Confort d’été : 9 logements sur 10 mal notés par le DPE, alerte une étude

Author: Gilles Garidot — · Updated:

Short summary: 9 logements sur 10 affichent un indicateur de confort d’été « moyen » ou « insuffisant » dans leur diagnostic de performance énergétique. C’est le principal enseignement d’une étude publiée le 19 juin 2026 par le bureau d’études Pouget Consultants pour IGNES, l’organisation des industriels des solutions électriques et numériques du bâtiment, à partir de la base de diagnostics ... Lire plus

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Confort d’été : 9 logements sur 10 mal notés par le DPE, alerte une étude
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9 logements sur 10 affichent un indicateur de confort d'été « moyen » ou « insuffisant » dans leur diagnostic de performance énergétique. C'est le principal enseignement d'une étude publiée le 19 juin 2026 par le bureau d'études Pouget Consultants pour IGNES, l'organisation des industriels des solutions électriques et numériques du bâtiment, à partir de la base de diagnostics de l'ADEME.

Cette seconde édition met des chiffres sur un angle mort du parc français : conçus pour se chauffer l'hiver, la plupart des logements résistent mal à la chaleur. Et le premier responsable n'est pas l'isolation, mais l'absence de protections solaires extérieures.

En bref

  • 9 logements sur 10 présentent un indicateur de confort d'été « moyen » ou « insuffisant » au DPE (étude Pouget Consultants pour IGNES, 19 juin 2026).
  • Près de la moitié des logements diagnostiqués sont jugés inadaptés à la chaleur, principalement faute de protections solaires.
  • 43 % des logements manquent de protections solaires extérieures suffisantes et 14 % n'ont aucune isolation de toiture.
  • 47 % des appartements sont mono-orientés, ce qui limite la ventilation naturelle traversante.
  • L'étude s'appuie sur la base des DPE de l'ADEME (14 millions de diagnostics) ; l'indicateur existe depuis la réforme du 1er juillet 2021.

Un parc pensé pour l'hiver, pas pour la canicule

Un parc pensé pour l'hiver, pas pour la canicule

L'étude a passé au crible la base nationale des DPE gérée par l'ADEME. Le constat est net : 9 logements sur 10 obtiennent un indicateur de confort d'été « moyen » ou « insuffisant », et près de la moitié du parc est jugée franchement inadaptée aux fortes chaleurs. Les grandes villes du Nord-Ouest sont les plus exposées, avec les taux de logements « insuffisants » les plus élevés à Lille (70 %) et à Paris (68 %).

Contre-intuition confirmée par l'étude : le nombre de logements notés « bon » ne progresse pas avec les constructions récentes, il aurait même tendance à diminuer, en lien avec une perte d'inertie et de caractère traversant des logements neufs. Autrement dit, un bien récent et bien classé sur l'étiquette énergie peut se transformer en fournaise dès les premières fortes chaleurs.

Le vrai coupable : l'absence de protections solaires

Le vrai coupable : l'absence de protections solaires

Si les logements chauffent, c'est d'abord parce que le soleil entre sans obstacle. L'étude chiffre trois faiblesses structurelles du parc, qui pèsent bien plus que la seule qualité de l'isolation. Le confort d'été se joue sur la capacité à bloquer le rayonnement avant qu'il ne traverse les vitrages, à évacuer la chaleur la nuit et à stocker la fraîcheur dans les murs.

Faiblesse relevée par l'étudePart du parc concerné
Protections solaires extérieures insuffisantes43 % des logements
Absence d'isolation de la toiture14 % des logements
Appartements mono-orientés (ventilation limitée)47 % des appartements
Indicateur confort d'été « moyen » ou « insuffisant »9 logements sur 10

Ce diagnostic complète la lecture classique de l'étiquette du DPE, qui reste centrée sur la consommation d'énergie et les émissions. Pour bien distinguer performance hivernale et confort estival, il est utile de revenir sur ce que mesure et ne mesure pas le diagnostic de performance énergétique.

Un indicateur présent dans le DPE, mais que personne ne regarde

Un indicateur présent dans le DPE, mais que personne ne regarde

Peu de propriétaires le savent : le confort d'été figure dans le DPE depuis la réforme du 1er juillet 2021. Il est présenté sur une échelle à trois niveaux (insuffisant, moyen, bon) et repose sur les caractéristiques du bâti qui déterminent la fraîcheur passive : les protections solaires extérieures des baies orientées au sud, à l'est et à l'ouest, l'isolation de la toiture, l'inertie des parois, le caractère traversant du logement et la présence de brasseurs d'air.

Problème : cet indicateur n'entre pas dans le calcul de l'étiquette A à G et les annonces immobilières n'ont aucune obligation de l'afficher. Il passe donc largement inaperçu au moment d'acheter ou de louer. L'étude Pouget souligne d'ailleurs que l'indicateur lui-même « reste perfectible » dans son calcul et ses paramètres. Il n'en donne pas moins un signal précieux, notamment avant d'acquérir un bien mal classé, comme une passoire thermique à rénover.

Ce que vous pouvez faire pour garder un logement vivable l'été

Ce que vous pouvez faire pour garder un logement vivable l'été

La bonne nouvelle, c'est que les leviers identifiés par l'étude sont concrets et hiérarchisés. La priorité va aux protections solaires extérieures, volets, stores ou brise-soleil, qui arrêtent la chaleur avant qu'elle n'entre, bien plus efficacement qu'un simple rideau intérieur. Vient ensuite l'isolation de la toiture, premier point d'entrée du soleil dans une maison, puis tout ce qui favorise la ventilation naturelle traversante et le rafraîchissement nocturne.

  • Installer des protections solaires extérieures sur les fenêtres exposées au sud, à l'est et à l'ouest.
  • Renforcer l'isolation de la toiture et des combles, en particulier pour les logements de dernier étage.
  • Favoriser la ventilation traversante et aérer la nuit pour évacuer la chaleur accumulée.
  • Réserver la climatisation aux situations où le bâti a déjà été traité, plutôt que d'en faire la première réponse.

La climatisation reste une option, notamment via les pompes à chaleur réversibles dont la pose bénéficie désormais d'une TVA réduite à 5,5 %. Mais elle ne compense pas un logement mal protégé : sans protections solaires ni ventilation, la facture d'électricité grimpe sans régler le fond du problème.

Cet article a une vocation informative et ne remplace pas un diagnostic réalisé par un professionnel certifié. Les données citées proviennent de l'étude Pouget Consultants pour IGNES et des textes officiels en vigueur.

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Themes: Actualité, Propriétaire, Travaux

Keywords: Canicule, Confort thermique, DPE

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