Loi Relance du logement : ce que le Sénat vient de voter pour les propriétaires

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Le Sénat a adopté, le 8 juillet 2026, en première lecture, le projet de loi de relance et de décentralisation du logement porté par le ministre Vincent Jeanbrun. Confort d’été intégré à la rénovation, encadrement des loyers pérennisé, pouvoirs renforcés des maires, nouveau programme de renouvellement urbain : le texte concerne à la fois les propriétaires, les bailleurs et les investisseurs. Tour d’horizon de ce qui pourrait changer.

Le texte n’est pas encore définitif : il doit passer devant l’Assemblée nationale à la rentrée. Mais ses grandes orientations se dessinent déjà.

En bref

  • Le Sénat a adopté le 8 juillet 2026 le projet de loi « relance et décentralisation du logement » en première lecture.
  • Le confort d’été entre dans la définition de la rénovation énergétique performante.
  • L’encadrement des loyers serait pérennisé au-delà de l’expérimentation.
  • Les maires gagneraient un droit de veto sur certaines attributions de logements sociaux.
  • Un troisième programme de renouvellement urbain (ANRU 3) est lancé ; le texte part à l’Assemblée à la rentrée.

Le confort d’été, nouvelle boussole de la rénovation

C’est l’une des nouveautés marquantes : le confort d’été, c’est-à-dire la capacité d’un logement à rester frais pendant les canicules, entre dans la définition de la rénovation énergétique performante, ainsi que dans les plans pluriannuels de travaux des copropriétés. Dans le même esprit, l’avis des Architectes des bâtiments de France pour l’installation de protections solaires extérieures (volets, stores, brise-soleil) deviendrait non contraignant, afin de faciliter ces aménagements. Un virage qui prolonge les enjeux du diagnostic de performance énergétique.

Cette montée en puissance du confort d’été n’a rien d’anecdotique. Avec des canicules plus fréquentes, la capacité d’un logement à rester vivable en été devient un critère de valeur à part entière, au même titre que le classement énergétique hivernal. Un bien qui se transforme en fournaise en juillet se revendra et se louera demain moins facilement.

Encadrement des loyers : vers la pérennisation

Jusqu’ici expérimental dans certaines villes tendues, l’encadrement des loyers serait pérennisé par le texte. Pour les bailleurs des zones concernées, cela ancrerait durablement le plafonnement des loyers ; pour les locataires, une protection stabilisée. Le sujet reste clivant : la mesure a suscité l’opposition d’une partie de l’hémicycle et de certains acteurs du secteur.

Le texte comporte par ailleurs un volet très commenté sur les passoires thermiques, avec un assouplissement des conditions de remise en location destiné à faciliter les rénovations. Un sujet sensible, qui cristallise une partie des oppositions au Sénat.

Plus de pouvoir pour les maires

Au nom de la décentralisation, le texte renforce le rôle des communes. Les maires se verraient notamment dotés d’un droit de veto sur certaines attributions de logements sociaux, avec la possibilité de refuser un logement à une personne condamnée pour trouble à l’ordre public. Une logique de proximité, présentée comme un moyen de mieux articuler politique du logement et réalités locales.

La décentralisation, fil rouge du projet, vise à rapprocher les décisions du terrain. Ses partisans y voient un gage d’efficacité ; ses détracteurs, un risque d’inégalités entre communes selon la volonté des maires. Le débat se poursuivra à l’Assemblée nationale.

ANRU 3 et relance de la construction

Sur le volet urbanisme, les sénateurs ont approuvé le lancement d’un troisième programme national de renouvellement urbain, baptisé ANRU 3. L’ambition affichée est un choc de construction et de rénovation pour sortir de la crise du logement, alors que la production de logements neufs reste en berne. De quoi, à terme, rouvrir des perspectives pour qui souhaite investir dans l’immobilier.

Pour les copropriétés, l’intégration du confort d’été dans les plans pluriannuels de travaux pourrait accélérer certains chantiers d’adaptation (isolation, ventilation, protections solaires), avec un impact sur les charges à anticiper dès maintenant. Reste la question du financement de ce choc de rénovation : le texte fixe un cap ambitieux, mais son succès dépendra des moyens budgétaires alloués et de la stabilité des aides, dont les allers-retours récents ont brouillé le message.

Ce qu’il faut en retenir

Attention : rien n’est encore gravé dans le marbre. Le texte part à l’Assemblée nationale à la rentrée, pour une adoption espérée avant la fin de l’année, et pourra encore évoluer. Pour un propriétaire ou un investisseur, trois réflexes : anticiper l’importance croissante du confort d’été, qui pèsera de plus en plus sur la valeur d’un bien ; surveiller l’encadrement des loyers si l’on est bailleur en zone tendue ; et suivre les futurs dispositifs de relance, susceptibles de créer des opportunités.

En somme, une loi à suivre de près, qui pourrait redessiner une partie des règles du jeu pour les propriétaires comme pour les bailleurs.

Cet article a une vocation informative. Le projet de loi est en cours de navette parlementaire ; ses dispositions sont susceptibles d’évoluer avant l’adoption définitive.

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