux.
L’essentiel à retenir avant de vous lancer
- Statut juridique : SASU et SAS dominent le marché grâce à leur flexibilité
- Capital minimum : 1€ symbolique suffit légalement, mais prévoyez 10 000€ minimum en pratique
- Fiscalité avantageuse : frais de notaire réduits (2–3 % contre 8 % pour les particuliers)
- Inscription obligatoire : RCS et déclaration d’activité commerciale indispensables
- Délai de création : 2 à 4 semaines selon la complexité du dossier
Pourquoi créer une société plutôt qu’exercer en nom propre ?
Franchement, la question mérite d’être posée. Exercer en tant que marchand de biens sous forme sociétaire présente des avantages considérables par rapport au statut d’auto-entrepreneur ou d’entreprise individuelle.
D’abord, la protection de votre patrimoine personnel. Avec une société, vos biens personnels restent à l’abri en cas de difficultés. C’est un filet de sécurité non négligeable quand on sait que l’activité de marchand de biens implique des investissements conséquents.
Ensuite, l’optimisation fiscale. Une structure sociétaire vous permet de jouer sur plusieurs tableaux : rémunération, dividendes, charges déductibles… Les possibilités d’optimisation sont bien plus larges qu’en nom propre.
Enfin, la crédibilité face aux partenaires. Banques, notaires, vendeurs… tous préfèrent traiter avec une société établie plutôt qu’avec un particulier. Ça ouvre des portes, croyez-moi.
Quel statut juridique choisir pour votre société de marchand de biens ?
Voilà le cœur du sujet. Le choix du statut juridique du marchand de biens conditionne tout le reste : fiscalité, responsabilité, fonctionnement… Passons en revue les options principales.
La SASU : la favorite des marchands de biens
La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) cartonne chez les marchands de biens, et pour cause. Avec un associé unique, vous gardez le contrôle total de vos décisions. Pas de cogestion compliquée, pas de conflits d’associés.
Côté responsabilité, elle est limitée aux apports. Votre patrimoine personnel reste protégé. Le capital social ? Un euro symbolique suffit légalement, même si en pratique, mieux vaut prévoir plus pour rassurer les partenaires.
Question fiscalité, vous avez le choix : impôt sur les sociétés (IS) par défaut, ou option pour l’impôt sur le revenu pendant 5 ans maximum. Cette flexibilité permet d’adapter la fiscalité à votre situation.
La SAS : pour les projets à plusieurs
Si vous montez votre projet avec des associés, la SAS (Société par Actions Simplifiée) s’impose naturellement. Elle offre une grande liberté dans l’organisation des pouvoirs et la répartition des droits.
Les statuts peuvent être sur-mesure, adaptés à votre projet spécifique. Clauses d’agrément, droit de préemption, pactes d’associés… tout est possible pour sécuriser les relations entre associés.
La SARL : plus encadrée mais rassurante
La SARL reste une option solide, surtout si vous privilégiez un cadre juridique bien balisé. Les règles de fonctionnement sont plus strictes qu’en SAS, mais aussi plus prévisibles.
Attention toutefois : la responsabilité du gérant peut être engagée plus facilement qu’en SASU/SAS. Et la fiscalité est moins flexible.
Les étapes concrètes pour créer votre société
Maintenant qu’on a posé les bases, passons aux choses sérieuses. Créer sa société de marchand de biens, c’est un parcours en plusieurs étapes qu’il faut suivre scrupuleusement.
Étape 1 : Définir votre projet et vos besoins
Avant de foncer tête baissée, prenez le temps de clarifier votre projet. Quel type de biens visez-vous ? Appartements, maisons, locaux commerciaux ? Quelle zone géographique ? Quel budget initial ?
Cette réflexion préalable conditionne le choix du statut, le montant du capital social, et même la localisation du siège social. Un projet axé sur le haut de gamme parisien n’aura pas les mêmes besoins qu’une activité de rénovation en province.
Étape 2 : Rédiger les statuts
Les statuts, c’est l’acte de naissance de votre société. Ils définissent l’objet social, le capital, les règles de fonctionnement… Bref, tout ce qui compte.
Pour l’objet social, soyez précis mais pas trop restrictif. « Achat, vente, rénovation de biens immobiliers » couvre l’essentiel, mais vous pouvez ajouter des activités connexes : gestion locative, conseil, promotion immobilière…
Le capital social mérite réflexion. Légalement, 1€ suffit, mais c’est ridicule en pratique. Comptez au minimum 10 000€ pour avoir une crédibilité minimale. Idéalement, alignez le capital sur vos besoins de trésorerie des premiers mois.
