Coliving : ce nouvel Eldorado de l’investissement immobilier inquiète les municipalités

By Laurent

Le coliving, ce concept de colocation de luxe, suscite de plus en plus d’attention et soulève des questions importantes sur l’avenir du logement en France. Alors que le nombre de biens en location a chuté de 60 % en quatre ans, cette tendance émergente pourrait-elle être une solution ou un nouvel obstacle ?

Une crise immobilière sans précédent

Le logement, premier poste de dépenses des Français, traverse une crise majeure. L’accès à la propriété est bloqué, les offres de location longue durée disparaissent, la concurrence des locations saisonnières augmente, et le parc social est saturé. Face à ce constat alarmant, Gabriel Attal, Premier ministre, a annoncé vouloir créer « un choc d’offres » pour revitaliser le marché. Cependant, le coliving apparaît à certains comme une réponse potentielle, tandis que d’autres y voient une source de tension supplémentaire.

Les municipalités inquiètes

Lyon en première ligne

Sophia Popoff, adjointe au logement et au renouvellement urbain de Lyon, exprime clairement son opposition au coliving à Lyon. Dans une ville où les prix de l’immobilier sont très élevés, ce phénomène, resté discret jusqu’en 2022, est désormais omniprésent. Selon elle, « le coliving raréfie l’offre et tire les prix vers le haut ». Elle souligne le manque de cadre juridique spécifique au coliving, ce qui permet aux promoteurs de contourner les régulations locales. La Ville envisage d’imposer un permis de diviser pour mieux contrôler cette pratique, mais les outils juridiques actuels sont insuffisants.

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Bruxelles mène la charge

À Bruxelles, la réponse au coliving est radicale : chaque chambre est lourdement taxée (1 520 euros par an). La cour administrative d’appel de Bordeaux a également soutenu une approche stricte en refusant un permis de construire à un investisseur spécialisé en coliving, considérant les chambres comme autant de logements distincts nécessitant des places de parking réglementaires.

Un débat juridique et économique

Des logements hors de prix

À Paris, Ian Brossat, adjoint au logement, critique le coût prohibitif des biens en coliving. Il estime que ces logements « ne correspondent pas aux besoins des jeunes et des étudiants ». La ville de Marseille, quant à elle, reste en difficulté face à ce phénomène, en partie à cause de l’absence d’encadrement des loyers et de la prolifération des Airbnb, qui ont considérablement réduit l’offre locative. Patrick Amico, adjoint au logement de Marseille, déplore le manque de moyens pour réguler le coliving à dans la cité Phocéenne, appelant à une intervention de l’État.

Un besoin de régulation

Le coliving soulève de nombreuses questions sur son impact à long terme. Il est impératif que le législateur et le gouvernement se penchent sur cette nouvelle forme de logement pour garantir qu’elle répondra aux besoins de la population sans exacerber la crise du logement. Des mesures comme l’imposition d’un permis de diviser pourraient aider à encadrer le phénomène et à prévenir la spéculation immobilière.

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Conclusion

Le coliving, entre solution innovante et source de préoccupations, nécessite une réflexion approfondie. Si cette pratique peut offrir des avantages en termes de flexibilité et de convivialité, elle doit être encadrée pour ne pas aggraver les tensions sur le marché immobilier. La voix des municipalités et des experts doit être entendue pour trouver un équilibre entre innovation et régulation.

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