Loyers : +2,6 % sur un an selon SeLoger, mais ce chiffre ne s’applique pas aux baux en cours

Author: Laurent Carbonnet — · Updated:

Short summary: SeLoger et MeilleursAgents ont tenu leur conférence de presse de rentrée le mercredi 2 septembre 2026. Parmi les chiffres présentés, un seul concerne directement les locataires et les bailleurs : les loyers progressent de +2,6 % sur un an en France, contre +1 % un an plus tôt selon le même baromètre. Deux publications de l’INSEE donnent des chiffres ... Lire plus

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Loyers : +2,6 % sur un an selon SeLoger, mais ce chiffre ne s’applique pas aux baux en cours
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SeLoger et MeilleursAgents ont tenu leur conférence de presse de rentrée le mercredi 2 septembre 2026. Parmi les chiffres présentés, un seul concerne directement les locataires et les bailleurs : les loyers progressent de +2,6 % sur un an en France, contre +1 % un an plus tôt selon le même baromètre.

Deux publications de l'INSEE donnent des chiffres différents : +1,9 % sur douze mois pour le poste « loyers, eau et enlèvement des ordures ménagères » de l'indice des prix, publié le 14 août, et +1,15 % sur un an pour l'indice de référence des loyers de droit commun, publié le 10 juillet. Ces trois nombres ne se contredisent pas : ils ne mesurent pas la même chose, et un seul d'entre eux s'impose juridiquement dans un bail en cours.

En bref

  • SeLoger et MeilleursAgents annoncent des loyers en hausse de +2,6 % sur un an en France, contre +1 % un an plus tôt.
  • L'INSEE mesure +1,9 % sur douze mois en juillet 2026 pour le poste « loyers, eau et enlèvement des ordures ménagères ».
  • L'indice de référence des loyers de droit commun s'établit à 148,37 au deuxième trimestre 2026, soit +1,15 % sur un an.
  • Seul cet indice a une portée juridique : il plafonne la hausse lors de la révision annuelle prévue au bail.
  • À Paris, l'offre locative reste « environ 30 % inférieure à son niveau d'avant-Covid » selon MeilleursAgents.

Ce que SeLoger et MeilleursAgents ont annoncé le 2 septembre

Ce que SeLoger et MeilleursAgents ont annoncé le 2 septembre

MeilleursAgents écrit : « Après une accalmie en 2025, les loyers repartent d'ailleurs à la hausse : +2,6 % sur un an en France, contre +1 % un an plus tôt. » La page ne précise ni la nature des loyers mesurés, ni le mois de référence, ni la base de données utilisée : c'est un indicateur d'entreprise, publié sans note de méthode.

Le baromètre relie cette tension au report des projets d'achat : « Cette situation a aussi des conséquences sur la location. Les ménages qui reportent leur achat restent plus longtemps locataires et accentuent la pression sur un parc déjà insuffisant. » La même publication indique : « À Paris, l'offre locative reste encore environ 30 % inférieure à son niveau d'avant-Covid », sans donner d'année de référence chiffrée. Ils concernent au premier chef ceux qui se lancent dans un investissement locatif.

L'INSEE mesure +1,9 %, sur un poste beaucoup plus large

L'INSEE mesure +1,9 %, sur un poste beaucoup plus large

Dans son information rapide du 14 août 2026 portant sur l'indice des prix à la consommation de juillet, l'INSEE écrit que les prix « des loyers, eau et enlèvement des ordures ménagères » ralentissent, « +1,9 % après +2,0 % » sur un an. Le tableau détaillé confirme cette valeur, avec un indice à 101,90.

L'INSEE ne publie pas ici un indice de loyers isolé : le poste réunit les loyers, l'eau et l'enlèvement des ordures ménagères, et la publication ne précise pas la nature des baux couverts.

L'indice de référence des loyers ne mesure aucun loyer

L'indice de référence des loyers ne mesure aucun loyer

Au deuxième trimestre 2026, l'INSEE indique que « l'indice de référence des loyers s'établit à 148,37 », et que « Sur un an, il augmente de 1,15 % après +0,78 % au trimestre précédent ».

L'INSEE en précise la construction : cet indice « se déduit de l'indice du même trimestre de l'année précédente en lui appliquant l'évolution entre ces deux périodes de la moyenne sur douze mois consécutifs de l'indice des prix à la consommation hors tabac et hors loyers ». Nous avions déjà signalé l'écart entre l'inflation du mois et le plafond de révision applicable.

Trois mesures des loyers et leurs périmètres
IndicateurDernière valeur publiéePériodeCe qu'il mesure
Baromètre SeLoger et MeilleursAgents+2,6 % sur un anpublié le 2 septembre 2026Périmètre non précisé par la source
INSEE, poste « loyers, eau et ordures ménagères »+1,9 % sur douze moisjuillet 2026Poste de l'indice des prix réunissant les loyers, l'eau et l'enlèvement des ordures ménagères
INSEE, indice de référence des loyers de droit commun148,37, soit +1,15 % sur un an2e trimestre 2026Plafond de la hausse lors de la révision annuelle prévue au bail

Ce qu'un bailleur peut réellement appliquer

Ce qu'un bailleur peut réellement appliquer

Un propriétaire ne peut pas répercuter ce pourcentage sur un bail en cours. L'article 17-1 de la loi du 6 juillet 1989 réserve la révision au cas où « le contrat prévoit la révision du loyer », et la plafonne : la variation « ne peut excéder, à la hausse, la variation d'un indice de référence des loyers publié par l'Institut national de la statistique et des études économiques chaque trimestre ».

En zone tendue, le changement de locataire n'ouvre pas davantage la porte au marché. Le décret du 27 juillet 2017, prorogé par le décret n° 2026-644 du 20 juillet 2026 pour les contrats conclus ou renouvelés entre le 1er août 2026 et le 31 juillet 2027, pose selon l'ANIL que « Lorsqu'un logement vacant fait l'objet d'une nouvelle location, le loyer du nouveau contrat de location ne peut excéder le dernier loyer appliqué au précédent locataire ». L'ANIL réserve deux dérogations, un loyer « manifestement sous-évalué par rapport à ceux du voisinage » et la réalisation de travaux, et écarte toute exception pour les logements classés F ou G. Elle recense aussi trois exclusions, où « la fixation du loyer est libre » : première location, logement inoccupé depuis plus de dix-huit mois, travaux d'amélioration de moins de six mois d'un montant au moins égal à la dernière année de loyer. Nous avions détaillé le poids du loyer chez les locataires franciliens.

Neuf territoires appliquent en outre l'encadrement du niveau des loyers, qui plafonne le loyer au mètre carré. L'ANIL les liste : Paris, Lille avec Hellemmes et Lomme, Plaine Commune, Lyon et Villeurbanne, Est Ensemble, Montpellier, Bordeaux, le Pays basque et Grenoble-Alpes Métropole. La page du ministère de la Transition écologique sur l'encadrement des loyers, pourtant mise à jour le 28 octobre 2025, n'en cite que sept et omet les deux derniers. Sur ce point, l'ANIL est la plus à jour des deux sources. Nous avions mesuré le taux réel de dépassement de ces plafonds au mètre carré.

Cet article présente des données de marché et des indices publics à titre d'information. Les chiffres d'acteurs privés n'ont pas de portée juridique. Avant de réviser un loyer ou de fixer celui d'une relocation, vérifiez le zonage de votre commune et faites confirmer votre situation par l'ADIL de votre département ou par un professionnel du droit.

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