Crédit immobilier : le taux moyen déjà à 3,29 % à la mi-juillet selon Michel Mouillart
Author: Laurent Carbonnet — · Updated:
Short summary: L’Observatoire Crédit Logement/CSA a présenté jeudi 16 juillet ses données de juin et du 2e trimestre : le taux moyen des crédits immobiliers s’est établi à 3,26 % en juin. Mais un chiffre plus frais circule déjà. Dans son analyse publiée le même jour, Michel Mouillart, directeur scientifique de l’Observatoire, relève un taux moyen de 3,29 ... Lire plus
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- L’Observatoire Crédit Logement/CSA a présenté jeudi 16 juillet ses données de juin et du 2e trimestre : le taux moyen des crédits immobiliers s’est établi à 3,26 % en juin.
- Mais un chiffre plus frais circule déjà.
- Dans son analyse publiée le même jour, Michel Mouillart, directeur scientifique de l’Observatoire, relève un taux moyen de 3,29 % à la mi-juillet.
- Trois points de base de plus, déjà pris.
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L'Observatoire Crédit Logement/CSA a présenté jeudi 16 juillet ses données de juin et du 2e trimestre : le taux moyen des crédits immobiliers s'est établi à 3,26 % en juin. Mais un chiffre plus frais circule déjà. Dans son analyse publiée le même jour, Michel Mouillart, directeur scientifique de l'Observatoire, relève un taux moyen de 3,29 % à la mi-juillet. Trois points de base de plus, déjà pris.
Surtout, le récit de la « stabilisation estivale » ne tient plus. Sur le 2e trimestre, le nombre de prêts accordés recule de 9,6 % par rapport au même trimestre de 2025, et la production de crédits de 14,8 % hors rachats de prêts. L'Observatoire résume la bascule sans détour : « Cet atterrissage qui jusqu'alors semblait opérer en douceur prend une allure moins sympathique. »
En bref
- Taux moyen : 3,26 % en juin, 3,24 % sur le 2e trimestre, et déjà 3,29 % à la mi-juillet selon Michel Mouillart.
- Le nombre de prêts accordés chute de 9,6 % au 2e trimestre sur un an, la production de 14,8 % hors rachats.
- La durée moyenne atteint 254 mois en juin, soit plus de 21 ans : des niveaux « rarement observés par le passé ».
- Michel Mouillart prévoit 3,55 % fin 2026 et 3,80 % fin 2027.
- La BCE pourrait relever ses taux de 25 points de base dès le 23 juillet, plus probablement le 10 septembre.
Ce que disent vraiment les chiffres de juin
Ce que disent vraiment les chiffres de juin
Le taux moyen des crédits du secteur concurrentiel s'est établi à 3,26 % en juin, après une hausse de 3 points de base en mai et 1 point supplémentaire en juin. Il était resté sagement stabilisé à 3,22 % de février à avril : la remontée est donc récente, mais elle est continue. Sur l'ensemble du 2e trimestre, la moyenne ressort à 3,24 %.
| Durée | Taux moyen juin 2026 | Meilleurs profils (1er groupe) | Profils les plus fragiles (4e groupe) |
|---|---|---|---|
| 15 ans | 3,12 % | 2,84 % | 3,40 % |
| 20 ans | 3,22 % | 2,84 % | 3,60 % |
| 25 ans | 3,30 % | 2,93 % | 3,70 % |
Source : Observatoire Crédit Logement/CSA, conférence du 16 juillet 2026. Écart de 77 points de base entre le meilleur et le moins bon profil sur 25 ans.
Dans le détail, l'accession se finance à 3,18 % dans le neuf et 3,26 % dans l'ancien. L'écart entre profils reste le vrai sujet : sur 25 ans, 77 points de base séparent le meilleur dossier du plus fragile, soit l'équivalent de plusieurs années de remboursement sur la durée du prêt. C'est là que se joue la négociation, bien plus que sur la moyenne nationale. Notre guide du crédit immobilier détaille les leviers d'un dossier.
L'allongement des durées, signal d'alerte
L'allongement des durées, signal d'alerte
La durée moyenne des prêts atteint 254 mois en juin, soit 21 ans et 2 mois, et 251 mois en moyenne sur le trimestre. Elle s'est allongée de 6 mois en un an, sur des niveaux que l'Observatoire qualifie de « rarement observés par le passé ». Les prêts de 25 ans et plus représentent 47,8 % de la production en juin, contre 46,8 % en moyenne en 2025. Une nuance mérite d'être dite : cette catégorie pesait 51,1 % en 2024. L'allongement en cours ne fait donc que corriger un reflux plus ancien.
Cet allongement n'est pas une bonne nouvelle déguisée. Il traduit un ajustement mécanique : pour absorber la hausse des taux sans faire exploser la mensualité, on étire la durée. Le coût total du crédit, lui, augmente. C'est l'un des rares leviers qui reste aux emprunteurs, avec la rénégociation de l'assurance emprunteur, où les économies sont immédiates et sans contrepartie.
Le décrochage de la production
Le décrochage de la production
C'est le point que les reprises de l'étude ont largement enterré. Sur le 2e trimestre 2026 comparé au 2e trimestre 2025, la production de crédits recule de 14,8 % hors rachats, et le nombre de prêts accordés de 9,6 %. En nombre de prêts toujours, le neuf souffre nettement plus (- 14,3 %) que l'ancien (- 3,8 %). Sur le seul 1er semestre, le recul en nombre de prêts atteint 3,8 % sur un an.
L'effet d'optique vient de la comparaison annuelle : sur douze mois glissants de juillet 2025 à juin 2026, la production reste en hausse de 6,5 % et le nombre de prêts de 11,2 %. Mais ces mêmes indicateurs affichaient + 31,1 % et + 38,0 % à fin décembre 2025. La décélération est brutale.
La mise en perspective est plus sévère encore : le nombre de prêts accordés au 1er semestre 2026 reste inférieur de 31,9 % à sa moyenne des années 2016 à 2019, et la production de 44,5 %. Le marché du crédit n'a jamais retrouvé son niveau d'avant la crise des taux.
Faut-il emprunter avant septembre ?
Faut-il emprunter avant septembre ?
Michel Mouillart avance une trajectoire chiffrée : le taux moyen devrait finir 2026 à 3,55 % (contre 3,16 % fin 2025), puis progresser d'environ 25 points de base en 2027 pour atteindre 3,80 %. La BCE, qui a déjà relevé son principal taux de refinancement de 25 points de base à 2,40 % en juin, pourrait remettre 25 points dès sa réunion du 23 juillet, plus probablement le 10 septembre.
Deux éléments à garder en tête avant d'en tirer une règle. D'abord, une prévision reste une prévision, et celle-ci engage son auteur. Ensuite, l'été est structurellement creux : selon Michel Mouillart, le marché des crédits recule d'environ 33 % en août, ce qui allonge mécaniquement les délais d'instruction. Un dossier déposé fin juillet a peu de chances d'être traité avant la rentrée. Et l'espoir d'un desserrement par l'usure est à tempérer : l'Observatoire note que, pour les banques, « les seuils d'usure en vigueur ne leur facilitent pas la tâche ». Nous avions détaillé les taux d'usure du 3e trimestre.
Les taux publiés par l'Observatoire sont des moyennes de marché : votre taux dépendra de votre apport, de vos revenus, de votre reste à vivre et de votre banque. Les prévisions citées engagent leurs auteurs et ne constituent pas un conseil en financement.
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