Poser des panneaux solaires pour revendre son électricité n’a presque plus de sens. Depuis l’arrêté tarifaire dit « S21 » du 1er juin 2026, le tarif de rachat du surplus des petites installations photovoltaïques est tombé à 1,1 c€/kWh, contre 4 c€/kWh auparavant, et la prime à l’investissement qui accompagnait chaque installation a été purement supprimée. Pour toute nouvelle installation, l’équation bascule : le seul calcul qui reste rentable, c’est d’autoconsommer sa production.
Voici l’ampleur exacte de la baisse, ses raisons, et ce qu’elle change pour un particulier qui envisage le solaire.
En bref
- Rachat du surplus fixé à 1,1 c€/kWh (11 €/MWh), contre 4 c€/kWh (40 €/MWh) auparavant pour les installations jusqu’à 9 kWc.
- Prime à l’investissement supprimée : elle valait 8 c€/Wc, soit environ 720 € pour une installation de 9 kWc.
- Le tarif de rachat n’est versé que lorsque le prix de marché de l’électricité est positif ou nul.
- Les installations jusqu’à 9 kWc ne peuvent plus vendre leur production en totalité, seulement leur surplus.
- Les contrats signés avant la réforme conservent leurs conditions, garanties sur 20 ans.
Ce que change l’arrêté S21
L’arrêté du 1er juin 2026 réécrit les conditions de soutien au photovoltaïque sur bâtiment jusqu’à 100 kWc. Le changement le plus visible porte sur le prix auquel EDF rachète l’électricité que vous n’avez pas consommée : ce tarif de rachat du surplus passe à 1,1 c€/kWh, alors qu’il s’établissait à 4 c€/kWh dans le barème précédent pour les installations jusqu’à 9 kWc. Dans le même mouvement, la prime à l’investissement, qui atteignait 8 c€/Wc (environ 720 € pour une installation de 9 kWc), disparaît.
Deux autres règles resserrent encore le dispositif. D’une part, ce tarif de rachat n’est désormais versé que pendant les heures où le prix de marché de l’électricité est positif ou nul. D’autre part, la possibilité de vendre l’intégralité de sa production, et non son seul surplus, est supprimée pour l’ensemble des installations jusqu’à 100 kWc, alors qu’elle avait déjà disparu pour les plus petites en 2025. Autrement dit, le modèle est désormais celui de l’autoconsommation avec vente du surplus.
Pourquoi une baisse aussi brutale
Cette réforme n’est pas une improvisation. Dans sa délibération du 29 avril 2026, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) explique que le développement des petites installations a dépassé les objectifs fixés, dans un contexte de forte contrainte budgétaire. L’État a donc choisi de recentrer le soutien sur l’autoconsommation, plutôt que d’encourager une revente massive au réseau.
La CRE estime par ailleurs que la valeur économique réelle du surplus injecté par une installation en autoconsommation n’est que d’environ 20 €/MWh, en partie à cause de la « cannibalisation solaire » : quand le soleil brille, de nombreux panneaux produisent en même temps, ce qui fait chuter le prix de marché aux heures d’injection. Le nouveau tarif de 1,1 c€/kWh vise ainsi un soutien jugé « neutre » pour les finances publiques. La CRE proposait aussi de le revaloriser d’environ 2 % par an.
Ce que cela change pour votre projet
La conséquence est simple : chaque kilowattheure que vous consommez vous-même vaut désormais bien plus que celui que vous revendez. Là où un kWh autoconsommé vous évite d’acheter de l’électricité à plus de 20 c€, le même kWh revendu ne rapporte plus que 1,1 c€. L’intérêt d’une installation photovoltaïque se joue donc entièrement sur le taux d’autoconsommation.
Concrètement, mieux vaut dimensionner son installation au plus près de ses besoins réels, décaler certaines consommations (eau chaude, lave-linge, recharge) aux heures de production, et étudier sérieusement une solution de stockage si le profil de consommation le justifie. Avant de se lancer, comparer plusieurs devis d’installation solaire et vérifier le calcul de rentabilité proposé devient indispensable, car les arguments commerciaux fondés sur la revente n’ont plus la même portée.
Les installations déjà en service sont protégées
Si vous produisez déjà, pas d’inquiétude : la réforme ne s’applique qu’aux nouvelles demandes. Les contrats de rachat signés avant l’entrée en vigueur de l’arrêté conservent leurs conditions, garanties sur toute la durée du contrat, soit 20 ans. C’est un droit acquis que la baisse tarifaire ne remet pas en cause.
Un soutien subsiste par ailleurs pour équiper son logement : depuis l’automne 2025, la fourniture et l’installation de panneaux photovoltaïques jusqu’à 9 kWc bénéficient d’un taux de TVA réduit à 5,5 %, sous conditions. De quoi alléger la facture de départ, à défaut de retrouver la rentabilité de la revente d’antan.
| Paramètre | Avant juin 2026 | Depuis l’arrêté S21 |
|---|---|---|
| Rachat du surplus (jusqu’à 9 kWc) | 40 €/MWh (4 c€/kWh) | 11 €/MWh (1,1 c€/kWh) |
| Prime à l’investissement | 8 c€/Wc (720 € pour 9 kWc) | supprimée |
| Vente en totalité (jusqu’à 100 kWc) | possible | supprimée |
| Versement du tarif | toutes les heures | heures de prix positif ou nul |
Cet article est fourni à titre d’information et ne constitue pas un conseil en investissement. Les tarifs cités sont ceux de l’arrêté en vigueur à l’été 2026 et s’appliquent aux nouvelles demandes ; votre situation dépend de la date de votre contrat. Faites établir plusieurs devis et une étude de rentabilité avant de vous engager.




