Frais de notaire : ce que vous payez vraiment en achetant dans l’ancien

Author: Laurent Carbonnet — · Updated:

Short summary: On les appelle « frais de notaire », mais c’est un abus de langage qui coûte cher en idées reçues. Lorsque vous achetez un logement ancien, cette ligne représente environ 7 à 8 % du prix, et la plus grande partie ne va pas dans la poche du notaire. Comprendre ce que vous payez vraiment, ... Lire plus

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Frais de notaire : ce que vous payez vraiment en achetant dans l’ancien
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On les appelle « frais de notaire », mais c’est un abus de langage qui coûte cher en idées reçues. Lorsque vous achetez un logement ancien, cette ligne représente environ 7 à 8 % du prix, et la plus grande partie ne va pas dans la poche du notaire. Comprendre ce que vous payez vraiment, c’est savoir où il est possible (ou non) d’économiser. En bref Dans l’ancien, les frais d’acquisition tournent autour de 7 à 8 % du prix de vente. L’essentiel, ce sont les droits de mutation reversés au département et à la commune (de l’ordre de 5,8 %, et en hausse dans plusieurs départements en 2025-2026). Viennent ensuite les émoluments du notaire (barème encadré et dégressif), puis les débours et taxes. Dans le neuf, la facture tombe à 2-3 %.

Ce que recouvrent vraiment les « frais de notaire » Le terme officiel est « frais d’acquisition ». Il regroupe trois grandes composantes. La première, et de loin la plus lourde, ce sont les droits de mutation à titre onéreux (DMTO), un impôt perçu au profit du département et de la commune. Dans l’ancien, ils représentent autour de 5,8 % du prix, soit l’écrasante majorité de la note. Le notaire ne fait que les collecter pour les reverser à l’État et aux collectivités.

La deuxième composante, ce sont les émoluments du notaire, sa rémunération proprement dite. Ils suivent un barème national réglementé, dégressif par tranches : plus le bien est cher, plus le pourcentage prélevé diminue. Sur un achat courant, ils ne pèsent qu’une fraction modeste du total. La troisième composante regroupe les débours (sommes avancées par le notaire pour les documents, géomètre, formalités) et diverses taxes comme la contribution de sécurité immobilière. Autrement dit, quand on parle de 8 % de frais, à peine un cinquième correspond au travail du notaire. Le reste est de la fiscalité. C’est une distinction cruciale pour comprendre pourquoi ces frais sont quasi incompressibles, et pourquoi ils s’ajoutent toujours au prix affiché, un paramètre à intégrer dès le calcul de son budget, avant même de signer le moindre compromis de vente. Pourquoi la facture grimpe dans certains départements Depuis 2025, de nombreux départements ont été autorisés à relever leur part de droits de mutation, dans la limite d’un demi-point supplémentaire. Concrètement, le taux global des DMTO, longtemps stable autour de 5,80 %, peut désormais atteindre près de 6,3 % dans les départements ayant voté la hausse. Sur un achat de 250 000 €, ce demi-point représente environ 1 250 € de plus. Cette hausse n’est pas uniforme : elle dépend de la décision de chaque conseil départemental, et certaines collectivités y ont renoncé. Une mesure d’atténuation a toutefois été prévue pour les primo-accédants, qui peuvent dans certains cas être exonérés de la part supplémentaire lorsqu’ils achètent leur résidence principale. Il est donc utile de se renseigner sur le taux applicable dans le département du bien convoité, car l’écart d’un territoire à l’autre n’est plus négligeable. Pour l’acheteur, cela change la manière de bâtir son plan de financement. Les frais d’acquisition se paient comptant le jour de la signature et ne sont généralement pas finançables par le prêt principal sans apport. Mieux vaut donc les anticiper précisément que les découvrir au dernier moment, surtout dans un marché où chaque euro d’apport compte, comme nous l’expliquons à propos de la façon d’investir dans l’immobilier en période d’inflation. Où peut-on vraiment économiser Les marges d’économie existent, mais elles sont limitées. Première piste : déduire la valeur du mobilier. Si le bien est vendu avec des meubles (cuisine équipée, électroménager), leur valeur peut être retranchée du prix servant de base aux droits de mutation, à condition d’établir une liste détaillée et justifiée. Sur un bien meublé, l’économie peut atteindre quelques centaines à un millier d’euros. Deuxième piste : la négociation des émoluments. Depuis quelques années, le notaire peut consentir une remise sur sa part pour les tranches de prix les plus élevées, au-delà d’un certain seuil. La remise reste plafonnée et ne porte que sur sa rémunération, pas sur les impôts, mais elle peut être demandée pour un achat important. Troisième piste, plus structurelle : acheter dans le neuf, où les frais tombent à 2-3 %, ou viser un bien éligible à des dispositifs particuliers. En revanche, méfiance vis-à-vis des fausses bonnes idées, comme sous-évaluer le prix sur l’acte : c’est illégal et lourdement sanctionné. La vraie maîtrise des frais passe par une bonne estimation du bien et un budget réaliste dès le départ, le même sérieux que pour estimer un bien atypique avant de se positionner. Ressources et textes de référence :

Frais d’acquisition d’un logement (frais de notaire) – Service-Public.fr Les frais de notaire dans l’immobilier – economie.gouv.fr Les frais d’acquisition – Notaires de France

Information à caractère général ne constituant pas un conseil personnalisé ; pour un projet d’achat, rapprochez-vous d’un notaire.

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