Coup d’arrêt pour la réforme de MaPrimeRénov’. Jeudi 2 juillet 2026, le Conseil national de l’habitat (CNH) a rejeté deux projets de textes du gouvernement qui prévoyaient de réduire fortement les aides à la rénovation dite « par geste ». Le vote, sans appel, s’est soldé par 25 voix contre, 6 pour et 7 abstentions.
Cet avis reste consultatif : il n’empêche pas juridiquement l’exécutif de publier ses textes. Mais le signal politique est fort, à quelques semaines d’une entrée en vigueur qui était programmée pour septembre. Voici ce que prévoyait le rabot, et ce que ce rejet change pour les propriétaires qui veulent rénover.
En bref
- Le Conseil national de l’habitat a rejeté le 2 juillet 2026 le projet de réduction des aides MaPrimeRénov’ par geste.
- Six types de travaux étaient visés par une exclusion du parcours monogeste, avec une entrée en vigueur prévue en septembre.
- Le vote (25 contre, 6 pour, 7 abstentions) a valeur d’avis : il n’oblige pas le gouvernement.
- Depuis le 1er janvier 2026, l’isolation des murs et les chaudières biomasse ne sont déjà plus financées par geste.
- L’enjeu : préserver l’accès des ménages modestes aux petits travaux, sans passer par une rénovation d’ampleur plus coûteuse.
Ce que prévoyait le rabot
Le gouvernement souhaitait retirer six gestes de travaux du parcours « monogeste », celui qui permet de financer une opération isolée sans engager un chantier global. Étaient concernés : les poêles à bois ou à granulés, le chauffe-eau et le chauffage solaires, le chauffe-eau thermodynamique, la ventilation mécanique contrôlée (VMC), l’isolation des toitures et combles, ainsi que le remplacement des fenêtres.
Réalisés seuls, ces travaux n’auraient plus été subventionnés : ils seraient restés aidés uniquement dans le cadre d’une rénovation d’ampleur, plus lourde et plus chère. L’objectif affiché était budgétaire, dans un contexte où l’enveloppe de l’Anah dédiée à MaPrimeRénov’ est comptée. Le calendrier visait une application dès septembre 2026.
Pourquoi le CNH a dit non
Réuni le 2 juillet, le Conseil national de l’habitat, qui rassemble élus, professionnels du bâtiment et associations, a estimé que cette coupe pénaliserait d’abord les ménages les plus modestes. Pour beaucoup de propriétaires, changer une chaudière, poser une VMC ou remplacer des fenêtres constitue une première marche accessible vers un logement moins énergivore, à un budget maîtrisé.
En supprimant ces aides isolées, le texte aurait de fait orienté les particuliers vers la rénovation globale, dont le reste à charge se chiffre souvent en dizaines de milliers d’euros. D’où le rejet, assorti d’un message clair : ne pas casser l’outil qui permet d’enclencher les premiers travaux.
Ce qui a déjà changé en 2026
Ce rejet n’efface pas les tours de vis déjà actés. Depuis le 1er janvier 2026, l’isolation des murs (intérieure comme extérieure) et l’installation d’une chaudière biomasse sont sorties du parcours par geste. Les plafonds de dépenses éligibles du parcours accompagné ont également été abaissés pour les rénovations d’ampleur.
| Poste | Situation 2026 |
|---|---|
| Isolation des murs (par geste) | Plus financée depuis le 1er janvier 2026 |
| Chaudière biomasse (par geste) | Plus financée depuis le 1er janvier 2026 |
| 6 gestes (poêle, solaire, VMC, fenêtres…) | Maintien du financement après le rejet du 2 juillet |
| Plafond parcours accompagné | Abaissé (30 000 € HT pour 2 à 3 classes) |
Pour un propriétaire, l’équation reste la même : prioriser les travaux qui font réellement gagner des classes au diagnostic. Notre guide de référence sur le diagnostic de performance énergétique (DPE) détaille les postes les plus rentables, et notre article sur ces travaux qui ne seront plus aidés fait le point sur les arbitrages à venir.
Ce que ça change pour votre projet
Concrètement, tant que le gouvernement ne passe pas outre l’avis du CNH, le parcours monogeste reste ouvert pour les six travaux menacés. Si vous envisagiez de remplacer vos fenêtres ou d’installer une VMC seule, l’aide demeure a priori mobilisable. Mais la prudence reste de mise : l’avis étant consultatif, l’exécutif peut encore trancher dans un sens ou dans l’autre.
Avant d’engager un dossier, mieux vaut vérifier les conditions à jour : notre article sur la réouverture de MaPrimeRénov’ en 2026 récapitule les pièges à éviter. Bonne nouvelle complémentaire : certaines rénovations énergétiques ouvrent droit à une exonération temporaire de taxe foncière votée par les communes.
Cet article a une vocation informative. L’avis du Conseil national de l’habitat est consultatif : les règles définitives dépendront des textes que le gouvernement choisira ou non de publier.
