Le photovoltaïque devient un terrain de litiges. Dans son rapport annuel 2025, publié le 2 juin 2026, le médiateur national de l’énergie fait état de 10 475 demandes de médiation sur l’année, en baisse de 10 %, mais pointe de nouveaux motifs d’inquiétude, au premier rang desquels l’autoconsommation d’électricité solaire. Un signal utile pour les propriétaires qui installent des panneaux.
Autorité publique indépendante, le médiateur aide à résoudre à l’amiable les litiges entre les particuliers et les entreprises de l’énergie. Derrière l’accalmie générale du marché en 2025, il décrit des dossiers de plus en plus techniques et deux fournisseurs épinglés d’un « carton rouge ».
En bref
- 10 475 demandes de médiation en 2025, en baisse de 10 % sur un an.
- Délai moyen de traitement ramené à 86 jours, contre 131 jours en 2024.
- 6 812 recommandations émises, plus de 10,5 millions d’euros de dédommagements obtenus.
- Deux cartons rouges attribués : Primagaz (gaz en bouteille) et JPME (électricité).
- Le médiateur appelle à sécuriser le cadre de l’autoconsommation photovoltaïque.
Une accalmie générale sur le marché de l’énergie
Après les années de crise des prix de 2022 et 2023, la tension retombe. Avec 10 475 demandes de médiation, les saisines reculent de 10 % en 2025, ce qui a permis au médiateur de résorber son stock de dossiers et de ramener son délai moyen de traitement à 86 jours, contre 131 en 2024. Sur l’année, 6 812 recommandations ont été émises et ont permis aux consommateurs d’obtenir plus de 10,5 millions d’euros de dédommagements et de remboursements. En parallèle, plus de 3,7 millions de personnes ont été informées via les sites et le numéro vert du médiateur.
Cette embellie ne doit pas masquer des dossiers plus complexes et plus techniques, en particulier autour de la production d’électricité et de la gestion des réseaux de distribution.
L’autoconsommation photovoltaïque, nouveau point noir
C’est l’alerte la plus directement utile pour les propriétaires. Le médiateur attribue un carton rouge au fournisseur JPME, dont l’autorisation d’achat d’électricité pour revente a été retirée par le ministre chargé de l’énergie en janvier 2026, en raison de défauts systématiques de paiement envers ses clients producteurs d’électricité photovoltaïque. Le nombre de saisines visant ce fournisseur, 621 en 2025, a plus que doublé par rapport à 2024. Le médiateur en tire une conclusion claire : il faut sécuriser le cadre de l’autoconsommation et mieux contrôler les acheteurs qui revendent l’électricité produite par les particuliers.
Concrètement, un ménage qui installe des panneaux et revend son surplus dépend de la solidité de l’organisme qui lui rachète cette électricité. Un point à vérifier avant de se lancer, au même titre que le tarif, comme nous le rappelions à propos de la baisse du tarif de rachat du surplus. Avant de signer, comparer plusieurs devis de panneaux solaires et vérifier la fiabilité de l’installateur reste la meilleure protection.
Gaz en bouteille et comparateurs : les autres vigilances
Le second carton rouge vise Primagaz, fournisseur de gaz de pétrole liquéfié, pour des dysfonctionnements persistants de facturation et de traitement des réclamations : près de 500 saisines de ses clients ont encore été jugées recevables en 2025. Le médiateur propose d’aligner la protection des consommateurs de gaz en bouteille sur celle des clients du gaz naturel. Il pointe aussi un enjeu de transparence : selon son baromètre, seuls 51 % des utilisateurs de comparateurs d’offres savent que certains d’entre eux peuvent être rémunérés par les fournisseurs.
Le rapport rappelle aussi que les dossiers deviennent plus techniques, notamment ceux liés à la production d’électricité et aux réseaux gérés par Enedis. Pour un particulier producteur, cela signifie qu’un litige peut vite se complexifier : facturation du surplus, raccordement, retards de paiement. D’où l’intérêt de conserver l’ensemble des documents contractuels dès la signature, et de savoir que la saisine du médiateur national de l’énergie est gratuite en cas de blocage avec un opérateur. Cette gratuité vaut aussi bien pour l’électricité que pour le gaz, dès lors qu’une réclamation écrite est restée sans réponse satisfaisante.
Ce qu’il faut retenir avant d’investir dans le solaire
Le message du médiateur ne doit pas décourager l’autoconsommation, mais inviter à la prudence dans le choix des interlocuteurs. Un projet solaire reste un investissement de long terme, dont la rentabilité dépend de la qualité de l’installation et de la solidité du contrat de revente. Pour cadrer votre projet, notre dossier sur les panneaux solaires détaille les points à vérifier, et notre article sur les arnaques à la rénovation énergétique rappelle les réflexes anti-fraude.
Cet article est fourni à titre d’information et ne constitue pas un conseil en investissement ou en énergie. Les données sont issues du rapport annuel 2025 du médiateur national de l’énergie. Avant tout projet d’autoconsommation, vérifiez les qualifications de l’installateur et les conditions de votre contrat de revente.




