L’INSEE a publié le 28 août son estimation provisoire des prix à la consommation pour le mois d’août 2026. Sur un an, ils augmenteraient de 2,4 %, après +2,1 % en juillet. L’institut attribue cette accélération à l’énergie, dont les prix progresseraient de 16,7 % sur un an selon le tableau détaillé de la publication, contre une baisse de 6,2 % un an plus tôt.
Ces 2,4 % ne se transposent pas aux loyers. L’indice de référence des loyers, celui qui sert de base aux révisions annuelles, ne reprend pas l’inflation du mois : il suit un autre indice, lissé sur douze mois. Voici ce que la publication d’août dit réellement, et ce qu’elle ne dit pas.
En bref
- Prix à la consommation : +2,4 % sur un an en août 2026 (estimation provisoire), après +2,1 % en juillet.
- Sur un mois : +0,7 %, après +0,6 % en juillet.
- Énergie : +16,7 % sur un an en août, après +12,6 % en juillet et une baisse de 6,2 % en août 2025.
- L’INSEE avertit que « les indices provisoires ne doivent pas être utilisés pour des revalorisations contractuelles ». Le chiffre définitif paraît le 15 septembre 2026.
- Indice de référence des loyers de droit commun au 2e trimestre 2026 : 148,37, soit +1,15 % sur un an. Le prochain indice est attendu le 15 octobre 2026 à 8h45.
L’énergie explique presque toute l’accélération
Le communiqué de l’INSEE est explicite sur l’origine de la hausse. « Cette hausse de l’inflation s’expliquerait essentiellement par l’accélération des prix de l’énergie, principalement ceux des produits pétroliers », écrit l’institut. Le chiffrage, lui, ne figure pas dans le texte rédigé mais dans le tableau qui accompagne la publication : le poste énergie y passe de +12,6 % sur un an en juillet à +16,7 % en août.
La comparaison avec l’an dernier donne la mesure du retournement. En août 2025, le même poste reculait de 6,2 % sur un an. L’écart entre les deux glissements annuels atteint donc 22,9 points en douze mois.
| Poste | Août 2025 | Juillet 2026 | Août 2026 (provisoire) |
|---|---|---|---|
| Ensemble des prix à la consommation | +0,9 % | +2,1 % | +2,4 % |
| Énergie | -6,2 % | +12,6 % | +16,7 % |
| Alimentation | +1,6 % | +1,0 % | +1,1 % |
| dont produits frais | +1,7 % | +3,8 % | +5,8 % |
| Services | +2,1 % | +2,2 % | +2,0 % |
| Produits manufacturés | -0,3 % | -0,7 % | -0,4 % |
| Tabac | +4,0 % | +3,3 % | +3,3 % |
Pourquoi l’indice des loyers ne reprend pas les 2,4 %
L’indice de référence des loyers (IRL) encadre la révision annuelle des loyers d’habitation. Son mode de calcul, décrit par l’INSEE, n’a rien d’un décalque de l’inflation du mois : « L’IRL est un indice chaîné en glissement annuel. Il se déduit de l’indice du même trimestre de l’année précédente en lui appliquant l’évolution entre ces deux périodes de la moyenne sur douze mois consécutifs de l’indice des prix à la consommation hors tabac et hors loyers. »
Deux différences comptent pour un bailleur. La première tient au périmètre : l’IRL suit l’indice des prix hors tabac et hors loyers, pas l’indice d’ensemble publié le 28 août. La seconde tient au lissage : c’est une moyenne sur douze mois qui sert de base, si bien qu’un mois isolé à +2,4 % n’y pèse qu’une fraction. Nous avions détaillé la publication de cet indice au moment de sa parution en juillet.
Le champ d’application est lui aussi précis. L’INSEE rappelle que l’indice « concerne les loyers des locaux à usage d’habitation principale régis par la loi du 6 juillet 1989 et les locaux meublés soumis à l’article L 632-1 du code de la construction et de l’habitation ».
Où en est l’indice, et quand paraît le suivant
Au deuxième trimestre 2026, l’IRL s’est établi à 148,37, en hausse de 1,15 % sur un an, « après +0,78 % au trimestre précédent ». Deux valeurs dérogatoires existent : 146,94 dans les collectivités régies par l’article 73 de la Constitution et 146,22 dans la collectivité de Corse.
Aucune source officielle ne permet aujourd’hui de donner la valeur du prochain indice. Le chiffre du troisième trimestre 2026 sera publié le 15 octobre 2026 à 8h45. Les quatre derniers trimestres publiés donnent la série suivante, en valeurs de droit commun.
- 3e trimestre 2025 : 145,77, soit +0,87 % sur un an.
- 4e trimestre 2025 : 145,78, soit +0,79 %.
- 1er trimestre 2026 : 146,60, soit +0,78 %.
- 2e trimestre 2026 : 148,37, soit +1,15 %.
Concrètement, au taux du deuxième trimestre, un loyer de 700 euros hors charges pouvait être révisé de 8,05 euros par mois, et un loyer de 900 euros de 10,35 euros. C’est l’ordre de grandeur avec lequel doit compter quiconque se lance dans l’investissement locatif.
Un chiffre encore provisoire, et un avertissement de l’INSEE
La publication du 28 août est une estimation. L’encadré d’avertissement de l’INSEE est sans ambiguïté : « Les indices qui y figurent sont calculés sur un champ restreint d’observations de prix et à partir d’estimations des évolutions de certains tarifs non encore disponibles. Les résultats définitifs seront publiés le 15 septembre 2026. En conséquence, les indices provisoires ne doivent pas être utilisés pour des revalorisations contractuelles. »
Pour un bailleur qui prépare une révision, la règle pratique tient en une ligne : un indice provisoire ne sert pas de base à une revalorisation, et l’inflation du mois n’est pas l’indice de référence des loyers. Les dépenses d’énergie, elles, ne dépendent d’aucun indice trimestriel : le tarif d’acheminement de l’électricité a par exemple été relevé au 1er août 2026.
- INSEE, Informations rapides n° 215 du 28 août 2026, indice des prix à la consommation d’août 2026 (résultats provisoires)
- INSEE, Informations rapides n° 167 du 10 juillet 2026, indice de référence des loyers du 2e trimestre 2026
- INSEE, série chronologique 001515333, indice de référence des loyers
- INSEE, définition de l’indice de référence des loyers
Cet article présente une information générale à jour au 1er septembre 2026 et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les valeurs d’inflation citées pour août 2026 sont provisoires et ne peuvent pas servir de base à une revalorisation contractuelle. Pour réviser un loyer, référez-vous à la valeur de l’indice de référence des loyers du trimestre inscrit dans votre bail, publiée par l’INSEE, ou rapprochez-vous d’une agence départementale d’information sur le logement.






