Logement : «Le gouvernement est notre pire ennemi» : ces propriétaires bailleurs demandent des clauses abusives pour se protéger

Auteur : Laurent Carbonnet

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Quand l’État faillit, la défiance s’installe. Dans un marché locatif saturé, des milliers de propriétaires bailleurs durcissent leurs conditions de location jusqu’à franchir la ligne rouge. Clauses discriminatoires, demandes illégales, fausses déclarations… les abus explosent. Et si la source du problème n’était pas seulement les locataires, mais bien un cadre juridique qui empêche les bailleurs de se sentir protégés ? Derrière la paranoïa croissante, un réflexe : se défendre, coûte que coûte, face à ce qu’ils perçoivent comme une machine étatique contre eux.

Bon à savoir : S’il est difficile de faire face aux manquements de l’État, vous pouvez déjà faire quelque chose qui sera efficace immédiatement pour vous protéger : changer d’assurance emprunteur. C’est rapide, gratuit et immédiat pour réduire le poids de votre crédit immobilier sur vos finances.

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Un marché verrouillé par la peur : CDI, revenus triples, fichage implicite

67%. C’est la proportion de bailleurs qui exigent aujourd’hui un contrat en CDI pour louer un bien. Un chiffre qui n’a rien d’anodin : il traduit la crainte d’une défaillance, alimentée par l’inflation, la précarisation du travail, et les délais d’expulsion qui explosent.

Plus inquiétant : 56% des propriétaires conditionnent la location à un revenu supérieur à trois fois le montant du loyer. Officiellement pour « sécuriser le paiement ». Officieusement, pour compenser un sentiment d’insécurité juridique : impossibilité d’expulser rapidement, régulation des loyers, fiscalité de plus en plus lourde.

Les critères s’empilent, mais l’effet est pervers : on ne sélectionne plus des bons profils, on filtre à l’aveugle, souvent au détriment des jeunes actifs, des freelances ou des familles monoparentales.

Quand l’illégalité devient une stratégie de survie

Dans 29% des cas, les propriétaires admettent réclamer une partie du loyer « au noir ». La raison ? Contourner le plafonnement des loyers, en vigueur notamment dans les grandes villes sous tension. Ce n’est plus un secret : la loi est vue comme un frein, pas comme un cadre de protection.

« Le plafonnement des loyers me pénalise alors que mes charges explosent. Soit je fraude, soit je vends », explique Bruno, propriétaire à Lyon. Cette tension débouche sur des pratiques de contournement assumées, à la frontière de l’illégalité.

Et que dire des clauses discriminatoires ? 27% des bailleurs reconnaissent trier selon l’origine ethnique, 31% refusent catégoriquement les animaux. Des chiffres choquants, mais révélateurs d’un sentiment plus profond : l’impression d’être laissés seuls, sans filet, dans un rapport de force biaisé.

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Des locataires résignés, ou passés maîtres dans l’art du faux

Face à ces exigences extrêmes, certains locataires baissent la tête. 42% affirment « ne pas avoir le choix » et acceptent des conditions abusives. Mais un quart d’entre eux falsifient leurs dossiers : fausses fiches de paie, identité arrangée, emploi fictif.

Le système alimente sa propre spirale de défiance. Plus les bailleurs se méfient, plus les locataires trichent. Et plus les locataires trichent, plus les bailleurs durcissent les critères. Une mécanique toxique, où chacun se protège comme il peut.

Dans les faits, la loi encadre déjà fermement les contrats de bail. Mais entre les délais de justice, la lenteur administrative et la complexité croissante des normes, l’État n’apparaît plus comme un garant… mais comme un obstacle.

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La machine étatique, un facteur aggravant du climat de défiance

C’est peut-être là que le bât blesse. De nombreux propriétaires perçoivent l’État non pas comme un régulateur neutre, mais comme un acteur hostile. À leurs yeux, les dispositifs comme la trêve hivernale, les régulations de loyers ou encore les contraintes fiscales sont autant de preuves d’un déséquilibre.

