Vous pensiez que louer votre maison de vacances deux mois par an suffisait à la rentabiliser ? Désolé, ce modèle s’essouffle. Depuis la pandémie, un nouveau réflexe s’installe chez les propriétaires malins de résidences secondaires : transformer leur bien en scène d’événements ponctuels mais bien plus rentables. Mariages, shootings, séminaires confidentiels… la location événementielle grignote du terrain sur l’Airbnb classique. Et si c’était ça, la bonne stratégie ?
Quand Airbnb ne suffit plus à faire tourner les comptes
Entre les plafonds de 120 jours, les nouvelles restrictions municipales et une saturation de l’offre dans les spots touristiques, le modèle Airbnb saisonnier est à bout de souffle. À Deauville, 1 résidence secondaire sur 5 est désormais inoccupée hors été. À Annecy, les rendements locatifs chutent de 15 % en deux ans pour les biens loués à la semaine.
Dans ce contexte, certains propriétaires s’adaptent. Comme Guillaume, 48 ans, cadre dans l’édition, qui a transformé sa maison en pierre à Uzès en lieu de retraite créative. « En un seul week-end, je gagne autant qu’en dix jours de location saisonnière », confie-t-il. L’argument ? Le prix par nuit est bien plus élevé… et l’usure des lieux bien moindre.
La location événementielle, nouvel eldorado post-COVID
Depuis 2021, la demande pour des lieux « hors des radars » a explosé : mariages intimistes, retraites bien-être, stages photos, séminaires d’équipe… Les résidences secondaires deviennent des lieux de destination. Pas besoin d’être un château du XIXe : ce qui compte, c’est l’authenticité, le cadre et une bonne accessibilité.
En 2023, les plateformes comme We Peps, Privateaser ou Zankyou ont vu leur volume de réservations doubler. Certaines agences spécialisées signent même des exclusivités pour des biens atypiques. Et les propriétaires s’organisent : kits d’accueil pro, partenariats avec des traiteurs locaux, horaires flexibles.
Un arbitrage fiscal à ne surtout pas négliger
Saisonnière ou événementielle, la nature de la location influe sur la fiscalité. En location meublée saisonnière (type Airbnb), vous relevez du régime LMNP ou micro-BIC. Mais une location événementielle, souvent louée pour des prestations avec services associés (ménage, traiteur, animation), peut rapidement être requalifiée en activité commerciale.
Cela signifie TVA, URSSAF, voire CFE. Ce n’est pas une mauvaise nouvelle en soi, à condition d’anticiper : les amortissements deviennent alors possibles, et les charges bien mieux déductibles. Mais gare à ceux qui se lancent sans comptabilité claire : un redressement fiscal post-événement, ça peut coûter très cher.
Usage hybride : la vraie stratégie rentable ?
De plus en plus de propriétaires développent une stratégie hybride : usage personnel, location saisonnière l’été, événementielle sur les ponts et hors-saison. L’idée ? Maximiser l’occupation tout en gardant un contrôle sur l’usure et la fiscalité.
Prenons un exemple concret : une maison à Hossegor, utilisée 2 mois/an par ses propriétaires, louée 10 semaines en saison (rendement moyen : 3 %), puis 5 week-ends pour événements (rendement équivalent à 7 %/an à eux seuls). Résultat : un TRI global qui passe de 4,5 % à 7,8 %. Et une bien meilleure valorisation en cas de revente.
Les risques et limites du modèle événementiel
Attention, ce modèle n’est pas magique. Il suppose :
- Une logistique bien rodée (nettoyage pro, accueil, coordination)
- Une communication ciblée (site dédié, visuels pros, relations agences)
- Une assurance spécifique (responsabilité civile événementielle, protection juridique)
Surtout, la fréquentation reste irrégulière. Le taux d’occupation peut être excellent sur certains mois… et totalement nul le reste de l’année. Il faut donc une trésorerie solide et une vision long terme.
Le facteur émotionnel : une maison qu’on ne reconnaît plus
Enfin, il y a l’humain. Beaucoup de propriétaires disent ne plus reconnaître leur maison. « Elle a changé d’odeur, de rythme, elle vit pour les autres », confie Lætitia, 51 ans, qui a stoppé net après un an. La location événementielle transforme un espace intime en outil de production.
Ce n’est pas un mal… mais il faut en être conscient. Louer pour des fêtes ou des séminaires, c’est aussi renoncer à une part de l’âme du lieu.
Mon avis : rentable, oui. Mais pas pour tous.
La location événementielle peut être extrêmement rentable. Mais elle exige un changement de posture radical : passer de « je loue pour arrondir les fins de mois » à « je gère un espace commercial optimisé ». Ce n’est pas un hobby. C’est une stratégie.
Si vous êtes prêt à investir un peu de temps, d’intelligence logistique et de marketing, alors foncez. Sinon, préférez la voie hybride : plus souple, moins risquée, et souvent plus gratifiante.
Et vous, vous seriez prêt à accueillir un mariage dans votre maison de famille ? Partagez vos doutes, vos expériences ou vos envies en commentaire.

Depuis 2015, j’explore les mécanismes de l’argent, de l’investissement et de l’immobilier pour vous aider à mieux comprendre, mieux décider et mieux gérer. Mon approche : décrypter sans détour, rendre l’information utile, et vous donner les clés pour optimiser vos choix financiers. Retrouvez mes analyses sur Koliving.fr.
