Fraude au faux RIB : l’arnaque qui peut vous coûter le prix de votre maison

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Vous êtes à quelques jours de signer l’achat de votre vie. Le notaire vous envoie le RIB sur lequel virer les fonds, vous exécutez le virement… et l’argent s’évapore. Des centaines de milliers d’euros, envolés. Ce cauchemar, de plus en plus d’acquéreurs le vivent : c’est la fraude au faux RIB, l’une des escroqueries les plus redoutables du moment.

Un couple a récemment perdu 150 000 € dans ce piège. La bonne nouvelle : cette arnaque suit un schéma précis, et quelques réflexes simples suffisent à s’en protéger. Voici comment.

En bref

  • La fraude consiste à intercepter le RIB du notaire et à le remplacer par celui de l’escroc.
  • Les fraudeurs piratent une boîte mail (notaire ou client) et guettent la transaction pendant des semaines.
  • Un tribunal a récemment jugé un notaire responsable à 70 % pour un RIB envoyé par mail non sécurisé.
  • Réflexe vital : vérifier le RIB par téléphone auprès de l’étude, à un numéro que vous connaissez.
  • Depuis 2025, les banques doivent vérifier la concordance entre le nom et l’IBAN du bénéficiaire.

Comment fonctionne l’arnaque

Tout commence par un piratage discret. Un escroc s’introduit dans la messagerie du notaire ou de l’acquéreur, souvent via un mot de passe compromis, puis observe les échanges en silence, parfois plusieurs semaines. Il attend le moment clé : celui où l’étude transmet le RIB sur lequel verser le prix ou l’apport.

À cet instant précis, il intercepte le message et le remplace par un faux, contenant ses propres coordonnées bancaires. L’acquéreur, confiant, vire les fonds vers le compte de l’escroc. Le temps que la supercherie soit découverte, l’argent a déjà été transféré à l’étranger.

Qui est responsable en cas de fraude ?

La justice commence à trancher. Le tribunal judiciaire de Paris a récemment condamné un notaire à supporter 70 % du préjudice pour avoir transmis un RIB par courriel non sécurisé, sans mise en garde. La responsabilité du professionnel peut être engagée s’il a commis une faute dans l’exercice de sa mission. Mais rien ne garantit une indemnisation intégrale : la vigilance de l’acquéreur reste la meilleure protection.

Nouveauté qui joue en votre faveur : depuis 2025, une réglementation européenne impose aux banques de vérifier la concordance entre le nom du bénéficiaire et l’IBAN avant d’exécuter un virement. Un garde-fou utile, mais qui ne remplace pas vos propres contrôles.

Les réflexes qui sauvent

  • Vérifiez le RIB par téléphone auprès de l’étude, en composant un numéro que vous connaissez déjà (jamais celui indiqué dans le mail suspect).
  • Méfiez-vous de tout changement de dernière minute de coordonnées bancaires : c’est le signal d’alerte n°1.
  • Exigez un envoi sécurisé du RIB (plateforme chiffrée) plutôt qu’une simple pièce jointe.
  • Gardez une trace écrite de chaque vérification effectuée.
  • Au moindre doute, ne virez pas et contactez immédiatement votre banque et le notaire.

Vous avez été victime : que faire

Chaque minute compte. Prévenez sans délai votre banque pour qu’elle tente de bloquer ou de rappeler les fonds : elle a l’obligation de s’efforcer de les récupérer et de contacter la banque réceptrice. Déposez plainte auprès de la police ou de la gendarmerie pour déclencher l’enquête, et conservez toutes les pièces : mails, faux RIB, preuve du virement, échanges avec l’étude.

Pour aborder plus sereinement toutes les étapes d’un achat, de l’offre à la signature, consultez notre guide acheter un bien.

Questions fréquentes

Comment reconnaître un faux RIB de notaire ?

Le signal d’alerte principal est un changement de coordonnées bancaires de dernière minute ou un RIB reçu par simple e-mail. En cas de doute, le seul moyen fiable est d’appeler l’étude notariale à un numéro connu pour confirmer l’IBAN avant tout virement.

Qui rembourse en cas de fraude au virement ?

Cela dépend des responsabilités établies. Un notaire peut être jugé fautif s’il a transmis le RIB de façon non sécurisée, comme l’a récemment retenu un tribunal. La banque doit tenter de récupérer les fonds, mais l’indemnisation n’est jamais garantie.

Comment se protéger avant un gros virement immobilier ?

Vérifiez systématiquement le RIB par téléphone auprès de l’étude, méfiez-vous de tout changement de dernière minute, exigez un envoi sécurisé et, au moindre doute, suspendez le virement et alertez votre banque.

Cet article a une vocation informative et de prévention. En cas de fraude, contactez immédiatement votre banque et déposez plainte.

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