« On est punis d’investir dans le locatif », lâche Sophie, propriétaire de deux appartements à Marseille. « On doit payer la taxe foncière, l’impôt sur le revenu, parfois l’IFI… et si le locataire ne paie pas, on ne peut rien faire pendant des mois. »

Loin d’encourager la location, le système semble pousser les petits bailleurs à la vente ou à la fraude. Une tendance qui menace directement l’offre locative, déjà en crise dans de nombreuses villes.

Comment sortir de l’impasse : vers une protection bilatérale

Personne ne sort gagnant de cette situation. Pour rétablir la confiance, il faudra rééquilibrer les protections : alléger les procédures pour les propriétaires tout en garantissant la dignité des locataires.

Certaines pistes existent : généraliser la garantie Visale, instaurer des délais d’expulsion plus courts en cas d’impayés avérés, ou encore simplifier les recours juridiques. Mais tant que la méfiance régnera, la spirale continuera.

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À terme, ce n’est pas seulement la relation propriétaire-locataire qui se détériore, c’est tout le modèle locatif qui vacille. Et derrière lui, la promesse d’un logement accessible et stable pour tous.

Et vous ? Avez-vous déjà été confronté à ces pratiques ? Locataire ou bailleur, partagez vos expériences et réagissez dans les commentaires. Le débat mérite d’être posé.

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8 réflexions au sujet de “Logement : «Le gouvernement est notre pire ennemi» : ces propriétaires bailleurs demandent des clauses abusives pour se protéger”

  1. Moi ce qui me scandalise c’est les nouveaux bilans énergétiques.
    Qui peuvent vous obligez à faire des travaux je pars du nouveau bilan énergétique à partir de 2026 pour l’ensemble d’un immeuble en copropriété.
    Les personnes au SMIC vont se retrouver égorger à ne pas pouvoir payer les frais de ces travaux.
    C’est une honte l’État est à côté de la plaque.

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  2. La crise du logement locatif est largement du a l’hyper protection dont bénéficient les locataires y compris et surtout ceux de mauvaise foi , la lourde fiscalité du secteur et le mépris pour les bailleurs privés qui jouent pourtant un rôle utile dans la société et l’économie. Posséder un yacht ne vous fera pas basculer dans l’ IFI mais plusieurs biens immobiliers si. Un indicateur : les institutionnels ont depuis longtemps déserté le secteur ! Pas fous. Continuez MM les gouvernants : Avec les mêmes règles vous aurez les mêmes résultats ! C’est le principe meme de la bêtise.

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  3. Il serait judicieux que nos têtes pensantes se penchent sur les causes de cette pénurie de logements.
    Je vais faire une analyse succincte de la situation.
    Il faut absolument que le droit de propriété soit prioritaire sur le droit au logement……
    A l heure d’ aujourd’hui l investissement locatif est non seulement plus rentable mais il peut mettre, en plus, des propriétaires dans des difficultés financières considérables.
    En plus de cela, la fiscalité devient insupportable ( impôt sur le revenu, Csg, rds, taxe foncière, impôts sur la fortune immobilière et cerise sur le gâteau 8% supplémentaire de cmu pour les frontaliers……..
    Il est donc suicidaire d investir dans le locatif car même sans aucun impayé de loyer la situation est déjà risquée.
    En effet, l effort financier mensuel entre le loyer perçu et le remboursement du prêt est démesuré sachant qu aucune loi de defiscalisation n ‘existe actuellement.
    Voilà messieurs les gouvernants, les propriétaires n ont pas brûlé les radars ni les préfectures mais ils ont simplement arrêté d investir ( – 50 % environ)……..
    Solutions préconisées:
    – protection maximum pour les propriétaires ( fin de la trêve hivernale, expulsion immédiate en cas d impayé)
    – baisse des impôts sur l immobilier
    – incitation à investir ( loi de defiscalisation, amortissement du bien sur 20 ans, sortir de l Impôt sur la fortune immobilière pour les biens loués).
    Une fois ces conditions réunies, il est fort probable que les investisseurs privés reviennent sur le marché.
    J espère que ce commentaire sera lu par nos dirigeants.

