Permis de louer : passer par une agence pourrait bientôt vous en exempter

Auteur : Laurent Carbonnet

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C’est une petite phrase qui pourrait changer la vie de nombreux bailleurs. Le ministre du Logement Vincent Jeanbrun veut permettre aux communes d’exempter du « permis de louer » les logements confiés à une agence immobilière. Autrement dit : pour louer le même appartement, passer par un professionnel deviendrait plus rapide que de le faire soi-même. Voici ce que prévoit la réforme et ce qu’elle changerait concrètement.

En bref

  • Le permis de louer oblige, dans certaines communes, à obtenir une autorisation avant de mettre un logement en location.
  • Le projet de loi « Relance logement » prévoit d’en exempter les biens gérés par une agence ou un administrateur de biens.
  • La mesure ne serait pas automatique : chaque commune resterait libre de l’appliquer ou non.
  • Louer sans autorisation expose déjà à une amende pouvant atteindre 5 000 €, voire 15 000 € en cas de récidive ou de refus.
  • Attention : il s’agit pour l’instant d’un projet de loi, non d’un texte voté.

Le permis de louer, c’est quoi ?

Créé par la loi ALUR de 2014, le permis de louer permet à une commune ou une intercommunalité de contrôler la mise en location dans des secteurs ciblés, souvent marqués par l’habitat dégradé et la lutte contre les marchands de sommeil. Concrètement, le propriétaire doit, avant de signer le bail, déposer un dossier auprès de la collectivité, qui vérifie que le logement est décent. Selon les communes, le dispositif prend la forme d’une simple déclaration ou d’une autorisation préalable, qui peut être refusée.

Le revers, pour le bailleur en gestion directe : des délais et des contraintes. Il faut réaliser les diagnostics avant même de commercialiser le bien, constituer le dossier et attendre la réponse de la mairie, souvent autour d’un mois. De quoi retarder une mise en location et laisser un logement vide plusieurs semaines.

Ce que prévoit la réforme

Dans le cadre du projet de loi « Relance logement », le gouvernement propose d’autoriser les communes à exempter du permis de louer les logements confiés à un professionnel de l’immobilier encadré par la loi Hoguet (agence, administrateur de biens). L’idée : ces intermédiaires sont déjà tenus à des obligations de conformité et de décence, ce qui rendrait le double contrôle redondant.

Pour le propriétaire, l’avantage serait concret : un bien géré par une agence pourrait être loué immédiatement dans les communes qui appliquent l’exemption, là où le bailleur en direct devrait toujours déposer son dossier et patienter. C’est tout le sens de la formule qui circule : passer par une agence deviendrait un vrai atout.

Deux limites à garder en tête

  • Rien d’automatique. Chaque maire ou intercommunalité resterait libre d’appliquer ou non l’exemption sur son territoire. Un même statut de bailleur n’ouvrira donc pas les mêmes droits partout.
  • Ce n’est pas encore voté. La mesure figure dans un projet de loi en cours d’examen. Son entrée en vigueur dépendra de l’adoption du texte puis d’un décret d’application. À ce stade, tout est au conditionnel.

Quelles sanctions aujourd’hui ?

Tant que la réforme n’est pas adoptée, les règles actuelles s’appliquent. Mettre un logement en location sans déposer la demande d’autorisation peut coûter jusqu’à 5 000 € d’amende, et jusqu’à 15 000 € en cas de nouveau manquement dans les trois ans ou de location malgré un refus. Mieux vaut donc vérifier si votre commune a instauré le permis de louer avant de signer un bail.

À lire aussi : notre guide pour investir dans l’immobilier et nos conseils aux propriétaires bailleurs.

Sources

Article informatif, à jour des informations connues au 28 juin 2026. La réforme évoquée est un projet de loi susceptible d’évoluer.

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