Étape 3 : Accomplir les formalités administratives
Direction le guichet unique des entreprises (anciennement CFE). Vous devrez fournir :
- Les statuts signés et paraphés
- L’attestation de dépôt des fonds (capital social)
- La déclaration de non-condamnation du dirigeant
- L’attestation de parution dans un journal d’annonces légales
- Le formulaire M0 dûment rempli
Comptez 2 à 4 semaines pour obtenir votre extrait Kbis. Pendant ce délai, impossible de commencer votre activité légalement.
Étape 4 : S’inscrire au RCS
L’inscription au Registre du Commerce et des Sociétés est automatique lors du dépôt de votre dossier de création. Vous recevrez votre numéro SIREN et votre code APE (4110A pour l’activité de marchand de biens).
Cette inscription vous donne officiellement le statut de commerçant. Avec tous les droits et obligations qui vont avec : tenue d’une comptabilité, respect du droit commercial, etc.
Capital social et financement : combien prévoir ?
Parlons chiffres, parce que c’est souvent là que ça coince. Créer sa société de marchand de biens, c’est bien, mais il faut avoir les moyens de ses ambitions.
Le capital social : entre minimum légal et réalité du marché
Comme je l’ai mentionné, 1€ de capital suffit légalement. Mais dans la vraie vie, c’est une autre histoire. Les banques, les notaires, vos futurs vendeurs… tous regardent le capital social comme un indicateur de sérieux.
Mon conseil ? Partez sur 10 000€ minimum, idéalement 25 000€ à 50 000€ si vous en avez les moyens. Ça donne une image plus professionnelle et ça vous constitue une première trésorerie.
Les besoins de financement au démarrage
Au-delà du capital social, il faut prévoir les frais de fonctionnement des premiers mois. Comptez :
- Frais de création : 500€ à 1 500€ selon que vous passez par un professionnel
- Assurances professionnelles : 1 000€ à 3 000€ par an
- Frais bancaires : 200€ à 500€ par an
- Comptabilité : 1 500€ à 4 000€ par an
- Frais de prospection et marketing : budget variable
Sans compter la trésorerie nécessaire pour vos premiers achats. Même si vous comptez sur le crédit, il faut souvent un apport personnel de 10% à 30% du prix d’achat.
Fiscalité : les avantages du statut de marchand de biens
C’est là que ça devient intéressant. La fiscalité du marchand de biens présente des spécificités avantageuses par rapport aux particuliers.
Des frais de notaire réduits
Premier avantage de taille : les frais de notaire à l’acquisition sont réduits. Comptez 2% à 3% du prix d’achat contre 7% à 8% pour un particulier. Sur un bien à 200 000€, ça représente une économie de 10 000€ !
Attention toutefois : pour bénéficier de ce taux réduit, vous devez revendre le bien dans les 5 ans. Au-delà, vous basculez sur le régime des particuliers.
Régime des BIC : charges déductibles
Vos bénéfices sont imposés dans la catégorie des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC). Concrètement, ça signifie que toutes vos charges professionnelles sont déductibles :
- Frais de rénovation et d’amélioration
- Frais de notaire et d’agence
- Intérêts d’emprunt
- Frais de déplacement
- Charges de copropriété pendant la détention
- Assurances
- Frais de comptabilité
Cette déductibilité permet d’optimiser significativement votre résultat fiscal.
TVA : un régime spécifique
En tant que marchand de biens, vous êtes assujetti à la TVA. Mais attention, le régime est particulier :
- TVA sur marge pour les biens anciens (TVA uniquement sur votre plus-value)
- TVA normale pour les biens neufs ou rénovés
- Possibilité de récupérer la TVA sur vos travaux
Ce régime peut être très avantageux, surtout si vous faites beaucoup de travaux. (Voir notre dossier complet dédié à la TVA du marchand de biens)
Les obligations légales et réglementaires
Créer sa société, c’est une chose. La faire fonctionner dans les règles, c’en est une autre. Passons en revue les principales obligations.
Tenue de la comptabilité
Obligation numéro un : tenir une comptabilité conforme. Pas le choix, c’est la loi. Vous devez enregistrer toutes vos opérations, établir des comptes annuels, les déposer au greffe…
Sauf si vous êtes expert-comptable, mieux vaut déléguer à un professionnel. Comptez 1 500€ à 4 000€ par an selon le volume d’opérations.
Assurances obligatoires
Plusieurs assurances sont indispensables :
- Responsabilité civile professionnelle
- Assurance des biens détenus
- Garantie décennale si vous faites des travaux
Budget annuel : 2 000€ à 5 000€ selon votre activité.