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    • Mon cher Bucz a un certain âge il faut arrêter de rêver ou de croire au Père Noel…. Nos dirigeants se moquent éperdument des problèmes des propriétaires qui louent leur seule préoccupation est de se faire élire puis de se faire réélire.
      La trêve hivernale votée par se ramassis d assistés, une honte de la pire espèce : tu payes ou tu dégages quelle que soit la saison. Ton banquier a qui tu vas devoir des mensualités impayées si les loyers ne rentrent pas du crois qu il va attendre la fin de la trêve hivernale

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  4. Bonjour je suis proprio bailleur d’un appartement vendu loué avec des vioks one two three devenus occupants sans droit ni titre car ils se sont mauvais payeurs et de mauvaises fois, condamnés et malgré ceci ça continue échéancier imposé par une juge non respecté…
    Résultat expulsion prévu avant la fin du mois le 27/10 par mon huissière car commandement de quitter les lieux
    .
    J’ai également fais une saisie attribution , c’est à dire compte bloqué et saisie .
    Plus de 1000€ vont être saisie ils vont maigrir et si ils se maintiennent loi Kasbarian-Bergé 7500€ d’amende a payer à l’état…
    Des arrangements à l’amiable étaient demandés au début tant pis pour eux.

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  5. Bonjour,
    Je suis également multi propriétaire (plusieurs immeubles et appartements).
    En 20 ans, je n’ai eu qu’une fois de sérieux soucis avec 1 locataire professionnel de très mauvaise foi.
    Cependant, je sens le vent tourner. Cela devient de plus en plus compliqué. Les Lois semblent faites pour protéger les pauvres locataires des méchants proprios. Du coup, on s’assied sur le droit de propriété (pourtant inaliénable) et les locataires les plus malsains se sentent pousser des ailes en se demandant pourquoi continuer à payer un loyer puisque tout est fait pour les protéger.

    Un système hybride entre l’actuel et l’anglosaxon semblerait la solution. Une personne de mauvaise foi (squatteur ou ayant les moyens de payer mais refusant) devrait pouvoir etre virée dans les 2 mois. Pour les autres (perte subite de revenus imprévue) , l’état devrait prendre le relais via des aides exceptionnelles.
    Je pense que les propriétaires indélicats sont déjà bien surveillés et punis (et tant mieux).

    Enfin pour ce qui est de la fiscalité et des normes, malheureusement tant que nous aurons un gouvernement de traders je ne me fait aucune illusion. La réalité du terrain leur échappe totalement. Ils feraient mieux de laisse le marché s’autogérer plutôt que de prendre des décisions hors sol et complètement déconnectées de la réalité.

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  6. Bonjour
    Déjà je suis choqué par votre article quand vous mettez dans votre entête que les propriétaires bailleurs demandent des clauses ABUSIVES : Non messieurs les propriétaires ne demandent rien de plus que la tranquillité de pouvoir jouir du revenu de leur investissement. Nous ne sommes pas des nantis et des voleurs.
    Les banques sont t elles critiquées quand elles demandent les mêmes garanties à un emprunteur ?
    La réalité c’est qu’en France on tape depuis des décennies sur les propriétaires et qu’on donne beaucoup trop de possibilités aux locataires de s’exonérer de leurs dettes
    Si on voulait relancer la France ( quand le bâtiment va tout va…..) il faudrait :
    De fiscaliser ( plus de CSG plus de CRDS plus d’IFi)
    Pouvoir sortir plus facilement les mauvais payeurs et les profiteurs du système (plus de trêve hivernale, plus de procédures coûteuses et interminables pour une expulsion, plus d’entreprises associatives à nos frais pour les squatteurs )
    Pour les personnes désirant acquérir leur logement remettre la déduction fiscale sur leur impôt ( c’est quand même délirant de ne plus prendre en compte les charges de prêt !!!!)
    Plus d’écologie punitive via les DPE
    Toutes ces entraves dégoûtent tout investisseur
    Bref revenir à du bon sens en laissant les gens travailler intelligemment ce qui n’est malheureusement plus le cas de nos dirigeants actuels qui ne savent plus comment nous taxer pour se remplir les poches !!!!!

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