Crise du logement : la revanche des acheteurs, en position de force pour acheter un logement le neuf au prix de l’ancien

Auteur : Laurent Carbonnet

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Vous pensiez que l’immobilier neuf était inaccessible ? Avec des milliers de logements terminés mais toujours invendus, la donne a changé. Promoteurs sous pression, investisseurs en retrait, primo-accédants hésitants : ce blocage du marché ouvre paradoxalement une brèche pour acheter malin, que ce soit pour une résidence principale ou un investissement locatif.

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Des invendus records qui fragilisent les promoteurs

Fin juin, plus de 9 200 appartements et maisons groupées étaient livrés mais toujours sans acquéreur. Ce « stock dur », qui représentait à peine 4 % de l’offre en 2023, pèse désormais plus de 10 % sur un total de 85 765 logements. La Fédération des promoteurs immobiliers parle d’un niveau inédit, jamais observé depuis qu’elle suit ces données.

Derrière ces chiffres se cachent des conséquences concrètes. Chaque logement invendu coûte cher : frais financiers, charges de copropriété non réparties, immobilisation de trésorerie. Les promoteurs, qui vivent habituellement d’un écoulement rapide des lots, voient leur rentabilité fondre.

Certains grands opérateurs, comme Edouard Denis (filiale de Nexity), ont dû réduire leurs effectifs pour traverser cette crise. Le ralentissement touche tout le secteur : ventes au détail en recul de près de 17 %, réservations des investisseurs locatifs divisées par deux, ventes en bloc aux bailleurs sociaux en forte baisse.

Le climat est donc à la tension. Mais pour un acheteur, c’est aussi un signal : quand un vendeur est pressé, la négociation devient possible.

Primo-accédants et investisseurs : un rapport de force inversé

Le marché du neuf fonctionnait jusque-là sur un modèle clair : investisseurs locatifs séduits par les niches fiscales comme le Pinel, primo-accédants attirés par le prêt à taux zéro (PTZ), et bailleurs sociaux achetant en bloc pour compléter l’équilibre. En 2025, ce triangle est brisé : disparition du Pinel, PTZ restreint, taux de crédit toujours élevés.

Résultat : les particuliers investisseurs ne représentent plus que 20 % des ventes, contre près de la moitié avant 2022. Pour les primo-accédants, la baisse des réservations traduit une prudence accrue. Beaucoup hésitent entre neuf et ancien, redoutant la valeur réelle de leur achat.

C’est ici que le rapport de force change. Les promoteurs, qui n’ont plus le soutien massif des dispositifs fiscaux, cherchent à convaincre les acheteurs « au détail ». Pour un primo-accédant, c’est l’occasion d’obtenir un logement récent aux normes énergétiques, parfois moins cher qu’une maison ancienne nécessitant une rénovation énergétique lourde. Pour un investisseur locatif, cela peut signifier retrouver du rendement malgré la fin du Pinel.

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Les moments clés pour obtenir une remise

La stratégie est connue des initiés : cibler les extrêmes d’un programme immobilier. Au lancement, les promoteurs veulent sécuriser rapidement 30 à 50 % de réservations pour obtenir leurs financements bancaires. Être parmi les premiers acheteurs, c’est négocier en position de force.

À l’autre bout du cycle, les derniers lots — souvent moins bien orientés ou plus petits — deviennent stratégiques. Chaque mois d’invendu est une perte sèche pour le promoteur. Dans ce contexte, des remises de 5 à 10 % sont fréquentes, certaines atteignant même 14 % selon des témoignages récents.

Autre astuce : repérer les biens remis sur le marché après un refus de prêt. Le promoteur, pressé de solder son programme, sera d’autant plus flexible.

Dans tous les cas, l’information est une arme. Connaître le nombre de lots restants, comparer les prix au m² dans le quartier, identifier les défauts du bien : autant d’arguments pour peser dans la négociation.

Ne vous limitez pas au prix affiché

La négociation immobilière ne se joue pas uniquement sur le montant final. Frais de notaire offerts, cuisine équipée incluse, carrelage de standing, suppression d’une place de parking inutile : tout peut devenir une monnaie d’échange.

Certains promoteurs, conscients de la difficulté à baisser le prix sur le papier (au risque de dévaloriser le reste du programme), préfèrent offrir des avantages annexes qui, au final, allègent fortement la facture.

Pour un investisseur, ces bonus peuvent faire la différence sur la rentabilité locative. Pour un primo-accédant, ils réduisent les frais imprévus après l’emménagement.

Le vrai gain se construit donc sur un « package » global, pas seulement sur la remise brute.

Une fenêtre d’opportunité avant un possible rebond

Les données montrent un secteur à l’arrêt, mais la situation pourrait évoluer rapidement. Si les taux de crédit immobilier amorcent une baisse durable, la demande pourrait repartir. Les stocks invendus se résorberaient, réduisant mécaniquement les marges de négociation.

Le moment est donc particulier : les promoteurs n’ont jamais été aussi vulnérables, et les acheteurs jamais aussi en position de force. Mais cette fenêtre ne restera pas ouverte éternellement.

Acquérir un logement neuf à prix négocié aujourd’hui, c’est potentiellement sécuriser un bien de qualité au coût final inférieur à de l’ancien rénové. C’est aussi, pour un investisseur, retrouver des perspectives de rentabilité sans dépendre uniquement des dispositifs fiscaux.

Alors, investisseurs et primo-accédants : allez-vous oser profiter de cette crise pour obtenir le logement que vous pensiez inaccessible ? Partagez vos expériences, vos réussites et vos doutes en commentaire.

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