Déclarations fiscales et sociales
Comme toute société, vous devrez déclarer et payer :
- L’impôt sur les sociétés (ou IR selon votre option)
- La TVA (mensuelle ou trimestrielle)
- Les charges sociales du dirigeant
- La CFE (Cotisation Foncière des Entreprises)
Un calendrier fiscal à respecter scrupuleusement sous peine de pénalités.
Conseils pratiques pour réussir votre lancement
Maintenant qu’on a fait le tour des aspects techniques, voici mes conseils terrain pour maximiser vos chances de succès.
Choisissez bien votre domiciliation
L’adresse de votre siège social, ce n’est pas anodin. Elle apparaît sur tous vos documents officiels et influence votre image. Évitez les adresses de domiciliation bas de gamme qui font amateur.
Si vous travaillez depuis chez vous, vérifiez que votre bail ou règlement de copropriété l’autorise. Sinon, optez pour une société de domiciliation sérieuse.
Constituez votre réseau avant de commencer
Le succès d’un marchand de biens repose largement sur son réseau. Avant même de créer votre société, commencez à tisser des liens avec :
- Des agents immobiliers
- Des notaires
- Des artisans de confiance
- Des banquiers spécialisés
- D’autres marchands de biens
Ces contacts vous apporteront des affaires et des conseils précieux.
Préparez votre stratégie de financement
Même avec une société, obtenir des financements bancaires n’est pas automatique. Préparez un business plan solide, constituez des fonds propres, et démontrez votre expertise du marché local.
Certaines banques sont spécialisées dans le financement des marchands de biens. Elles comprennent mieux votre activité et proposent des solutions adaptées.
Erreurs à éviter absolument
Pour finir, voici les principales erreurs que je vois régulièrement chez les débutants. Autant les éviter dès le départ.
Sous-estimer les besoins de trésorerie
Erreur classique : créer sa société avec un capital minimal et se retrouver à sec au bout de quelques mois. Entre les frais de fonctionnement, les acomptes sur les achats, et les délais de revente, il faut de la trésorerie.
Mon conseil : prévoyez large, au moins 6 mois de charges courantes en réserve.
Négliger l’étude de marché
Autre piège : se lancer sans connaître son marché local. Prix au m², délais de vente, types de biens recherchés… ces données conditionnent votre réussite.
Prenez le temps d’analyser votre zone d’intervention avant de créer votre société.
Faire l’impasse sur les conseils professionnels
Créer sa société de marchand de biens, c’est complexe. Entre le juridique, le fiscal, et le réglementaire, il y a de quoi s’y perdre. N’hésitez pas à vous faire accompagner par des professionnels : expert-comptable, avocat spécialisé, conseil en création d’entreprise…
Leurs honoraires sont un investissement, pas une charge.
Questions fréquentes sur la création d’une société de marchand de biens
Combien de temps faut-il pour créer sa société de marchand de biens ?
Comptez 2 à 4 semaines en moyenne. Le délai dépend de la complexité de votre dossier et de la réactivité des administrations. Si vous passez par un professionnel, le processus peut être accéléré.
Peut-on exercer l’activité de marchand de biens sans diplôme ?
Absolument ! Aucun diplôme spécifique n’est exigé pour devenir marchand de biens. En revanche, une bonne connaissance du marché immobilier, des techniques de rénovation et de la fiscalité est indispensable pour réussir.
Quelle est la différence entre marchand de biens et agent immobilier ?
Fondamentale ! L’agent immobilier est un intermédiaire qui met en relation vendeurs et acheteurs contre commission. Le marchand de biens achète pour son propre compte et revend après valorisation. Deux métiers, deux réglementations, deux fiscalités.
Faut-il obligatoirement avoir une carte professionnelle ?
Non, les marchands de biens ne sont pas soumis à l’obligation de carte professionnelle. Cette obligation concerne uniquement les agents immobiliers, administrateurs de biens et syndics de copropriété.
Peut-on cumuler activité de marchand de biens et location ?
Oui, mais attention aux règles fiscales ! Si vous conservez certains biens en location, ils sortent du régime marchand de biens et basculent en revenus fonciers. L’administration fiscale est vigilante sur ce point.
Quel budget prévoir pour les premiers mois d’activité ?
Tout dépend de votre stratégie, mais comptez au minimum 50 000€ à 100 000€ pour démarrer sereinement. Ce budget couvre les frais de création, la trésorerie de fonctionnement, et les premiers apports sur vos achats.
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