DPE : pourquoi un logement classé A peut se transformer en bouilloire thermique cet été

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La canicule de ce début juillet a remis un mot sur toutes les lèvres : la « bouilloire thermique ». Selon une analyse de la Fondation iFRAP relayée ce week-end, près d’un logement sur deux en serait une, et le plus surprenant, c’est que même un logement classé A au DPE peut se transformer en fournaise l’été. Un paradoxe qui met en lumière un angle mort du diagnostic.

Comment un logement noté au sommet de l’échelle énergétique peut-il devenir invivable en pleine chaleur ? La réponse tient à ce que le DPE mesure vraiment, et à ce qu’il laisse de côté. Voici ce qu’il faut comprendre, et comment rafraîchir son logement sans plomber sa note.

En bref

  • Selon l’iFRAP, environ un logement sur deux serait une « bouilloire thermique », et 9 sur 10 ont un confort d’été moyen ou insuffisant.
  • Près de 30 % des logements classés A sont jugés insuffisants au regard du confort d’été.
  • Le DPE note l’énergie de A à G, mais évalue le confort d’été à part, en trois niveaux, sans l’intégrer à la lettre.
  • Installer une climatisation peut même dégrader la note DPE d’un logement.
  • Des solutions existent : protections solaires, ventilation nocturne, brasseurs d’air, inertie.

Classé A et pourtant invivable l’été

Le constat, dressé par plusieurs professionnels à l’occasion de la vague de chaleur, a de quoi dérouter. Comme le résume la présidente de PAP.fr Corinne Jolly, on peut « être classé A et avoir une bouilloire thermique ». Autrement dit, l’étiquette énergétique la plus flatteuse ne garantit en rien un logement frais.

L’explication est technique : pour bien noter un logement, on optimise l’isolation et l’étanchéité afin de retenir la chaleur en hiver. Mais ces mêmes qualités, mal pensées pour l’été, piègent la chaleur à l’intérieur une fois les fortes températures installées. Résultat, des salons qui grimpent à 33 degrés dans des logements pourtant récents et bien classés.

Ce que le DPE mesure vraiment (et ce qu’il ignore)

La lettre de A à G traduit les besoins en énergie du logement : chauffage, eau chaude, refroidissement. Le confort d’été, lui, fait l’objet d’une évaluation séparée, purement qualitative, classée en trois niveaux, et qui n’entre pas dans le calcul de la note principale. Un logement peut donc afficher un A tout en étant noté « insuffisant » pour l’été.

Niveau de confort d’étéCe qu’il traduit
BonProtections solaires, inertie et ventilation efficaces contre la chaleur
MoyenConfort partiel, quelques leviers manquants
InsuffisantLogement exposé à la surchauffe en période de forte chaleur

Les critères pris en compte sont l’inertie des murs, la présence de protections solaires, et la possibilité d’une ventilation traversante. C’est précisément là que se joue la différence entre un logement supportable et une bouilloire.

Pourquoi la canicule change la donne

Avec des épisodes de chaleur plus fréquents et plus intenses, le confort d’été devient un enjeu de santé autant que de valeur immobilière. Or le cadre actuel crée un paradoxe : installer une climatisation, réflexe de nombreux ménages, peut faire baisser la note DPE, car elle augmente la consommation d’énergie prise en compte. Rafraîchir son logement peut donc, sur le papier, le déclasser.

Pour comprendre les leviers qui font vraiment bouger une étiquette énergétique, notre guide de référence sur le diagnostic de performance énergétique (DPE) détaille chaque poste, et notre article sur les 5 facteurs qui font chuter votre note complète le tableau.

Comment rafraîchir sans plomber son DPE

  • Installer des protections solaires extérieures (volets, stores, brise-soleil), plus efficaces que les rideaux intérieurs.
  • Pratiquer la ventilation nocturne en ouvrant aux heures fraîches pour évacuer la chaleur accumulée.
  • Miser sur les brasseurs d’air, bien moins énergivores qu’une climatisation.
  • Renforcer l’isolation de la toiture et des combles, principale source de surchauffe.
  • Jouer sur la végétalisation et l’ombrage des façades exposées.

Ces gestes améliorent le confort réel sans dégrader l’étiquette, contrairement à la climatisation. Un logement frais et bien classé se loue et se revend mieux : un argument de plus pour anticiper avant l’été plutôt que de subir la chaleur.

Cet article a une vocation informative. Le confort d’été figure sur le DPE à titre indicatif et n’entre pas dans le calcul de la classe énergétique.

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